Morneau612

Les universités américaines sont reconnues pour leur excellence en matière de sport. Certains Québécois ont eu la chance de recevoir un coup de fil de l’une de ces institutions, s’exilant ainsi le temps de leurs études. Nous vous en présentons trois, qui ont troqué la fleur de lys pour la bannière étoilée.

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1. Dans quel programme étudies-tu ?
J’ai complété mon baccalauréat en psychologie en mai dernier et je commence ma maîtrise en psychologie générale à l’automne 2013.

2. Comment as-tu été recruté ? Qui t’a appelé ?  Comment est-ce que ça s’est passé ?
J’ai toujours souhaité aller à l’université aux États-Unis et pouvoir jouer dans la NCAA Division I, qui est le meilleur calibre sportif universitaire. J’ai donc fait les démarches moi-même au tout début et j’ai envoyé une panoplie de emails à des entraîneurs pour me faire connaître. C’est comme ça que j’ai entamé mes contacts avec les écoles américaines. Ensuite, les coaches me téléphonaient ou me répondaient par courriel.

3. Quelles raisons t’ont poussé à accepter un scholarship dans cette université?

Je suis tombée en amour avec le campus. C’est une toute petite école d’environ 6 000 étudiants et le campus est familier. Les installations sportives sont aussi très modernes et j’avais l’impression que je pouvais vraiment passer quatre années de ma vie dans cet endroit. En plus, le Connecticut n’était pas trop dépaysant. C’est seulement à sept heures de route de ma ville natale, Québec.

4. Peux-tu me raconter ta première journée d’école ?

Il faisait vraiment très chaud et tous mes bagages étaient dans la voiture. J’étais avec mon père, ma mère et mon frère. Nous étions vraiment coincés dans l’auto. Cependant, j’étais tellement heureuse et surexcitée que je ne pouvais même pas tenir en place. Je flottais sur un nuage. Après avoir emménagé dans une petite chambre que j’allais partager avec une de mes coéquipières que je venais tout juste de rencontrer, j’ai passé la soirée à faire des rencontres avec les autres filles de l’équipe.

5. Peux-tu me raconter ton premier entraînement ?
Encore une fois, il faisait extrêmement chaud. Je me rappelle que j’étais très stressée et j’avais du mal à respirer. L’entraînement a été assez dur physiquement et toutes les filles de l’équipe étaient sorties crevées de la pratique.

6. Quelle a été ta première impression de cette université à ton arrivée ?

Incroyable. Le campus était magnifique et les gens étaient très accueillants. J’avais vraiment hâte de débuter ma nouvelle vie.

7. Quelle a été ta première impression de l’État dans lequel tu étudies à ton arrivée ?
Du côté paysage et température, je n’y ai pas vraiment vu de différence avec Québec. C’était un peu différent, mais pas trop. La culture est seulement beaucoup plus diversifiée qu’à Québec.

8. As-tu vécu une initiation ? Si oui, peux-tu nous la raconter ?

Non, ma coach les avait interdites. Heureusement.

9. Que penses-tu de la vie universitaire sur le campus jusqu’à maintenant ?
J’adore la vie universitaire américaine. Je suis indépendante, mais en même temps, j’ai beaucoup de support de tout le monde autour de moi: mes professeurs, mes entraîneurs, mes coéquipières, etc.

10. Es-tu obligé d’avoir un travail en plus de tes études ? Si oui, lequel et combien d’heures par semaine ?
Non. Mon « travail » est d’être sur l’équipe de softball. L’université paie mes études pour cela.

11. As-tu remarqué des différences au niveau de l’enseignement entre le Québec et l’université où tu te trouves ? Si oui, lesquelles ?
Pas vraiment, sinon la langue. J’ai toujours aimé aller à l’école, aussi peu crédible cela puisse-t-il paraître. Alors, pour moi, faire mes études en anglais n’était qu’un défi de plus. Au début, seulement les présentations orales me stressaient un peu plus que les autres travaux.

