Logo

Le Québec… une société matriarcale?

Par
Sarah Labarre
Publicité

J’ai décidé, pour cette semaine, de ne pas être la 372 456e blogueuse à parler de la saga Gab Roy, notamment parce que tout a été dit et redit, et parce que j’estime ne pas avoir le recul ou l’expertise juridique nécessaire pour le faire. Je te parle donc, aujourd’hui, du supposé privilège féminin, ou « matriarcat québécois » (avec des guillemets de six kilomètres).

Le discours féministe choque. Il dérange, car il bouscule les constructions de genre qui sont en place depuis aussi loin que l’Histoire nous le rappelle. Il se heurte souvent à un mur de malhonnêteté intellectuelle et de métaphores douteuses incluant du sable et un vagin.

Le Québec est une société matriarcale, nous lance-t-on depuis quelques crachoirs néanderthaliens en guise d’argument révolutionnaire visant à clore tout à fait le débat – et fermer les gueules revendicatrices. Soit. Au-delà de la déclaration-choc et des réacs satisfaits qui se pètent les bretelles, encore faut-il appuyer un argument sur quelque chose. Le Québec est une société matriarcale? Je serais fort aise de taire mon discours féministe si seulement cela était prouvé. Puisque ces six mots sont plus souvent qu’autrement jetés au milieu de l’arène sans explication aucune, je m’y suis intéressée et ai pris sur moi de faire la grosse job de bras. Voici, donc, mes quelques pistes de réflexion selon lesquelles le Québec serait une société matriarcale (pis si y’en a un ou une qui prend ça au premier degré, je me défenestre) :

Publicité

L’Assemblée nationale, le cynisme et le matriarcat
Aux dernières élections, 34 femmes ont été élues pour occuper à peine 27% des sièges de l’Assemblée nationale. C’est un privilège matriarcal parce que les politiciens finissent tous tôt ou tard par se faire haïr. Aussi bien que ça soit des hommes qu’on haïsse. Cynisme, privilège féminin, misandrie, toutte est dans toutte. Non mais tsé.

Le salaire et le matriarcat
Les femmes gagnent en moyenne 73,7 % du salaire des hommes. Je ne vois pas en quoi c’est un privilège, mais c’est full matriarcal toé. Grâce à ce privilège, nous connaissons le bonheur d’avoir un niveau de vie généralement plus bas, plus de dettes, ainsi que des fonds de retraites plus maigres. Femmes de toutes les luttes, courez chez vos patrons et exigez des diminutions salariales de ce champ! FULL MATRIARCAT!

Publicité

La responsabilité le droit parental et le matriarcat
En 2011, plus de 76% des familles monoparentales étaient dirigées par la mère. Ça n’a rien à voir avec la volonté du père de s’occuper ou non de ses responsabilités parentales droits parentaux, nenon! Ne soyez pas dupes : les mères empêchent leurs ex de voir leurs enfants. Si, si! C’est d’ailleurs le rêve de toute jeune fille que d’avoir des enfants d’un père absent et de faire partie de la catégorie d’individus la plus pauvre de tout le Québec! Élever des enfants seule et sans aide du père, c’est le gros party. Nous autres, manger de la misère, on aime ça. Ça nous fait se sentir super favorisées.

La claque sur la yeule et l’argent de la claque sur la yeule
85% des victimes de violence conjugale sont des femmes, nous rapporte Santé et Services sociaux Québec. En plus d’avoir l’avantage de se faire taper dessus, elles ont accès à la majorité des ressources d’aide aux victimes de violence conjugale (aide psychologique, centres d’hébergement). C’est l’équivalent en claques sur la yeule d’avoir le beurre et l’argent du beurre!

Publicité

La culture du… Privilège?
L’expression « culture du viol » serait apparemment une invention de ces féministes visant à répandre le matriarcat comme on répand un rhume en omettant de se laver les mains au boulot. C’est vrai qu’avec seulement 85% des victimes d’agressions sexuelles qui sont des femmes, avec 1 femme sur 7 qui sera agressée sexuellement par son conjoint, juste 90% des agressions qui ne seront jamais déclarées à la police, et des milliers d’infractions sexuelles par année, y’a aucun problème de société. Auuuucun. On fait juste inventer ça pour le fun.

En somme…
… Ce sont de beaux « privilèges » que nous avons. Blague à part, j’attends encore qu’on me prouve que nous vivons dans une société matriarcale. Si c’est réellement le cas, je me fermerai la gueule avec plaisir et travaillerai à remettre la balance du bon bord – ni de l’un, ni de l’autre, mais au juste milieu. On a une méchante batch de sandwichs à faire et à manger avant d’en arriver là.

Publicité

Le matriarcat québécois, c’est comme le Sasquatch : y’a quelques grands parleurs qui affirment l’avoir vu, mais ça n’existe pas vraiment. C’est plus une légende qu’autre chose.

—–

Je milite pour la justice sociale, l’égalité et le féminisme – des synonymes à mes yeux. Ayant suivi une formation en arts visuels, je poursuis mes démarches en recherche sociologique et j’écris présentement un livre sur l’itinérance qui sera publié prochainement chez VLB.

J’anime le tumblr LES ANTIFÉMINISTES – http://lesantifeministes.tumblr.com/

Pour me suivre : c’est Sarah Labarre sur Facebook et @leKiwiDelamour sur Twitter.