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Il me semble que beaucoup de temps s’est écoulé depuis ce mercredi d’il y a deux mois, où j’annonçais devoir prendre une pause de la politique pour des raisons familiales. J’y ai expliqué que j’avais sans doute fait une erreur en pensant que je pourrais mener de front deux chantiers de vie. D’une part, des jumeau-jumelle qui grandissent vite mais qui sont encore au début du parcours, cette partie cruciale du parcours qui demande plus que d’autres que le padrecito soit présent. D’autre part, un nouveau parti qui a impressionné par son succès relativement rapide, mais qui exige encore beaucoup de travail pour solidifier ses fondations. Dans l’impossibilité de mener à bien ces deux chantiers en même temps, un choix tout naturel s’imposait puisque l’un se met sur la glace pour mieux y revenir, l’autre pas. Ceux qui ont de jeunes enfants le comprendront peut-être mieux.

Je n’ai pas eu le temps de répondre personnellement à tous les messages reçus, mais je les ai tous lus. Parmi ceux-ci, quelques rares messages un peu moins sympathiques, forcément. Les plus virulents d’entre eux, presque de nature haineuse, me portaient à croire que leurs auteurs avaient certainement dû manquer… de présence paternelle dans leur jeunesse. D’où vient cette idée étrange que, dès lors qu’on s’implique en politique, notre vie ne nous appartient plus? Si je milite pour que mon peuple soit maître de sa destinée, ça ne vous étonnera pas trop que je veuille être maître de la mienne aussi, n’est-ce pas? Et pour ceux dont la colère aurait pu relever d’un sentiment d’abandon, sachez que nous nous reverrons en temps et lieu pour faire avancer la cause qui nous tient à cœur. L’avenir dure longtemps.

Comment ça, la musique?
Mise au point : Je n’ai pas pris une pause de la politique pour commencer à faire de la musique. Ça fait 35 ans que je fais de la musique et 30 ans que j’en compose. De toutes les matières que j’ai formellement étudiées dans ma vie, c’est sur la musique que j’ai mis le plus d’années (une dizaine). Je suis donc musicien avant d’être économiste, financier, ou homme politique. Est-ce que je publierai un jour un album? J’y compte bien, même si je sais que ce n’est pas tout le monde qui appréciera ma musique (les mauvais goûts aussi sont dans la nature).

Back to London, but why?
Avant la politique, j’ai mené une carrière en finance au Québec et en Angleterre. Il était naturel pour moi de songer à un retour dans ce milieu. J’ai eu des discussions ces dernières semaines avec diverses organisations. Toutefois, ces entreprises étaient basées à Shanghai, Hong Kong, Singapour, Abu Dhabi et Londres. Aucune ouverture substantielle n’est venue de Montréal ou du Québec. Est-ce là le fruit d’un marché tranquille à Montréal ou d’une identification trop forte à la souveraineté qui me nuirait dans certains milieux, je ne le sais pas. J’ose espérer que ça ne soit pas cette dernière explication. Pas en 2013, pitié.

Bref, ce sera un retour en Angleterre pour moi après y avoir vécu à deux reprises auparavant (aux études de 1991 à 1992 et pour le travail de 2003 à 2005). J’y rejoindrai mon ancienne firme, MSCI, au sein de la division couvrant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde. Combien de temps y serai-je, je l’ignore. Je sais par contre que ce n’est pas bien loin quand on y pense. Mes amis d’Amos ou de Gaspé prennent beaucoup plus de temps à rouler vers Montréal qu’il ne m’en faudra pour y voler.

La suite des choses
À tous ceux avec qui j’ai eu la chance de travailler ces dernières années, merci de vous être fait confiance à vous-mêmes, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit. Toutes nos démarches, passées comme futures, ne sont rien sans une gang qui se dit qu’elle est capable de foncer vers l’objectif. Nous sommes tellement nombreux à y croire à cet objectif qu’il me paraît évident que nous nous reverrons pour nous en approcher toujours plus. Jusqu’à ce que.

D’ici là, bonne continuation à tous et au plaisir!

  • LJR

    @ nick:

    Le Québec déborde de Québécois typiques qui méprisent les Québécois typiques.

    Le jour où on aura surmonté ça comme collectivité, un grand pas sera fait.

  • un Québécois

    Je n’ai même pas voté pour vous, pourtant je suis très déçu de votre départ…et abandonné….car pour quelqu’un qui voulait être le fondateur d’un nouveau pays on peut dire, il n’y a pas de plus mauvais exemple à donner que de quitter le bateau. Ça envoie le message que tout ça n’en vaut pas la peine puisque avec disons 20 ou 25% des votes, on est presque certain que vous seriez encore là M.Aussant, enfants ou pas, si près du but.