12. Quel est le meilleur moment que tu as vécu à cette université jusqu’à présent ?
C’est impossible de choisir un moment en particulier, mais je dirais toutes les soirées de fins de semaine à passer avec les filles de mon équipe et les athlètes des autres équipes sportives. On est comme une grande famille sur mon campus et tout le monde se connaît. Ça a ses avantages et désavantages. Mais quand il fait beau et chaud au mois de septembre et que tout le monde se retrouve enfin, on passe de très beaux moments à se raconter nos étés et à « hang out », tout simplement.

13. Quel est le pire ?

Définitivement tous les entraînements matinaux à 6 heures du matin sur le terrain de soccer à courir sans arrêt et à presque être malade tellement nos entraîneurs nous poussent. C’est quelque chose que tu es fière d’accomplir en tant qu’athlète, mais sur le coup, ce n’est jamais plaisant de « mourir » sur un terrain de soccer…

14. Jusqu’à maintenant, es-tu satisfaite de tes résultats scolaires et sportifs ?
Scolaires, définitivement. J’ai décroché mon diplôme avec une excellente moyenne académique et des honneurs du président de l’université. C’est une grande fierté pour moi de pouvoir affirmer avoir complété mon baccalauréat à University of Hartford. Sportifs, je ne suis pas satisfaite de mes performances, mais beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte. Je n’ai pas eu le temps de jeu que je souhaitais. J’ai par contre adoré mon expérience sportive jusqu’à présent. Je n’aurais pas pu souhaiter évoluer dans un plus haut calibre de compétition.

15. Quelle est la chose que tu aimes le plus par rapport à ton université ?
Que ce soit une petite école. Je ne serais jamais allée vivre sur un campus de 40 000 étudiants. C’est vraiment plaisant de pouvoir croiser des gens que tu connais chaque jour en marchant à tes cours. C’est l’aspect familier que j’aime de mon école. La plus grande classe que j’ai eue à date devait avoir 30 étudiants. Tous mes professeurs se souviennent de mon nom et me connaissent personnellement. C’est sûr qu’avec le nom que j’ai et mon accent francophone, c’est plus facile, mais quand même!

16. Quelle est la chose que tu aimes le moins ?

Que ça soit une école privée et que la plupart des étudiants n’ont pas vraiment la notion de budget ou de responsabilité. Avant de partir, j’ai toujours eu un emploi à temps partiel à Québec et je dois travailler à temps plein chaque été. La grande majorité des gens que je connais à Hartford n’ont aucun souci par rapport au financement de leurs études. Leurs parents s’en occupent.

17. Qu’est-ce qu’il te manque le plus du Québec ?

Ma famille et mes amis, bien entendu. Si je pouvais les avoir avec moi là-bas, ma vie serait un peu trop parfaite. C’est le prix à payer pour vivre une expérience comme celle-ci à l’étranger. Notre système social me manque aussi. Les Québécois ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont d’avoir la gratuité scolaire et (surtout !) des services de santé gratuits. Ce sont des services que les Américains doivent payer. Je me suis rendu compte du vrai prix d’une consultation à l’hôpital quand j’ai eu des ennuis de santé l’année passée. C’est un prix que la plupart des gens au Québec ignorent. C’est aussi pour ça que je ne chiale plus si je dois attendre chez le médecin. Au moins, ça ne coûte pas 900$ à mes parents pour une consultation !

18. Quelle relation entretiens-tu avec tes coéquipiers ?

En ce moment, quelques-unes de mes coéquipières que j’ai connues à Hartford font partie de mes meilleures amies. Deux d’entre elles sont venues visiter la ville de Québec l’été passé et elles sont restées une semaine chez moi. L’une venait de la Floride et l’autre de la Virginie. Je tisse des liens qui vont durer pour la vie avec ces filles-là. On passe tellement de temps ensemble dans nos entraînements et on habite même dans les mêmes logements sur le campus. Je pourrai toujours compter sur elles, peu importe quand.

19. Comment vois-tu la suite des choses dans ta carrière ?

Je planifie de continuer mes études à Montréal ou à Ottawa probablement. Je ne pense pas rester aux États-Unis après cette année. J’espère fortement retourner y vivre dans le futur, mais pour l’instant, je me concentre sur la fin de mes études supérieures en psychologie.

20. Regrettes-tu ton choix ? Si oui, pourquoi ?

Jamais de la vie. Ce fut le meilleur choix que j’ai fait jusqu’à présent. Je recommencerais le tout demain matin.

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