Le 19 décembre dernier, nous vous annoncions la mort (rien de moins) des Justiciers urbains. « La mort de qui? »… Bon ok, l’impact a  certainement été mineur pour Montréal. Après tout, qui s’intéresse à Montréal, à ce qui s’y passe au niveau politique et au niveau de sa gouvernance…?

Ça, c’était largement sous-estimer le futur (le destin?) alors que l’Hôtel de Ville est depuis quelques mois le théâtre d’un vaudeville aussi incroyable que désolant.

C’est donc sous cette impulsion, alors que commence la valse électorale, que nous ressuscitons, pour quelques heures seulement, comme Jésus, pour prononcer quelques conseils.

D’abord et avant tout pour te dire, oui toi Montréal, te dire à toi que c’est le PIRE timing pour ne pas s’intéresser à la campagne municipale et surtout, pour ne pas aller voter le 3 novembre
prochain. Ça va être le moment d’aller te choisir un maire. C’est l’une des prérogatives, et même plus, l’un des devoirs les plus importants d’un citoyen. Ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde de choisir parce qu’il est fort possible que parmi la brochette qui nous est offerte, plusieurs se sentent orphelins et ne se retrouvent dans aucun de ces choix.

Soyons francs, les gens qui adhèrent entièrement aux idées, au programme et aux engagements d’un même candidat ou parti sont plutôt rares. La majorité du temps, un citoyen va seulement adhérer en partie aux idées d’un candidat ou d’un parti, possiblement trouver des idées intéressantes chez un autre et en conclure qu’un candidat fait son affaire… Il faut donc passer outre cette conception des choses, cesser de chialer que « de toute façon, ils valent tous de la marde » et passer l’épreuve des programmes. Oui, ce que nous disons ici, c’est que chaque citoyen est appelé à faire ses devoirs, parce que voter ne signifie pas seulement faire un X dans une case. Nous sommes convaincus que certaines personnes pourraient même être surprises entre l’image qu’elles se font d’un parti ou d’un
candidat et les engagements réels de celui-ci.

Et nous poussons même l’audace jusqu’à sortir un gros mot… deux en fait : bien commun. Voter en fonction du bien commun signifie voter au-delà de son petit carré de jardin, au-delà de l’impact sur notre simple et unique situation. Par exemple, il est à parier que si Gilles Vaillancourt se représentait à la mairie de Laval, il obtiendrait un nombre surprenant de votes. Après tout, dans le quotidien, les citoyens de Laval ont tout pour être satisfaits. Durant le règne Vaillancourt, ils ont eu droit à un nouveau pont, à pas une, pas deux, mais bien trois stations de métro, un campus universitaire, des services efficaces, des trios
maison-piscines-parking pour une fraction d’un prix de Montréal et d’innombrables centres d’achat. En apparence, « Laval vous assure une grande variété avec tous les avantages de la grande ville, sans ses désavantages! », comme le disait si bien leur campagne de promotion Vivre à Laval. Bien qu’aujourd’hui on constate la façon dont cela s’est fait, n’empêche que beaucoup de Lavallois, dans leur fond, apprécient les « avantages » que l’administration Vaillancourt leur a procurée et sont potentiellement prêts à faire fi des « désavantages ».

Voter pour le bien commun, ça peut vouloir dire de se poser franchement des questions du type « est-ce bon pour mon quartier de renoncer à quelques espaces de stationnements pour y faire une piste cyclable? » même si au final, cela fera en sorte que l’on galèrera un peu plus pour garer sa voiture. C’est bien connu, tout le monde est pour la vertu, mais bien peu sont prêts à en payer le prix. C’est ce qu’on appelle le syndrome NIMBY, tiré de l’expression « Not In My BackYard » [pas dans ma cour], un syndrome qui atteint les personnes qui se disent en faveur d’une proposition d’intérêt général, mais qui s’opposent à son application dans une manière qui exigerait un sacrifice de leur part. Donc, pour reprendre une formule célèbre, en cette période électorale et pour un bref instant, ne vous demandez pas ce que votre ville peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre ville.

Ce qui est intéressant avec le palier municipal, c’est qu’il est possible de moduler son vote. Le 3 novembre prochain, tout le monde sera appelé à voter entre 2 et 5 fois : maire de la ville, maire d’arrondissement, conseiller d’arrondissement, conseil de la ville… (la seule constante, c’est que tout le monde vote pour le maire de la ville. Du genre celui qui a démissionné il y a 10 mois. Pas les deux autres après lui. Eux, c’est les conseillers de ville et les maires d’arrondissement qui les ont élus. Sans les conseillers d’arrondissement. Enfin.) Le point est qu’il est donc possible de voter pour des candidats de divers partis.

Pour faire ses devoirs, s’informer et se faire une tête sur ceux et celles qui seront les élus de nos cœurs, il est vrai que cela demande du temps, mais les sources et moyens pullulent littéralement. Voici ce que nous vous conseillons, outre les traditionnels journaux (web ou papier) et téléjournaux :

–    Visitez les sites internet des partis et des candidats. TOUTE l’information concernant leurs vision et engagements s’y retrouve;
–    Suivez les candidats dans les médias sociaux. Ils sont pratiquement tous présents sur Twitter et Facebook. Il s’agit là d’information pure et directe, sans le filtre d’un journaliste ou éditorialiste;
–    Juste une fois dans votre vie, présentez-vous à une séance publique du conseil d’arrondissement ou encore du conseil municipal. Beaucoup de sujets y sont discutés et décidés, et vous aurez même l’occasion de poser des questions;
–    Discutez, échangez et débattez avec votre entourage. Ça permet de s’ouvrir à d’autres opinions;
–  Enfin, profitez des éditoriaux, des blogues et des gens qui s’y
connaissent plus que vous pour poser des questions et obtenir des détails.

En suivant ces conseils, vous serez à même d’exercer votre droit/devoir de vote de façon plus éclairée, d’être en mesure
d’évaluer si les candidats ont respecté leurs engagements et en ce sens, d’être encore mieux outillé par les élections suivantes. Sur ce, bonne campagne!