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Le centre d’achats du mois : le Centre Jacques-Cartier

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Quelques années après avoir planté sa croix à Gaspé, le grand explorateur Jacques Cartier est allé arpenter le chemin de Chambly à Longueuil avec un seul but en tête : y fonder un grand centre d’échanges commerciaux pour la traite des fourrures et la projection de films à 6$ les mardis. Des milliards de secondes plus tard, le Centre Jacques-Cartier est toujours là, resplendissant de fraîcheur. Aperçu.

Ici, le king, c’est le Méga-Plex Guzzo 14, et ça se voit tout de suite en rentrant dans le stationnement vu qu’il est en forme de vaisseau aérodynamique à quatre fusibles.
Un prince à ne pas négliger : le Village des valeurs. Pour les sections, l’administration y est allée de façon très simple pour être certaine de pas trop mélanger ses clients. Pour faire une histoire courte, les petits articles sont en avant, pis les autres gros sont au fond.
Comme d’habitude, les compositions architecturales proches du backstore ont de quoi impressionner.
Simple et élégant.
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Conseil déco-audace 2015 : n’hésitez pas à prendre vos répliques de Jenga comme abat-jour.
Tout le monde est content de venir passer son vendredi après-midi au Village des valeurs, même Wayne Gretzky qui, pour l’occasion, a sorti son plus beau visage niais.
Faire réchauffer son rôti de porc dans le micro-ondes < Faire cuire son rôti de porc dans le micro-ondes.
Autre classique incontestable des centres d’achats de prestige : le Rossy. Sans doute inspirée par son comparse cinématographique juste à côté, l’institution italo-montréalaise mise ici sur un gracieux décor rétro-futuriste.
L’infaillible stratégie marketing du Rossy prend place au Centre Jacques-Cartier, à travers ces fameux «WOW!» qui surplombent les étiquettes.
Pour donner l’impression que cette commode brune coussinée aux tiroirs en tissu vaut réellement 200 piasses, les boss du Rossy ont sorti la belle nappe blanche en dentelle fleurie.
Ce qui est l’fun avec cette chaise-là, c’est que le client peut choisir entre la payer 33$ ou 27$ plus cher.
Ce qui est l’fun avec cette plante-là, c’est qu’elle s’harmonise parfaitement avec des chaises en cuirette à 93 piasses.
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Vu que Pâques approche, les gens commencent à penser à leur réception, en magasinant allègrement au Dollarama. «Des bols, ça va en prendre beaucoup parce que les gens vont manger des chips pas mal tout le long. Ça va être ça leur souper», signale une femme à son mari, en regardant cet attirail de bols.
Au Ardène, c’est la grosse folie parce qu’un nouvel arrivage de linge à la mode vient de débarquer. Les boites vides vont sans doute niaiser là jusqu’à temps que le boss se tanne.
Tendance hiver-printemps 2015 : être cool.
S’il y a une affaire qui est justement «cool» au Centre Jacques-Cartier, c’est bien l’ambiance de la cour alimentaire. À part le fait qu’on pourrait organiser un tournoi de volleyball en plein milieu, l’espace est utilisé avec parcimonie.
En fait, y’a tellement de place dans les allées du Centre que même les chandails ont leur propre aire de repos.
Cette dame a complètement perdu le sens des priorités en détournant malencontreusement son regard du Méga-Plex 14. Une attitude indigne, considérant la splendeur de ses néons bleus et le charisme de son guichet ATM, dont les frais de transaction spectaculaires sont à la base même du triomphe économique de son valeureux propriétaire, le non-lamentard Vincent Guzzo.
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Beaucoup d’autres personnalités québécoises ont leur pied à terre au Centre Jacques-Cartier, à commencer par Mitsou et Serge Fiori.
Légende urbaine : ce nettoyeur était auparavant la propriété de la sœur de Lise Dion.
Les vrais savent.
Les vrais savent aussi qu’au Centre Jacques-Cartier, Indigo, c’est pas une librairie, mais bien une tabagie. En hommage au Ardène, le magasin propose une décoration style «entrepôt» où les bacs de plastique s’agencent avec brio aux boites de carton pitchées à bon escient un peu partout.
La Tabagie Indigo mise aussi sur une approche DIY qui consiste à coller les uns aux autres des bouts de feuilles blanches découpés aléatoirement.
Une logique implacable signée Jimmy.
Côté logique, ce magasin de linge ne laisse pas non plus sa place en annonçant que, pour une dernière semaine, il paie les taxes aujourd’hui.
Dans le tronçon droit du centre d’achats, certains magasins attirent l’attention par leur nom rapide et audacieux.
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En espérant que ce fabuleux logo trouvera preneur avant la fin du bail.
Malheureusement, le seul et unique magasin de liquid paper au Québec a dû fermer ses portes…
Au sortir, la politesse du centre d’achats est appréciable, tout comme son délectable slogan, qu’on se désole de découvrir aussi tardivement.
Aperçu du parking de l’autre bord, où un enfant semble jouer au roi de la montagne tout seul.
Jacques Cartier aurait été fier, sans aucun doute.