    Et pour le reste, on pourra dire que vous faites partie de la plus grande contradiction de l’histoire moderne, toute crédibilité est perdue à jamais malheureusement, abandonner le Québec pour de l’argent comme si le Québec était déjà mort pour vous et qu’il ne pouvait même vous offrir de quoi à vous-même…celui qui était supposé nous faire croire en son grand potentiel.
    Bonne chance pour que vos enfants puissent un jour aimer le Québec autant que vos militants qui auront choisi de rester parmi ceux qui gardent leur vraie identité.
    On se permet de vous parler ainsi, des dizaines de gens, car vous vous êtes permis de nous faire croire en un idéal collectif qui tristement, vous n’y avez jamais vraiment cru en tant que chef et leader de milliers de gens pour l’abandonner ainsi .
    Pas facile la vie pour les grands chefs mais encore faut-il respecter un peu plus ceux qui ont cru autant en nous ainsi que de respecter nos plus profondes convictions après avoir critiqué celles des autres.

  • Luc Lemoine

    Les Québécois, comme tous les autres citoyens de ce monde, ne sont pas des experts en politique. Lorsqu’ils voient se lever des individus brillants qui offrent leurs talents et leur compétence pour les amener plus haut et plus loin, les Québécois acceptent de les suivre. Que ce soit Lévesque, Parizeau, Bouchard, Landry ou Aussant.
    Sauf pour Lévesque qui est allé vraiment au bout de ses forces et de ses capacités, je me suis senti floué par ses 4 successeurs.
    – Parizeau, suite à la défaite du Référendum de 95, a abandonné les 49,4% des Québécois qui venaient de voter courageusement pour le OUI et qui avaient crû en lui ! Pourquoi n’a-t-il pas tenté de démontrer aux fédéralistes frileux qu’ils s’étaient fait « charriés » par le Fédéral, en lançant entre autres une Enquête publique sur les exactions des Chrétien et compagnie et en portant une plainte officielle jusqu’à l’ONU ? Non, il s’est retiré dans ses terres, tout en se permettant d’intervenir pour critiquer publiquement ses successeurs !
    – Bouchard, après nous avoir entré de force dans la tête son déficit « 0 », a abandonné le Québec, suite à un inconfort dans le Parti Québécois, pas assez à droite à son goût. Par la suite, réfugié dans un bureau d’avocats fédéralistes de prestige il se permettra de dire que les Québécois « sont paresseux » tout en acceptant une invitation au château de Paul Desmarais, bien seul sur son île !
    – Landry, insatisfait d’un appui de 75% des membres du Parti, lors d’un Congrès, a abandonné le PQ et tous les nationalistes du Québec, en remettant par le fait même, la gouverne de l’État pour une dizaine d’années, entre les mains de Monsieur Canada, John James Charest, un fédéraliste conservateur !
    – Puis Jean-Martin Aussant qui était promis à un bel avenir comme ministre « économiste » dans un gouvernement péquiste, nous a abandonné, pas une, pas deux, mais trois fois. D’abord en abandonnant le bateau « instable » du PQ dirigé par la résiliante Marois qui avait bien besoin alors de l’appui inconditionnel de tous ses jeunes députés, pour reconquérir le pouvoir de façon MAJORITAIRE. Deuxièmement en abandonnant la tête du Parti qu’il avait lui-même fondé quelques mois plutôt, Option Nationale, qui avait subi une amère défaite aux élections de septembre 2012 et qui venait de lui voter, malgré ses moyens très limités, un salaire annuel de près de 90 000$. Enfin en quittant « physiquement » le territoire du Québec pour aller faire sa vie ailleurs … dans la fière Albion, abandonnant ses supporteurs à leur triste sort, n’étant pas tous en position de quitter le navire comme leur capitaine, dans une barque dorée !
    Voilà comment je me sens : ABANDONNÉ !
    S’il reste un homme pour croire au Pays Québec sur l’île de Montréal, ce sera moi !
    Je n’abandonnerai ni mes frères ni la Cause !
    Luc Lemoine
    vieux nationaliste de 64 ans

  • Jeannot Côté

    J’ai en horreur ce nationalisme exarcerbé dont certains indépendistes voudraient nous voir drapés. L’Égypte semblait un pays  »évolué » avant de jouer cette fataliste sonate à la mort, une oeuvre que M. Aussant pourrait écrire, paroles et musique. Les Allemands l’étaient aussi,  »évolués » avant de vouloir coûte que coûte éliminer de la terre ce peuple juif d’où est né, au premier jour de notre ère » un  »Gandhi » prêchant l’amour du prochain et de ses ennemis. Je sais… Aimer le Canada est un sacrilège. Et si tu es Québécois, aimer le Canada est un crime de haute trahison.
    D’aucuns, ils ne sont pas encore majoritaires, jugent que ça devrait valoir la peine de mort. Ces nationalistes exacerbés me font peur. Comme à la majorité d’ailleurs.

  • Lili-Anne Girard

    TRAITRE!

