Certains lui trouvent un air de batmobile, très peu peuvent se la payer et personne ne la conduit (pour l’instant). La Pléthore sera le tout premier supercar canadien et son unique designer, Luc Chartand, est très confiant de voir son bolide de luxe – et lui-même – passer à l’histoire.
Avec la crise économique actuelle dans l’industrie automobile, est-ce qu’il faut être fou pour designer son propre modèle de voiture tout seul?
Non, seulement très passionné. J’avais travaillé sur des supercars connus et je trouvais qu’il y avait beaucoup de lignes sur ces autos qui n’étaient pas à mon goût. Le derrière de la Porsche, par exemple, est plutôt laid. Mon but, c’était justement de faire une voiture qui serait belle sous tous les angles, avec un look «wow!». C’est pour ça que j’ai dessiné mon propre supercar : la Pléthore.
Qu’est-ce qui la rend si unique?
C’est une trois-places, pilote central, avec une finition et un intérieur « high-tech » dignes d’une voiture de 395 000$. En plus, la carrosserie est entièrement en fibre de carbone, un matériau ultraléger, performant et qui ne peut pas rouiller. Et il y a aussi son look : j’ai fait le design il y a déjà 10 ans et encore aujourd’hui, elle est très actuelle.
À part votre expérience dans le milieu automobile, avez-vous une formation en design?
J’ai une formation en électronique et en dessin industriel. J’ai aussi un bon coup de crayon et je suis sculpteur. Ça me permet de concevoir l’automobile de A à Z, contrairement à un designer normal, qui fait seulement les dessins. À ce que je sache, je suis le seul designer qui a réussi cet exploit. C’est pour ça que j’essaie de faire homologuer la Pléthore comme le premier supercar entièrement créé par une seule personne.
Est-ce qu’on vous prend au sérieux dans le milieu?
Absolument. Ça fait 28 ans que je suis dans le métier et je sais où je m’en vais. Il y a un designer de chez Maserati en Italie qui m’a dit que les gens chez Ferrari me connaissent et qu’ils trouvent que ce que je fais est vraiment hot. Les propriétaires de Lamborghini ont aussi vu mes dessins. Ils sont déjà intéressés à acheter la voiture une fois la production complétée. Disons que c’est motivant.
Y a-t-il des acheteurs potentiels?
Actuellement, il y en a 150 en Europe et six au Québec.
Qui? Genre Guy Laliberté? Croyez-vous que ça pourrait l’intéresser?
C’est sûr. Une fois que le char aura fait ses preuves, il va sûrement s’y intéresser. C’est un connaisseur! Mais d’après moi, ça va aussi pogner avec les rappers.
Quand est-ce qu’on va voir la Pléthore sur nos routes?
Pas cette année, c’est certain. Pour l’instant, elle est en crash test en Europe.
Pourquoi aussi loin?
Les normes sont moins sévères qu’ici pour faire certifier une automobile. Au Canada, ça coûte près de 2 millions de dollars pour les tests de collision. Ensuite, elle va devoir être approuvée par Transport Canada avant d’être commercialisée.
Si on vous donne une page de pub dans le magazine, croyez-vous que vous pourriez nous faire un prix quand elle va sortir?
Mettons que ça va prendre pas mal de pages…