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Après la saga qu’a créée mon dernier billet, j’aurais eu envie d’écrire sur la santé mentale. Mais tout a pas mal déjà été dit dans cet article que j’avais écrit en 2006.
Parce que je n’ai pas envie d’accorder trop d’importance à quelqu’un à qui je souhaite tout simplement qu’il reprenne ses médicaments, et pour éviter de mettre de l’huile sur le feu (quoique j’aie maintenant l’impression que même bloguer sur la tarte aux pommes pourrait faire tilter certaines personnes), je vais faire comme mon idole de jeunesse, Pierre Foglia, lorsqu’il veut éviter de faire des vagues : je vais vous parler de sports. Après tout, le défi 5/30 s’en vient, c’est d’actualité, et entre ça et le budget fédéral, je préfère de loin parler de sports.
Ceux qui me suivent sur Twitter savent que je cours. Les seules fois où je tweete en anglais, c’est parce que mon iPhone retransmet directement mes statistiques de course : «Just completed a 7.93 km run with @runkeeper». Je n’ai jamais été une grande sportive, mais depuis trois ans, je cours. Et depuis trois mois, je cours sérieusement. Courir sérieusement, c’est dépasser ses limites. C’est penser que courir 10 km est l’équivalent de grimper l’Everest, puis courir 10 km.
Jamais je n’aurais cru que ça pourrait m’arriver à moi, une blessure sportive. Pas parce que je me sentais invincible, mais bêtement parce que je ne pensais jamais que je m’entraînerais au point de me blesser, encore moins au point de courir sur une blessure. Ce qui devait arriver à la fille qui n’avait jamais vraiment fait de sport est arrivé : une périostite tibiale, ou quelque chose du genre.
Enfin, une défaite assez grave pour m’arrêter le RunKeeper depuis six jours. C’est là que tu comprends que, quand tu cours sérieusement, c’est cliché à dire, mais ça devient une drogue. Comme j’aime bien la drogue lorsqu’elle ne me rend pas parano, je suis devenue accro.
Hier, j’ai donc troqué mes baskets pour un maillot de bain rose fluo et j’ai fait des longueurs. Je ne sais toujours pas si une longueur représente un aller, ou un aller-retour. Je calcule aller 1, retour 2, aller 3, retour 4. Entre une toune de Shania Twain et l’album complet de Radiohead Ok Computer (le DJ de la piscine n’avait décidément pas envie de remonter le moral de la grosse madame au casque de bain fleuri qui fait du 0,3 km/h), j’ai complété 100 longueurs : 2,5 km.
J’aurais pu nager comme ça pendant des heures. Je ne nage pas très bien. Mon style oscille entre la brasse et le petit chien, mais j’ai une endurance inébranlable. Je ne sais pas ce que représente en distance ou en durée la traversée du Lac Saint-Jean, mais je n’ai aucun doute que je pourrais relever ce défi. Contrairement à la course, où je m’arrête lorsque mes membres n’en peuvent plus, la nage, surtout dans une piscine, m’apparaît une poursuite sans but qui prend fin lorsque je suis tannée (ou que je n’en peux tout simplement plus de la grosse madame lente).
La nage, c’est pas la course. Après, tu sens le chlore, t’as les yeux rouges et la peau sèche. Et c’est sans parler du séchoir du vestiaire. Mais ça fait la job. Pour le moment.