Ah si j’avais su il y a trois ans, là, enfermée dans la chambre que j’habitais chez ma grand-mère, les yeux rivés vers l’écran de mon laptop qui disait que j’étais acceptée à l’université.

Moi, 24 ans, j’allais repartir à zéro pour un programme d’études en Amérique du Nord.

Mais si j’avais su. En découvrant les premiers recoins de la ville, ses grands espaces urbanisés et, ses week-ends sur la côte ouest, outrageusement bordée d’un fleuve froid même au mois d’août.

Si j’avais su. En recevant mes premiers colis d’Europe, ceux qui soulignent l’encouragement au coeur d’un camembert pays d’origine, et d’une bouteille de Beaujolais nouveau, toujours trop acide.

Si j’avais su. Lorsque je pleurais en voyant pour la première fois Eels sur la scène d’Osheaga en 2011.

Si j’avais su. Quand je m’émerveillais de fouler le sol d’un décor de cinéma, nostalgique de mon enfance, en levant les yeux sur les plus hauts présents de New York.

Si j’avais su. En regardant l’agent de l’immigration agrafer mon premier visa dans mon passeport fraîchement renouvelé pour de nouvelles contrées.

Si j’avais su. En embrassant ma grand-mère, ce matin de janvier 2010, à l’entrée des portes d’embarquement, lui promettant qu’un jour elle allumerait la télé pour me regarder présenter les nouvelles. « Même si c’est la télé canadienne mamie, t’en fais pas, je te paierais le câble ! », que j’lui disais.

Si j’avais su. Que la galère serait rude, que les mensonges et les promesses seraient les balises d’un carnet de route éphémère, et que la réussite, trop prude, ne m’apparaîtrait pas.

Si j’avais su. Que l’accent français ne serait pas si apprécié, que je prendrais des expressions qui ne m’appartiennent pas, laissant se moquer des locaux tannés de nous voir violer leur identité.

Si j’avais su. Que je passerais des heures à écrire sans jamais être payée, ni même remerciée pour le service rendu.

Si j’avais su. Qu’au lieu d’afficher ma face saturée de make-up devant les lumières d’un direct, j’irais travailler au bout de ma rue, là où chacun se rend sans jamais vraiment s’y attarder, ni même regarder ailleurs que l’intérêt qu’il vient y chercher. Dans cet endroit où nous allons tous rechercher quelques bouteilles, l’haleine chargée de rires alcoolisés d’une soirée dont nous ne souhaitons connaître la fin. Cet endroit qui bien souvent ferme à 23h, et nous laisse frustrés un jour de fête. Oui voilà, cet endroit précis auquel tu penses, là, tout de suite.

Laisse-moi te dire que si j’avais su…

Du jour où j’ai posé mon cul de française dans ce vol de la Swiss Airlines, incrédule et impatiente de démarrer une nouvelle vie, à celui où j’ai franchi la porte du dépanneur pour venir y chercher un travail, le film paraît s’être projeté très vite. La fin en moins.

En accéléré, mettons que ça donne ça. Je me réveille un matin, j’ai des rêves, je les projette, je les assume, et me donne les moyens de les réaliser. Puis comme un mauvais geste, où tu perds l’équilibre dans une valse en patin sur la glace du parc Lafontaine, j’ai à peine eu le temps de comprendre quelle était la chute que j’étais déjà su’ le cul. La damnation, c’est de se voir trois ans plus tard diplômée et sûre de soi, mais d’ouvrir les yeux pour se voir finalement anonyme et nauséeuse. Vous comprendrez qu’ici, le masculin n’est pas choisi pour alléger le discours.

Le pire c’est surtout la nuit, et les instants de solitude. Deux impasses quotidiennes qui pèsent tes maux avec insistance. Là où tu as le temps de tergiverser, ressasser, accumuler l’angoisse, les peurs de l’avenir et les regrets de ce qu’il s’est passé. Ou pas.

Il y a également les questions et les conseils des autres. Ceux qui demandent où tu en es, mais n’ont rien à foutre de la réponse.

Ceux qui connaissent l’histoire, mais qui n’ont rien compris, et qui s’acharnent alors à te dire cent fois la même chose: « Moi, je serais toi, je retournerais aux études. » Ok dude, mais qu’est-ce que tu saisis pas dans ma phrase « je peux plus avoir de visa d’études et j’ai plus de cash » ?

