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Ah! Le Web 2.0! Cette fameuse mouvance permettant à monsieur et madame Tout-le-Monde d’échanger sur la Toile. Malgré cette « mutation » des technologies et usages entourant le WWW, deux tendances demeurent : la « porn » (bien sûr) et la méfiance. Si on doit « Trust no one » à la « zeitgeist » des années 90, l’adage à la mode ces jours-ci pourrait bien être « clique pas là-dessus, tu va pogner des boutons! »
Bref, quoi de mieux pour commencer la semaine qu’un délire sur la confiance carburant aux liens .html? Un paquet de trucs, je sais, mais c’est MON billet de blogue, so…
Méfiance politique
Le 30 mars dernier, on révélait que le député conservateur Maxime Bernier va jouer la carte écolo en faisant campagne sans avoir recours aux traditionnelles pancartes. Bonne idée, mon Max!
Après tout, un panneau électoral, qu’est-ce que c’est? Du gaspillage de matière première, de la pollution visuelle et, la plupart du temps, un canevas pour des dessins de pénis ou de moustaches d’Hitler. Le Beauceron surfera donc les nouvelles tendances (les médias sociaux) tout en demeurant old school (serrer des mains, embrasser des bébés, rince and repeat).
Sauf que, cinq jours après le lancement de l’aventure «Un Beauceron qui fait de la politique autrement!», l’ami Jodoin faisait remarquer que le compte Twitter de Bernier avait toujours l’air de ça hier…
Alors que les fantômes de bourdes allant des documents secrets oubliés chez Julie Couillard, aux Jos Louis distribués en Afghanistan en passant par des commentaires à saveur climatoseptiques hantent le Beauceron, son « laxisme 2.0 », se poursuivant près d’une semaine après le lancement d’une campagne misant sur Twitter et compagnie, les ramènent à l’avant-plan. Après tout, peut-on vraiment avoir confiance en un politicien qui, neuf jours après le coup d’envoi des présentes élections, n’a toujours pas grand-chose à dire?
Quoique le « babillage 2.0 » de certains candidats peut aussi inspirer de la méfiance. Prenons le cas de Sandrine Gressard Bélanger, par exemple…
Une petite recherche sur le Web du journaliste Vincent Marissal révélait cette perle…
Puis en poussant l’exercice un peu plus loin, on tombe sur son blogue, ses histoires de déboires financiers, amoureux et autres perles de sagesse.
Méfiance culturelle
Comme si ce n’était pas assez, les journalistes suscitent à leur tour de la méfiance en cette ère ou le scoop prends le dessus sur l’information et, surtout, ou tout ce qui s’archive…
En mars 2008, le mensuel pour hommes Maxim publiait une critique fielleuse, une des premières, de Warpaint, le nouveau disque du combo rock The Black Crowes.
Petit hic : aucun exemplaire promotionnel de l’œuvre n’avait été envoyé à cette date. Seulement un « single » était à la disposition des médias à l’époque.
L’auteur du texte, David Peisner, répliquera qu’il a bel et bien soumis une critique de la pièce. C’est son rédac’ en chef qui l’aurait transformé en compte-rendu de l’album entier par la suite. Fin tout de même heureuse pour les Corbeaux : Warpaint recevra des critiques quand même satisfaisantes de la plupart des magazines musicaux de renom.
Ok, ok, Maxim n’est pas une sommité en ce qui concerne la culture (mais côté « totons » par contre, ça torche Pitchfork m’a-te-dire, mon chum!), mais, encore une fois, la confiance s’effrite, le doute s’installe.
Tant de questions! Tant de méfiance! No wonder que la FPJQ planche sur une ébauche de titre de journaliste professionnel!
Confiance pornographique
En attendant mon intervention de mercredi, qui portera probablement sur l’intimidation, je retourne dans mon bunker et je me couvre de papier d’aluminium pour brouiller les ondes.
Trame sonore pour lire ce billet : “If the Gov’t Could Read My Mind” par The Vandals.
Bien que je suis sensible aux malheurs de la dame (j’ne suis pas un monstre… quoiqu’en disent mes collègues de travail), je me demande si les votants de Compton-Stanstead éliront vraiment une candidate qui gèrerait son budget « en faisant confiance à l’Univers ». L’article de La Tribune est plutôt charmant, certes, mais les traces laissées auparavant inspirent vigilance et suspicion…
Lors d’une chronique publiée la semaine dernière, Patrick Lagacé relevait de récents écarts politiques n’inspirant pas confiance (des employés du PQ et du PLQ se feraient passer pour « de simples citoyens » sur les réseaux sociaux afin de défendre leurs partis respectifs) tout en soulevant une théorie tordue liée à Stéphane E. Roy : des fans du comédien et auteur « défendant » son œuvre sur Twitter seraient, en fait, des prête-noms à l’artiste qui touche aussi au théâtre.
Dans cette ère de convergence et de « trois étoiles sur cinq » systématiques, est-ce que les journalistes abondant dans les arts digèrent vraiment les œuvres avant de les juger? Est-ce qu’Annie-Soleil a écouté le disque d’un bout à l’autre? Est-ce que Cassivi est dur avec Huard parce qu’il ne se laisse pas impressionner facilement ou « parce qu’ils ne s’aiment pas la face »? Lorsque Michelle Coudé-Lord encense Les 39 marches, est-elle objective (après tout, Patrice Coquereau et Diane Lavallée, deux comédiens de talent, y participent) ou mousse-t-elle le plus récent projet de Musicor, filiale de Québécor ? Et moi, et moi, et moi? Est-ce que je suis plus clément avec des groupes musicaux quand des membres proviennent du même patelin que moi?
Puis, pour boucler la boucle avec ma joke de « porn » du premier paragraphe, j’apprends de Gawker qu’il y’a maintenant un WikiLeaks lié au monde de la pornographie. On y retrouve des résultats de tests VIH d’acteurs et d’actrices du genre en plus de leurs noms, et leurs adresses. Pauvres artisans du fisting! Doublement mise à nu! Doublement baisés, même.