Il y a de l’amour dans l’air avec Avril depuis qu’elle a laissé son travail de bureau pour devenir entremetteuse!

Et puisqu’il n’existe pas de cours Matchmaker 101 sur les bancs d’école, la trentenaire Irlandaise a trouvé un moyen inusité (et en bonne compagnie!) d’apprendre son nouveau métier.

Comment es-tu devenue entremetteuse?

J’ai organisé ma première soirée de rencontres à 20 ans, alors que j’étais responsable de la vie étudiante à l’université. Peu à peu, presque tous mes évènements se sont mis à graviter autour du « dating ». J’ai complété un diplôme en relations publiques et je suis déménagée à Dublin pour le travail, mais coordonner ces soirées me manquait terriblement! J’ai contacté des agences de rencontre et je leur ai offert d’organiser leurs évènements dans les bars… C’est là que je me suis rendu compte que je pouvais être payée pour faire ce que j’aimais. Ça me donne un gros « buzz » d’introduire deux personnes et de voir la chimie se développer!

Et tu as trouvé une façon assez originale d’apprendre ton métier…

En effet! Lorsque j’ai décidé de devenir entremetteuse, j’ai d’abord suivi des cours de « coaching », mais j’avais l’impression que ce n’était pas assez. Je voulais vraiment me mettre dans les souliers de mes clients en accéléré. À l’époque, plusieurs amies me disaient que c’était impossible de faire des rencontres parce qu’il n’y avait aucun gars de disponible. J’ai décidé de leur prouver le contraire en profitant du carême en 2011 pour m’organiser 40 « dates » en 40 jours. J’ai multiplié les approches : consulter des sites de rencontres, demander à des amis et à des entremetteurs professionnels de m’aider, participer à du « speed dating »…  Et j’ai réussi à rencontrer 40 hommes différents en autant de jours!

Quelle a été ta meilleure « date »?

C’était à une soirée de salsa. L’homme que je rencontrais ce jour-là était en retard et nous nous sommes retrouvés sur la piste de danse dès son arrivée. Il n’y avait pas de temps à perdre et pas de conversations banales, que l’art du toucher et de la danse! Je me souviens m’être dit : « Je l’aime bien lui! »

Et la pire?

C’est la seule de mes 40 « dates » que je n’ai pas organisée moi-même. Je n’avais pas de candidat pour le soir suivant lorsqu’un inconnu m’a approchée dans la rue et a utilisé presque toutes les phrases de drague imaginables pour me séduire. Le lendemain, nous nous sommes rencontrés pour aller au restaurant. Il m’a laissée manger seule, à mon avis l’une des choses les plus rudes que l’on peut faire lors d’une première rencontre! Il n’arrêtait pas de me poser des questions grossières et intrusives et me rendait volontairement inconfortable. Après un moment, j’ai réalisé que je l’avais déjà rencontré dans un séminaire pour « artistes de la drague » (pickup artist) auquel j’avais participé par curiosité. Ça l’a tellement insulté! Il m’a lancé qu’il n’avait aucun problème avec les femmes et qu’il couchait avec trois femmes par jour en moyenne! Je suis sautée dans un taxi. Il m’a courue après en me criant que j’étais la femme de sa vie.

Referais-tu 40 « dates » en 40 jours?

C’était génial, mais je n’avais pas réalisé que ce serait aussi difficile. Entre l’organisation, les rencontres et les relations avec les médias, cette aventure a été mon emploi à temps plein pendant plus d’un mois! Certains candidats me demandaient parfois de changer de date de notre rendez-vous, mais je ne pouvais pas faire ça puisqu’il me fallait une « date » par jour. Imaginez, j’avais une feuille Excel pour faire le suivi de mes rencontres! La grand-mère d’un des candidats a eu un AVC le soir de notre tête-à-tête. Lorsqu’il m’a contactée pour me dire qu’il devait aller à l’hôpital, je lui ai demandé si nous pouvions nous voir là-bas! C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je prenais tout ça vraiment trop au sérieux. Je ne recommanderais à personne de se lancer dans un projet aussi fou! Le message clé de cette expérience c’est qu’il est possible de rencontrer de nouvelles personnes quand on crée de nouvelles opportunités.

As-tu trouvé le grand amour dans cette aventure?

J’ai fréquenté un des candidats à la fin du projet, un Brésilien, mais ça n’a pas duré.

Quelle est ton approche lorsque tu aides tes clients à trouver l’amour avec un grand A?

La première étape est de m’assurer qu’ils sont sincères dans leur recherche d’un partenaire. Ensuite, je dois trouver d’autres candidats qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Pour ce faire, je fais remplir de longs questionnaires à chacun de mes clients. Qui sont-ils? Qu’est-ce qu’ils recherchent – ou pas – dans une relation? Finalement, je travaille avec eux pour qu’ils développent une attitude gagnante et créent des opportunités de rencontres. Le plan que j’utilise est basé sur mon expérience 40 « dates » en 40 jours. Mon travail c’est de les épauler à travers le processus, mais au final c’est à eux de trouver leur partenaire idéal et de créer une chimie!

Est-ce un dernier recours de faire appel à une entremetteuse?

C’est plus fréquent lorsque les gens atteignent la trentaine. La plupart du temps, les autres approches comme les bars ou les sites de rencontre n’ont pas fonctionné pour eux, alors ils veulent essayer quelque chose de différent. Puisque mes frais commencent à €395 (environ 600$), mes services s’adressent vraiment à ceux qui sont sérieux dans leur recherche du « match parfait ». Je travaille avec une soixantaine de clients à la fois sur un cycle d’un an.

Combien de couples as-tu formés?

Je suis entremetteuse depuis environ 2 ans officiellement. Je dirais que j’ai créé approximativement 25 couples depuis, mais c’est difficile d’avoir un compte officiel. C’est amusant, parce que plusieurs de ces couples commencent à se fiancer. Je récolte donc les fruits de mon travail!

Es-tu déjà tombée amoureuse d’un de tes clients ou vice-versa?

J’ai fait la connaissance de plusieurs hommes extraordinaires lors des évènements publics de rencontres que j’ai organisés. C’est un succès, même pour moi! Par contre, c’est une autre histoire lorsqu’il est question de mes services privés d’entremetteuse. C’est avant tout professionnel et il y a une ligne à ne pas franchir.

Est-ce que c’est dur d’être célibataire pour une entremetteuse?

Oui. Ça peut être très difficile par moments lorsque je ne suis pas en couple. J’ai eu une grosse rupture l’an dernier et je devais donner un séminaire devant 200 personnes sur le « power flirting » la journée de ma séparation! Lorsque je suis moi-même à la recherche de l’amour, je mets en pratique les idées que je défends. Malheureusement, j’ai un emploi qui peut faire peur à certains hommes… Mais ça ne m’arrête pas!

La Saint-Valentin approche. Quel est ton meilleur truc pour les célibataires qui voudraient passer la soirée en bonne compagnie?

La Saint-Valentin c’est une célébration de l’amour. Si vous n’êtes pas déjà en couple, je ne conseille pas le 14 février pour un premier rendez-vous. À la place, pourquoi ne pas en faire une célébration de vous-même? Profitez-en pour sortir entre amis, vous payer un massage ou une coupe de cheveux. Une fois que vous vous sentirez bien dans votre peau, créez de nouvelles opportunités de rencontre. Ayez les yeux ouverts, sortez de votre routine et de votre cercle d’amis. Parlez à quelqu’un de nouveau tous les jours et faites en sorte de passer la Saint-Valentin entre amoureux l’an prochain!

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