  • Luc Lemoine

    Le nationalisme québécois est tellement rebutant pour Jeannot Côté qu’il en perd toute logique. IL redoute les débordements du nationalisme chez les Québécois et il nous compare même aux Allemands dont le nationalisme a abouti au nazisme qui a tenté d’éliminer les Juifs de l’Europe. Mais il oublie de mentionner que beaucoup d’autres peuples européens ont collaboré avec le régime hitlérien soit en dénonçant et en livrant les juifs vivant sur leur territoire comme le gouvernement de Pétain en France, ou le gouvernement fasciste de Musolini en Italie, pour ne nommer que ceux-là.
    Il oublie de mentionner que les démocraties occidentales ont créé de toute pièce l’État d’Israël , en tassant les Palestiniens qui sont devenus à leur tour les victimes du Sionisme des juifs ultra-orthodoxes. Que dire de ces frères musulmans intégristes qui brûlent les églises Coptes installées en Egypte depuis l’époque du Christ. Que dire des camps japonais durant la dernière guerre qui ont tué des milliers de Chinois, des milliers d’habitants de l’Asie du Sud-Est et des centaines de soldats américains et britanniques au Pont de la rivière KaÏ.
    En ce 15 août, fête nationale de l’Acadie, que dire des Britanniques qui en 1755 ont déporté près de 15 000 Acadiens, en séparant les époux et les familles et en les dispersant partout dans le monde jusqu’aux Malouines. Nos voisins Canadian appellent ça hypocritement le « Grand dérangement », mais le vrai terme est : génocide. Et les ancêtres des anglophones installés en Nouvelle-Écosse, à l’Île du Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick se sont installés sans aucun scrupule sur les terres courageusement défrichées par les Acadiens depuis 1604, lors de la fondation de Port-Royal par Champlain, soit 150 ans plus tôt. Mais Ça ce n’est pas un abus de nationalisme de la part des Canadian.
    Que dire aussi de la guerre de Sept ans : les canons de Wolfe, à partir de la pointe de Lévis, ont bombardé la population de la ville de Québec jour et nuit durant les mois de juin, juillet et août 1759. Alors que Montcalm cherchait à confronter les troupes anglaises sur les champs de bataille.
    On pourrait excuser le « nationalisme anglais » en disant : À la guerre comme à la guerre ! Cependant, Wolfe s’en prenait à la population civile de la basse et la haute-ville de Québec en sachant pertinemment que les troupes françaises de leur côté ne pouvaient pas s’en prendre aux civils anglais, puisqu’il n’y en avaient pas sur le territoire de la Nouvelle-France.
    De rappeler ces faits me fait passer sans doute pour un nationaliste Québécois borné et revanchard.
    Pourtant je ne fais que rappeler notre Histoire, la VRAIE. Mais Harper de son côté, peut flatter le nationalisme canadien en rappelant les batailles de 1812 contre les américains. Cela ça passe sans doute à tes yeux.
    Finalement tous les autres peuples peuvent être nationalistes en étant fiers de ce qu’ils sont : Américains, Canadian, Juifs, Latinos etc, mais surtout pas les Québécois. C’est tellement dégoûtant d’être fiers de nos origines et de notre culture françaises, de notre belle langue et de nos traditions. Soyons tous citoyens du Monde, même si les autres peuples ne semblent pas vouloir nous suivre sur cette voie, en laissant tomber leur « nationalisme ». Depuis la défaite du OUI en 1980 il est apparu plus de 30 nouveaux pays portés par leur Nation !
    (Tchéquie, Slovaquie, Slovénie, Croatie, Bosnie, Monténégro, Kozovo, Estonie, Lituanie, Lettonie, Timor, Sud-Soudan, etc etc )

  • le calinours bienveillant

    merci pour tout, jean-martin aussant. merci pour les discours limpides. merci pour les cours de cassage de mauvais « fédéralistes ». merci d’avoir misé sur l’intelligence des québécois. en faisant le tour des universités, tu as attisé un feu qui brulera jusqu’au prochain referendum. un feu qui brule maintenant dans la tête, aussi. c’est peut-être ce qu’il manquait.

  • Michaël Proulx

    Ça fait déja un boutte que l’article à été publié et commenter. Je tiens quand même à dire que je trouve que plusieurs personnes qui on commenter manque de respect. Je me dit que si vous avez lu cet article, c’est donc que vous vous interessés à ce que JMA à a dire et ce, que vous soyez compréhensif, mitigé, frustré ou autres raisons. Pour moi le québec un pays, c’est pas JMA c’est pas le PQ, c’est pas le méchant canada qui nous en empêche…je crois que nous somme la première barrière à notre indépendance. L’ascension Québec pays ne peux être possible que par la certitude de sa nécéssité, l’espoir, le courage, la détermination complète de la majorité du peuple. Pour l’instant je lis beaucoup plus de cynisme, de défaitisme et d’accusation. Comme si un seul homme pouvais porter le poid de la souveraineté. Chacun de nous qui accuse somme responsable. N’êtes vous pas içi réuni à commenter parce qu’au fond vous voulez que le québec soit un pays. N’est t-il pas chacun de notre ressort de porter le messages qui nous unis? J’en ai marre des bagarre de bar. On peux tu le faire ensemble notre pays?? Avec toutes les québécois. En tout cas…ça me déssoit moi aussi votre décision monsieur Aussant mais je crois qu’on peux tourner la page et voir tout ce que vous avez accomplit. ON est toujours vivant! Je suis celui qui regarde en avant. ;) faut être conséquent, la cause avant tout!