Il y a ceux qui te plaignent, en te complimentant faussement du courage dont tu as fait preuve pour surmonter les épreuves. Et puis, il y a le pire. Ceux qui t’aiment vraiment. Parce que tu es à la fois touchée par leurs multiples attentions, et mal de leur causer du souci.

Quand tout se casse la gueule, tu passes beaucoup de temps à chercher une solution, mais les résultats étant paresseux, ta réserve d’espoir diminue et se tarit.

Tu traverses ensuite une période de rien. Comme si tu espérais qu’un miracle tombe du ciel, qu’une personne viennent cogner à ta porte un matin, non pour te faire la charité en période de Noël, mais pour te donner un travail, une solution, un câlin. Whatever. Je prends. Merci.

S’installe alors une forme de vie en alternance, où tu n’es plus du tout en accord avec celle de tes amis. Tu te fous de tout, tu fais le party un mardi soir, tu ris, tu dors trop longtemps, t’oublies de soigner ton apparence et d’entretenir ta foulée matinale comme jadis, la truffe au vent. Puis tu pleures, tu désespères, t’étouffes, tu ne dors plus. Certaines fois, tu deviens complexe voire illogique.

La solitude te pèse, mais voir du monde t’angoisse. Dans le fond, tu veux juste éviter d’être confronté à la question: « Alors, qu’est-ce que tu fais maintenant ? Ca s’arrange ton affaire de visa-travail-argent ? »

Sur ce point, mêmes tes amis proches ont du mal à comprendre. Chaque fois que tu as le malheur de te confier, tu as droit à « Viens avec nous, tu devrais sortir, ça va te changer les idées! » Après quoi, ils s’indignent d’entendre les refus sortir de ta bouche. Le problème est que bien souvent, voir « les autres » te remet face à ta situation de « Bon, on dirait bien que je suis la seule qui n’a pas de [email protected] de bureau le jeudi soir. »

Au moins, quand je suis seule, encerclée par les murs de brique de mon appartement, il m’est permis de rêver ma vie. En paix.

Arrive un beau matin l’instant de grâce. Celui où tu ne veux plus attendre, où tu ne peux plus te regarder en face, celui où il faut que ta vie change RIGHT NOW. Soudainement, la détresse succombe à l’énergie, tu te sens capable de remuer ciel et terre pour que ça change.

Seulement, tu découvres une chose, un détail, un reflet qui vient tout gâcher.

Là, ma face arborant un sourire ready, ma carcasse serrée dans un combo chemisier transparent/ slim noir/ souliers trop neufs pour l’occasion, je réalise.

Qu’est-ce que je veux vraiment ? De quoi suis-je réellement capable ? Moi, trois ans plus tard, à me battre dans des passages avides et trop étroits, quelle est ma valeur ?

Au milieu des apéros, des encouragements, des conseils, des reproches, des critiques et de l’apitoiement, j’ai pas rencontré UNE personne capable de me dire que: « Tu verras un jour tu seras tellement fatiguée de courir après quelque chose qui n’arrive pas, que tu te sentiras pire que de la marde. Fucking out l’estime de soi ma fille. »

Bordel. Si j’avais su.

-Wendy Marcel
http://www.slogan1969.com/

  • Maxime

    Je vie exactement les mêmes sentiments que toi. Il y des phrases que tu as écrite que je n’aurais pas pu mieux écrire. Le sentiment de ne rien émaner, le vide constant, surtout étant tout seul. Toujours dans sa tête à penser ce qu’on aurait du faire, qu’on a pas fait. Il y a une semaine j’ai écouter le documentaire Back from the edge, et j’ai comme eu une révélation, je me suis reconnu dans a peut prêt tout ce qui était mentionner. Je suis pratiquement convaincu maintenant que jai un trouble de personnalité limite (TPL), être Borderline quoi! Je te suggère de te renseigner un peu sur ça, et voir si tu te reconnais dans les 9 critères qui servent a diagnostiquer les états limites

  • pierre

    Je ne comprends pas le sens de ce texte. Très nombriliste et larmoyant et sans aucun recul de rien. Ben oui c’est pas facile d’être un immigré! Et surtout quand on vient de France où l’on regarde avec mépris les étrangers pour la plupart.
    Madame Marcel, demandez-vous ce qu’aurait été votre vie si vous étiez resté en France. Plus belle? Moins heureuse?
    Ca veut quoi « si j’avais su »? Ok, on fait des erreurs dans la vie, on se trompe mais quand ça ne va plus du tout, on change d’axe. trop facile d’accuser les autres sans se regarder dans le miroir. Peut-être que simplement, madame Marcel n’a pas voulu voir et comprendre le Québec, n’a pas voulu s’adapter mais imposer son regard. Chialeuse comme une française, pas étonnant que ça ne marche pas.

