Une question de transparence

Une question de transparence
10 Mars 2011

Par André Péloquin  |  Publié dans : blogue

Rebonjour, « party people »!

Dans les commentaires de mon premier billet, Maxime, un lecteur d’Urbania.ca, me faisait remarquer que le sujet était plutôt déprimant… et il a totalement raison! Cerner la stupidité comme étant une nouvelle tendance aussi populaire que lucrative était un exercice qui donne envie de s’étendre en position fœtale tout en se claquant « Everybody Hurts » en boucle. Aujourd’hui Maxime, je te promets un billet un peu moins sombre.  Bien au contraire, il sera même transparent!
 
Mais avant, un petit aparté pour le lier à l’actualité…


La candidate idéale pour représenter Québecleaks
 
Outre le coup salaud de Zdeno Chara, on retiendra aussi tout le non-événement entourant le fameux lancement de QuébecLeaks : aucun scandale dévoilé et un porte-parole inconnu. La belle affaire!
 
Tout comme l’indiquait Steve Proulx hier, l’expert en stratégies internet Luc Lefebvre aurait dû se douter que présenter une coquille vide aux internautes et aux médias minerait la crédibilité de la démarche derrière l’équipe qu’il représente. Pire encore, on apprend ensuite qu’il aurait milité pour le PQ (bonjour la neutralité), bosserait pour Couche-Tard (ça sent le 4 %) et a déjà tenu un blogue de poèmes (une trouvaille de l’ami Jodoin). On a aussi appris qu’il ne participera pas au processus de sélection des documents à mettre en ligne (ce qui pourrait lui valoir une panoplie de poursuites). Mon conseil au collectif derrière QuébecLeaks : recrutez don’ Anik Jean à la place!
 
Elle est plus connue, plus neutre (du moins, selon mes recherches vraiment, mais vraiment exhaustives et sérieuses) et, en prime, c’est une femme de convictions (elle a lâché Facebook après avoir vu The Social Network et a posé dans le Summum pour soutenir des causes qui lui tiennent à coeur).
 
Bien que l’anonymat a une bien mauvaise réputation (surtout au Québec, surtout quand t’es La Clique du Plateau), je crois que QuébecLeaks aurait quand même dû jouer cette carte… tout comme Anonymous, ce mystérieux mouvement de masse qui fait la pluie et le beau temps sur la Toile… et qui est aussi constitué d’ardents défenseurs de Julian Assange et de WikiLeaks.
 
En réaction à son accueil plutôt froid, QuébecLeaks répliquait avec l’arme ultime : une citation : « Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt. » Et moi de leur répondre : « I’m waiting to be impressed ». Puis comme c’est une citation de Dieu Tout-Puissant, Sir Sean Connery, la victoire me revient!
 
Sur ce, j’aimerais vous parler de Julie Delporte, une artiste qui, tout comme Wiki et QuébecLeaks, privilégie la transparence.
 

Une promenade sur Le dernier kilomètre

 
Par souci de transparence, je dois préciser que Julie est une amie, mais ça ne change pas grand-chose à la suite de ce billet de blogue (outre le fait que je lui ai demandé la permission avant d’étaler ce qui suit au grand jour).
 
Julie est illustratrice, organisatrice d’événements liés à la bande dessinée, critique et animatrice de radio (elle collabore à « Dans ta bulle », une émission sur la BD qui est diffusée sur CHOQ.FM). Elle complète présentement un mémoire de maîtrise en études cinématographiques qui aborde aussi le 9e art. Bref, ce n’est pas une sans dessein (oh le gag digne de Stéphane Laporte!)
 
Elle compte deux albums à son actif, dont Encore ça, qui m’a jeté sur le cul. Œuvre cathartique abordant un sombre secret de famille, ce petit carnet de 46 pages m’a tout simplement fait fondre en larmes (et le staff dUrbania vous le dira, je ne suis pas du genre à pleurer… je peux « bencher » 500 livres au gym… d’une main… pis je flatte ta mère de l’autre). Depuis quelques semaines, Delporte répète l’expérience sur son site web ou, quasi quotidiennement, elle met en ligne des planches relatant sa récente rupture. L’expérience est… chavirante.
 

