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Pas facile de trouver l’amour quand on vit avec un handicap
« NOLU, c’est pour “No one left unloved”, c’est-à-dire, « Personne ne doit rester sans amour ». Parce que s’il y a bien quelque chose auquel tout le monde devrait avoir droit, c’est la tendresse, l’affection, la connexion humaine et l’amour. »
— Catherine Dumas
«Catherine Dumas souligne que 16 % des Québécois.es vivent avec un handicap, ce qui revient à un.e canadien.ne sur 5.»
François Rochon est entrepreneur. À la retraite depuis 2010, il est devenu handicapé à la suite d’une sclérose en plaques. Rapidement, il se trouve confronté à la difficulté de rencontrer des gens sur les sites et les applications de rencontres traditionnels. Comme beaucoup de personnes dans sa situation, il renonce, malheureusement.
À l’automne 2019, François fait la rencontre de Catherine Dumas, une spécialiste du marché du dating. The rest is history…
No one left unloved
« En faisant nos recherches, on s’est vite rendu compte qu’il y avait assez peu d’offres de plateformes de rencontres adaptées pour les personnes en situation de handicap, m’explique Catherine Dumas. François et moi avons réalisé qu’il y avait une vraie place pour quelque chose de novateur, avec une vraie expérience usager. »
«Sur l’app, il est possible d’indiquer quels genres de personnes on souhaite rencontrer, en fonction de la nature de son handicap.»
Catherine Dumas souligne que 16 % des Québécois.es vivent avec un handicap, ce qui revient à un.e canadien.ne sur 5. En France, c’est 12 millions de personnes qui sont touchées par un handicap. « Beaucoup de ces personnes vivent de la discrimination sur les applications de rencontres traditionnelles. Il y a aussi des données qui révèlent que bon nombre d’entre elles vivent de la frustration, un sentiment de rejet, voire de la détresse, lié à la difficulté de rencontrer des partenaires potentiels, ajoute Catherine. En temps de pandémie, c’est difficile pour tous les célibataires de trouver l’amour. Imagine si tu vis avec un handicap! »
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Un vrai de vrai safe space
Catherine Dumas et François Rochon, bien au fait des besoins particuliers des personnes en situation de handicap, se sont donc lancés dans la création d’une application mobile inclusive, sécuritaire et surtout, visant à normaliser le handicap. « On ne voulait pas juste faire un copier-coller de ce qui existe déjà. On voulait vraiment créer quelque chose de plus élaboré et adapté, souligne l’entrepreneure. La première chose importante, c’est que les gens peuvent d’emblée afficher leur handicap s’ils le souhaitent, que ce soit un handicap de vision, de mobilité, intellectuel, etc. Je précise également qu’on a ajouté une case « autre », comme ça, si quelqu’un n’a pas de handicap, mais est ouvert à rencontrer des gens qui en ont, il ou elle est aussi le.la bienvenu.e. On accepte vraiment tous les cas de figure. » Catherine mentionne également que les gens peuvent s’identifier comme homme, femme ou autre. « L’identité de genre est très importante, quand on parle d’inclusion. »
«les gens peuvent accéder à des profils vidéo, audio et écrits, ce qui constitue également un élément d’inclusion, puisque ça ouvre la porte aux personnes sourdes, non voyantes, ect.»
La cofondatrice de NOLU m’explique que sur l’app, il est possible d’indiquer quels genres de personnes on souhaite rencontrer, en fonction de la nature de son handicap. « Par exemple, une personne avec un handicap de mobilité pourrait vouloir rencontrer un.e partenaire qui n’en a pas, affirme Catherine.
It’s a match!
Une fois que deux personnes se sont mutuellement sélectionnées, l’heure est venue d’échanger et d’apprendre à se connaître. « Une des spécificités de NOLU, c’est qu’on a développé un mobile d’entrevue virtuelle. Les utilisateur.tric.e.s peuvent même se pratiquer en voyant des questions défiler à l’écran et en y répondant, avant de créer leur vraie vidéo de présentation. Ce qui est bien, c’est qu’ultimement, les gens peuvent accéder à des profils vidéo, audio et écrits, ce qui constitue également un élément d’inclusion, puisque ça ouvre la porte aux personnes sourdes, non voyantes, ect. »
«C’est énorme pour ces personnes-là de pouvoir assumer leur condition et d’être accueillies comme elles sont.»
Catherine m’explique aussi qu’elle et son équipe ont développé une plateforme de conférences vidéo et audio à même l’application, pour que les gens puissent entrer en contact de façon sécuritaire. « Tout d’abord, ça permet aux gens de ne pas donner leurs coordonnées personnelles dès la première rencontre, mais aussi, on a pensé aux gens qui ont des handicaps de mobilité et pour qui un simple déplacement est plus engageant. » ajoute Catherine.
Sur le même pied d’égalité
Même si François et Catherine avaient conçu la plateforme de vidéoconférence avant la pandémie, celle-ci prend tout son sens quand la distanciation sociale est de mise partout au pays. « Ce qui est beau là-dedans, dans un sens, c’est que la pandémie fait prendre conscience à l’ensemble de la population ce que peut représenter l’état de confinement, ou la difficulté de se déplacer comme bon nous semble, sortir quand on veut. Ça crée un mouvement de solidarité dans la société. » affirme Catherine.
Catherine a raison: avant la pandémie, je tenais complètement pour acquis le simple fait de sortir de la maison, me déplacer, aller en date, etc. Les mesures sanitaires ont obligé plusieurs personnes à revisiter notre rapport aux déplacements, aux sorties, au monde extérieur.
Amour pour tous.TES
« NOLU, c’est une application de rencontre, oui, mais c’est aussi un grand vecteur d’espoir pour les personnes qui vivent avec un handicap, souligne Catherine Dumas. Actuellement, il existe un prototype de l’application (seulement compatible avec Android, pour l’instant) et les quelque 200 personnes qui l’ont utilisé à ce jour nous parlent d’un sentiment extrêmement libérateur. C’est énorme pour ces personnes-là de pouvoir assumer leur condition et d’être accueillies comme elles sont. Les gens se sentent également beaucoup plus à l’aise de mettre des photos d’eux.elle qui affichent clairement leur handicap, lorsqu’il est visible, que sur les applis grand public. »
Pour le 2e volet de NOLU, qui est toujours en cours de développement, Catherine et François souhaitent impliquer des sexologues, des coachs et des match makers, qui pourront donner des conseils, proposer des ressources et offrir des consultations aux usager.e.s à même l’application.
Qu’on vive avec un handicap ou non, un des plus beaux sentiments au monde, c’est d’être aimé.e comme on est, non?
Pour soutenir NOLU, qui est actuellement en campagne de sociofinancement, vous pouvez visiter leur page Indiegogo.