  • gab

    Je vais ajouter un commentaire de plus à ce que je vois comme un cri de détresse. C’est correct, on a le droit de déprimer et de s’apitoyer sur soi-même quand les choses vont mal, quand la vie fait tout pour qu’on chute de plus en plus profond. Le pire doit être dans le fait que sûrement personne ne comprend. Ou du moins c’est la perception qu’on a. Il faut laisser les larmes couler, les cris sortir, se défouler. Une fois cette étape passé, il sera plus facile d’entrevoir des solutions, des possibilités d’avenir. La vie ne finit pas parce qu’on trébuche. Elle continue et la force de se relever finit toujours par se manifester. Après tout, personne n’aime rester par terre où il est si facile pour les autres de nous marcher dessus. Immigrer est difficile. La perte de repères et de points d’ancrages ne constitue qu’une seule partie des conséquences négatives. La fragilité de la situation économique, la nostalgie… La lumière est toujours au bout du tunnel. Courage.

  • Nicolas

    @Pierre, je pense que tu es passé à coté du texte. C’est le récit d’un échec et de l’effondrement d’un rêve, pas un bien cuit au Québec. L’endroit n’importe pas ici. (PS: Le chialage est un sport national au Québec, si bien qu’Emmanuel Bilodeau a décidé d’utiliser ce thème pour son gala JPR cet été sur les obsessions des québécois, ça te fait un point commun avec tes cousins du vieux continents.)

  • Laurence

    Je ne veux pas être plate Maxime , mais la maladie dont tu penses souffrir c’est pas un Tp , c’est juste la vie. Etre borderline c’est beaucoup plus lourd que de tergiverser. Cette crise là , ce mal d’etre là , j’en souffre aussi. Moi aussi j’ai cherché des pathologies , moi aussi j’ai changé de continent pour l’enrayé. Mais c’est en soi, en tout le monde. Tout le monde vit cette période , pas toujours en même temps. On sait peut etre pas comment se dire qu’on est tous seuls ensemble, mais moi aussi ca me déplait cette facon de nombriller.

  • Maxime

    J’ai pas eu de diagnostic, mais le TPL est reconnu par le DSM-IV depuis longtemps. Donc ça existe pour vrai. « la vie » n’est pas pareille pour tout le monde tsé ^^ tu dirais tu a quelqu’un; bah ta juste le cancer… Get over it?! Probablement pas. Mais ça reste un important crie a l’aide selon moi. Peut importe que ça soit le TPL ou pas.

  • Vincent

    Je trouve également que c’est aussi beaucoup de pleurnichage ! Prends la vie du bon côté au lieu de te trouver mille et un maux. Ton depart a, j’en suis sûr, autant de points positifs (mais forcément c’est plus dur à voir ça !). C’est vrai que de venir de Cannes ne doit pas etre évident : fini les paillettes et la Côte d’Azur.

    Mais comme le dit Pierre, merci de donner une belle image des francais ! C’est à cause de gens comme toi que les francais ont une réputation de merde et de chialeurs au Québec et dans le monde ! (et je suis parisien pour info). Un grand merci !

  • Expatriée

    L’attitude y est pour beaucoup. Je suis une expatriée dans un pays en voie de développement, comme on dit chez nous. Ça fait quelques années déjà. Ce n’est pas toujours facile. Des fois, il n’y a pas d’eau, ni d’électricité. Le quartier est dangereux le soir. Il y a beaucoup de violence, d’injustices et de d’inégalités. J’ai vécu la discrimination sous différentes formes: la couleur de ma peau, mon sexe, mon statut social, mon look, etc. Meanwhile, sur Facebook, je vois mes amis vivre dans ce que maintenant je considère un luxe incroyable. Si j’avais su… et bien je n’y changerais absolument rien. C’est MON parcours. Ça fait partie de mes apprentissages et je suis fière de qui je suis aujourd’hui. J’essaie de voir le positif partout. Je souris. J’apprécie ce que j’ai au lieu de désirer ce que je n’a pas.

    P.S. Ton texte décrit bien les phases d’un choc culturel (lune de miel au début, la confrontation….)