D’un côté, artistiquement parlant, c’est « beau » : un bon trait, de belles couleurs, une « trame narrative » aussi intéressante qu’engageante.
 

De l’autre, c’est « troublant » car c’est très « vrai ». La BD rencontre l’émotion et le voyeurisme.
 


En attendant une conclusion qui arrangera autant l’artiste, le personnage principal et son partenaire, j’espère qu’une maison d’édition aura la bonne idée de réunir le tout dans un album cartonné (ou un document pour iPad, comme tu veux, man).
Derniers commentairesRSS
  • Bon, bon, bon...

    Pascal, j'ai vraiment l'impression que tu tiens mordicus à lire ce que tu veux vraiment lire dans ce billet et que je ne pourrai malheureusement pas laisser transpirer mes intentions derrière celui-ci (outre faire des jokes de mères avec l'actualité). Tout ça pour dire que je serai bref...

    Je ne "condamne" pas le fait qu'il aime la poésie (what the fuck?!), je trouve ça "surprenant", voire "sympathique", que le représentant d'une telle organisation (désirant pourfendre des secrets d'états, patati, patata) s'y adonne.

    Poésie ou non, le porte-parole d'un site qui se dit objectif et sans affiliation est quand même lié au PQ par la cuisse gauche. ÇA, ça le "décridiblise".

    That's it, that's all.

    P.-S. Y'a vraiment une collection de cartes postales de scotchées sur mon frigo, so...

    11 Mars 2011 | André Péloquin

  • @ Pascal Henrard: Oui.

    11 Mars 2011 | Maxime

  • Pascal Henrard

    André, ces gens ont bien le droit d'aimer la poésie, faire de la philatélie, être membres d'un club de tricot, jouer à la marelle ou être végétalien, ça ne nous regarde pas et ça n'a surtout rien à voir avec le sujet. Sur Quebecleaks, cette "trouvaille" irait dans le tiroir des leaks pas rapport et sans intérêt.

    Je suis moi-même amateur de casse-têtes, je collectionne les cartes postales avec des chats et je participe tous les cinquièmes dimanches du mois à des soirées de lectures de quatrains en six vers, est-ce que ça me décridibiliserait si je décidais demain de lancer un site de petites annonces, de mettre sur pied un atelier de débosselage de chars ou d'ouvrir un stand à patates?

    Mais sinon, les dessins sont vraiment très jolis.

    11 Mars 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • « Cheap shot »!? Tabarnouche, t'as la couenne sensible, Pascal! Ca m'a juste « surpris » d'apprendre, en faisant de la recherche, que le porte-parole d'une organisation comme QuébecLeaks a un 'tit côté fleur bleue. Si on connaissait un passé de chanteur folk à Julian Assange, ça fascinerait autant les gens. Come on!

    Pour les couilles, on verra. « I'm waiting to be impressed ». En ce moment, il a les couilles de présenter un site web vide. Je ne condamne pas l'expérience, mais je ne vais pas l'acclamer non plus tant qu'on ne verra pas de quoi il en retourne. Tout ce qu'on sait à ce jour, c'est que le porte-parole n'est pas très connu (disons que c'était plus « bandant » lorsqu'il opérait sous son pseudonyme), n'est pas impliqué dans le processus de sélection et n'est potentiellement pas si neutre que ça... comme pas mal de personnes, finalement.

    10 Mars 2011 | André Péloquin

  • Pascal Henrard

    Je ne comprends pas cette hargne contre #Quebecleaks? C'est une boîte aux lettres. Avant qu'elle ne soit pleine, il fallait bien annoncer qu'elle était ouverte, non?

    Ça a été fait maladroitement sans doute. Mais ce n'est pas une raison pour planter son porte parole qui eu les couilles de se présenter publiquement. Et quel rapport avec son blogue perso? Il a pas le droit d'aimer la poésie? Cheap shot gratuite et inutile.

    Sinon, très jolis dessins.

    10 Mars 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

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