Dimanche après-midi. Il fait beau dehors, mais je suis coincé dans mon 4 et demi pour diverses raisons. Je m’ennuie, alors mon inconscient me dirige tranquillement vers mon vortex favori, le Facebook.
Je scroll down, scroll down, à la recherche d’un article pour perdre mon temps. Entre deux déchets signés Buzzfeed, une amie m’envoie un article, très instructif et intelligent, titré The 9 Things That Girls With Boyfriends Are Missing Out On In Life et trouvé sur un mauvais ripoff de Buzzfeed qui se réclame être la voix de la génération Y.
Sans vouloir irriter mon collègue Éric, j’ai à peu près eu le goût de chier à terre à voir que quelqu’un, quelque part, a sali son clavier à écrire une chiure pareille.
Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’internet, un outil pourtant si puissant qui aurait pu devenir un tremplin vers la connaissance, se transforme en un système digestif qui digère et défèque du fast food pseudo-journalistique plus vite que son ombre?
Quel est l’élément central de cette faillite du web à nous transformer en petits Einstein qui perdent des heures à profiter de toutes ces connaissances facilement accessibles sur la toile?
L’utilisateur. La graine dans l’engrenage de l’internet intelligent, c’est nous, surfeurs du web.
Nos mauvaises habitudes de vie font en sorte que l’on se promène sur le web presque uniquement dans l’objectif semi-avoué de procrastiner. Un devoir à faire? Allons s’informer sur pourquoi Jennifer Lawrence ferait une excellente meilleure amie. Un projet à terminer? Regarder des .gifs de chats, c’est bien mieux. Un article à écrire? Je vais plutôt commenter le statut Facebook d’un ami qui a l’air de dire quelque chose contre les neknominations (j’ai liké avant de lire son statut au complet, évidemment).
À l’ère du contenu rapide et des relations éphémères, on préfère lire en diagonale et partager des merdes que de prendre le temps de lire de bons articles informatifs, qui vont nous apprendre quelque chose.
L’internet, c’est la nouvelle télévision : on espérait la démocratisation du savoir, on a eu la démocratisation du vide.
MAIS IL Y A DE L’ESPOIR (DES FOIS)
Tout n’est évidemment pas perdu. Par exemple, cette vidéo du Monde qui explique la situation géopolitique des Jeux olympiques d’hiver en 3 minutes a réussi à faire le tour de Facebook. Ce n’est peut-être pas un reportage très étoffé, mais c’est toujours mieux que ceci.
Je vais d’ailleurs essayer d’être constructif aujourd’hui et proposer d’intéressantes lectures pour les plus blasés d’entre nous.
« The Year We Broke the Internet », par Luke O’Neil, qui explique, définitivement mieux que moi, les problèmes avec l’internet d’aujourd’hui;
« Inside the Epic Online Space Battle That Cost Gamers $300,000 », par Bo Moore, qui permet de comprendre un peu le fou phénomène des jeux multijoueurs en ligne;
« Warlords of Tripoli », énième excellent reportage de Vice, malgré sa tendance vers le spectaculaire.

  • Jeanseb Roux

    Un article qui a raison par son introduction, mais qui donne aussi raison à son propos par un dévellopement moyen et une conclusion ma foi inexistante. Une réussite donc?
    Sais pas…

  • isabelle

    « La tendance au spectaculaire de Vice… » ?! la sienne ou la tienne? Je suis incapable de voir un animal se faire égorgé vivant alors il aurait été judicieux de mettre un avertissement. Mais bon, quand on a un article un peu vide qui ne propose pas d’idées nouvelles, il faut croire qu’il faut le remplir avec une dizaine de liens.
    « L’âge d’or de l’internet inutile » très bon choix de titre par contre. (entends-tu l’ironie?)

  • MissCantin

    Un autre qui salit son clavier pour rien a mon avis ;-)