Deux poids, deux mesures

Deux poids, deux mesures
12 Avr 2010

Par Catherine Perreault-Lessard  |  Publié dans : blogue

Salope? A-t-il dit le «Comité des Salopes»?

Hier, Roger Tabra était invité à Tout le monde en parle pour parler de son nouveau bouquin, Folitude. Sur le coup, quand j’ai appris la nouvelle, j’ai ressenti une micro-joie intérieure.
 
«Roger Tabra. Quelle bonne idée. C’est tellement rare qu’on le voit dans les médias.»
 
Malheureusement, j’ai déchanté assez vite merci.
 
Quelques minutes après son entrée sur le plateau, Guy A. Lepage s’est mis à le questionner sur son bouquin et ensuite sur l’utilisation du mot «salope» dans son livre : faisait-il référence à son ex? comment avait-elle réagi?
 
Bon point.
 
En réponse à la question, le beau Roger a répondu (en gros, si je me souviens bien) qu’il n’y avait rien là. Que c’était un mot comme les autres, que ça parlait d’elle, mais aussi des femmes et de lui, parce qu’il se traitait lui-même de «salope» dans son bouquin.
 
Jusque là, tout va bien. Personne n’intervient sur le plateau.
 
Quelques secondes plus tard, Guy A. est revenu sur les propos controversés qu’il avait tenu sur les femmes dans le journal ICI. Cette fois, Roger a entre autre répondu, qu’en effet, ceux-ci avaient fair réagir le «comité des salopes de Montréal».
 
Comité des salopes de Montréal = comité des femmes de Montréal
 
Encore une fois, le plateau est resté de glace.  On est passé à la prochaine question.
 
Dans mon salon, j’étais semie hors de moi. Comment se faisait-il que personne ne réagissait parmi le panel d’invités? Guy A.? Dany? India?
 
Jasmin Roy?!?
 
Je n’en revenais tout simplement pas. Pendant un quart d’heure, l’ex comédien de Chambre en ville venait de nous parler de son nouveau bouquin intitulé Osti de fif, de dénoncer en long et en large l’utilisation et la banalisation de mots comme «fif» et «tapette» dans les cours d’école et dans la communauté gai. Et là, Roger Tabra parlait des femmes en utilisant le mot «salope» et personne ne disait un c**** de mot? Personne n’intervenait pour dire : «Ça suffit, mon Roger» ou «C’est pas une façon de parler des femmes, ça»?
 
On ne peut pas parler du travail d’éducation qui doit être fait auprès des jeunes dans les écoles pour arrêter d’utiliser le mot «fif»  sur un plateau et ensuite, laisser un invité utiliser le mot «salope» pour parler des femmes sur ce même plateau.
 
Les mots n’ont rien d’innocent.
 
Dans les livres de Jasmin Roy, comme dans la bouche de Tabra.
 
 
Mais ça, c’est une autre histoire.
 
 
P.S : Je n’ai pas réussi à mettre la main sur l’extrait d’entrevue de Roger Tabra. Il se peut que les propos ne soient pas exactement exacts. N’hésitez pas à me corriger si c’est le cas. Mais bon, je pense que l’essence est là.
Derniers commentairesRSS
  • J'ai tombé sur cette page par hasard. J'ai vu l'émission l'an passé et je peux comprendre les réaction suscité. Moi je suis féministe et de mémoire je n'ai pas senti de la véritable misogynie de la part de Tabra. Je peux me tromper et je n'avais sans doute pas compris l'allusion de Tabra et à quel comité il visait.

    Guy A. Lepage, excellent animateur à mon avis, à tendance à laisser ses invités "se peinturer dans le coin" et je crois qu'en cela il fait bien son boulot. On peut se demander pourqoi les invités n'ont pas réagis. Moi je crois que le malaise en dit long même si ce n'est pas par des mots. Personnellement je ne crois pas à l'expression qui ne dit mot consent. Par contre une réaction aurait été intéressante. Comme la fois où la ministre Marois à l'époque avait réagis au propos anti-démocratique de Raël sur le même plateau.

    Mais chaque panel d'invité a sa propre façon de réagir.

    1 Déc 2011 | André Moreau

  • Richard Juneau

    Vive la libre expression. Il a droit à ses opinions. Le danger, c'est de "normaliser" les propos des gens pour qu'on en vienne à une société aseptisée de toute opinion, car il y aura toujours un groupe qui s'ofusquera des propos qui ne correspondent pas avec leur vision du monde ou leur intérêts personnels. Les mots sont des mots. Le danger réside dans leur interprétation, ce qui est un choix personnel.

    29 Avr 2010 | Richard Juneau | Brossard

  • Maxime Bonin-Francoeur

    Simplement pour vous rappeler que certaines femmes méritent le surnom de "salopes", et que dans leur cas ce mot est un euphémisme pour les petits enfants. Je suis intéressé par le fait que ces propos vous aient mit mal à l'aise, et je crois que cela vient en parti du fait que vous croyez que

    comité des salopes de Montréal = comités des femmes de Montréal

    . Vous vous trompez, car ce n'est pas le cas, et M. Tabra le sait sans aucun doute. À vous donc qui aimeriez croire que tout est bien rose dans le monde, simple invitation à envisager qu'il n'ait pas tort et à comprendre qu'il est très poli.

    Je vous dit tout cela car j'ai entendu l'entrevue de la rédactrice en chef à la première chaîne au sujet des "faux amis" dans les réseaux sociaux, je partage son opinion, c'est effectivement très choquant, cela dit elle m'a semblé très sympatique et je voulais contribuer à ce magazine qui semble avoir bien des raisons de l'être (choqué, etc.).

    Alors continuez votre bon travail, et soyez lucides, ne serait-ce que par respect pour ces femmes qui ne sont pas de sales chiennes pourries et dangereuses, elles mêmes respectés telle qu'elles sont .

    22 Avr 2010 | Maxime Bonin-Francoeur

  • Catherine Perreault-Lessard

    On n'est pas les seuls à avoir penser ça, parce que: http://www2.canoe.com/divertissement/celebrites/entrevues/2010/04/13/13563311-jdm.html

    13 Avr 2010 | Catherine Perreault-Lessard

  • Geneviève Deschênes

    Je suis entièrement d'accord et bravo de soulever ce paradoxe...

    On parle de respecter tout un chacun...

    Et voilà qu'on n'élève pas même un sourcil devant ce manque de respect aux femmes...

    Moment de télé incroyable en 2010 ...

    12 Avr 2010 | Geneviève Deschênes | Montréal

  • Terry Elisabeth Wynd

    Que les propos soient exacts ou non, je suis sûre que tu n'as pas inventé le mot "salope" ni le silence de ceux qui étaient là. Ça me lève le coeur.

    12 Avr 2010 | Terry Elisabeth Wynd

  • Luc Brissette

    Les propos me sont vagues également, mais j'ai ressenti le même sentiment. Cette émission de tlmep était celle avec le plus de malaises, autant dans l'assistance que dans nos salons...

    12 Avr 2010 | Luc Brissette | Estrie/Montrérégie

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