Pendant la dernière année, elle a porté des vêtements à imprimés d’animaux de la tête aux pieds. Entrevue avec une artiste qui vient de sortir de sa période fauve.

Première question : pourquoi?!
J’ai eu 40 ans l’an passé, et je voulais me pencher sur le regard qu’on porte sur les femmes après 40 ans. En en discutant avec la famille et les amis, plusieurs m’ont dit que je m’intéressais aux cougars, ces femmes d’un certain âge qui séduisent des jeunots. Ça semble faire l’unanimité qu’une femme de plus de 40 ans est soit invisible, soit hypersexuée! J’ai donc décidé d’aborder mon projet sous cet angle.

C’est un projet artistique?
Oui, c’est un projet d’art durationnel, c’est à dire que pendant un an, j’ai porté des vêtements d’imprimés animaux 24h sur 24, sept jours sur sept.

Vous aviez même des pyjamas léopard?
Oui! Pyjamas, sous-vêtements, etc. En tout, j’avais plus de 200 items à imprimés léopard, serpent ou zèbre.

Où avez-vous trouvé tous ces vêtements?
J’ai fait beaucoup de magasinage. En fait, je n’avais pas réalisé à quel point ce projet impliquerait de la consommation. Mais des amis m’ont donné beaucoup de vêtements, et l’Arterie, une friperie sur Bernard, m’en a aussi fourni. Ils achètent leur linge au poids, donc il y a parfois des trucs qui ne correspondent pas à leur style. Ils m’ont donné des vêtements très laids, notamment ce maillot de bain des années 80 complètement hideux.

Êtes-vous soulagée d’avoir retrouvé votre souveraineté vestimentaire?
Oui! En même temps, ça a été un choc. Au début du projet, j’avais l’impression de me déguiser. Maintenant, c’est en vêtements normaux que j’ai le sentiment d’être en costume. Ceux qui n’étaient pas au courant du projet pensaient que c’était mon style, et ont été étonnés de me voir arriver au travail habillée normalement.

Au travail, comment votre projet a-t-il été reçu?
Très bien. J’enseigne à Vanier et à Concordia, et au dernier jour de classe à Concordia, mes élèves sont tous arrivés vêtus d’imprimés animaux!

Et dans la rue?
C’est ce qui m’a le plus surprise : dans le métro ou dans la rue, les gens ne se gênaient pas pour me dire que mon look n’avait pas de bon sens. Certaines personnes étaient plutôt agressives. Si ça avait été mon style pour vrai, je me serais vraiment sentie minable. Il y a aussi des hommes qui m’ont demandée mon numéro de téléphone. Ça ne m’était jamais arrivé, avant de porter des imprimés animaux!

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