  • Laurence

    Ne t’inquietes pas , j’ai suffisament étudié le DSM pour savoir ce qui s’y trouve. Je ne renie pas l’importance d’un cri de détresse. C’est pas ca le point. Justement je dis qu’on se fou du nom du bobo et d’ou on le vit , puisque justement ca nous arrive à tous…

  • Marie

    Je ne suis pas sûre que ce soit tant l’histoire d’une française bien chialeuse que celle d’une étudiante qui clot un chapitre de sa vie et balbutie un peu avant d’embrayer vers le suivant. Scenario qui aurait pu se produire n’importe où…du reste je ne vois pas l’auteur du billet jeter le blâme sur le Québec, mais plutôt sur ses propres rêves déchus.

    C’est naturel de rêver en couleur quand on est un étudiant qui se projette vers son avenir, et quand on quitte un pays pour un autre. Le temps de ce rêve est simplement terminé, vient celui de bâtir vraiment, en étant conscient que la route est longue (notamment vers le succès, et en particulier quand on n’a pas pris le temps de définir ce qu’on met derrière ce mot) et que ce qui compte n’est pas tant la destination que le voyage…

     

    Donc oui, si tu dédies ta vie à courir après des chimères, tu cours au casse-pipe.

    Et oui, si tu as le courage à ton jeune âge de réellement te demander ce que tu veux faire de ta vie, tu t’achètes un ticket pour la paix. Your call darling…

  • Mélie

    Québécoise immigré en France, j’en ai eu des phases difficiles où je me disais »putain « si j’avais su… »Mais après 7ans de « vas-y parle, c’est tellement beau l’accent québécois » j’me dis que j’avais des choses à apprendre et j’ai fini par me construire une vie. La mienne; pas celle que j’avais idéalisé à coup de clichés (ben non, j’aurai jamais jamais un un 8 1/2 avec coure intérieure à Paris) Ben sûr, les potes sont devenus ma nouvelle famille mais faut toujours que je deale avec le blues du pays, avec les collègues qui te prennent pas au sérieux parce que t’es pas du coin, la crise, le RSA, l’URSAFF, les flics qui font du zèle, les proprios qui veulent 3mois de caution pis un signataire au cas où, les salaires dérisoires pour bac+5… Franchement ici c’est pas mieux mais c’est pas la question. Je fais ce que j’aime, à mon échelle, j’ai des gens qui m’aiment, un p’tit franco-québécois de 7ans adorable pis quand j’prends l’apéro avec mes potes, chu ben contente d’être là parce que je peux compter sur eux. N’importe quand. T’as de quoi bouffé? Ecrit à côté ou trouves-toi une nouvelle jobine s’il le faut mais organise-toi, laisses-toi pas aller. Bottes-toi l’cul quoi. Mais reste pas de même. J’ai fais la serveuse pendant quelques années avant d’être à mon compte mais travaillais doublement pour faire ce que je voulais; artiste-peintre. Aujourd’hui je fais que ça mais ça pris du temps, de la patience pis encore, j’vends pas encore dans les grandes galeries mais je fais mon p’tit bonhomme de chemin…Les rêves, c’est pas au bout de 3ans d’études que ça se concrétisent tsé…Lâches pas l’affaire, parce que ça vaut la peine!
    ps je reviendrai quand même vivre au Québec un jour, avec un sac à souvenirs bien rempli…

  • Sam

    Vraiment, je ne vois pas l’intérêt de ce texte.
    Une désillusion? OK, bienvenue dans la vie. Tu peux maintenant te relever et cesser de pleurnicher bêtement.
    Une question me taraude: pourquoi ne retournes-tu simplement pas chez ta mamie?

    Tu sais, il y a une équation très simple dans la vie: attitude de merde = vie de merde. Tu m’excuseras, mais ton attitude n’est pas du tout celle d’une gagnante.
     » Si j’avais su. Que l’accent français ne serait pas si apprécié, que je prendrais des expressions qui ne m’appartiennent pas. » Eh bien, à quoi tu t’attendais? C’est ça l’intégration. Compte-toi chanceuse de ne pas être une Québécoise en France. Ce serait bien plus difficile. Avec ta force de caractère, tu en crèverais sûrement…

    Et compte toi chanceuse d’être jeune, en santé et éduquée. Il ne reste que ton attitude à changer pour que ça aille mieux. C’est pas mal, non?

  • alexis

    Le Quebec c’est l’Amérique des Français, le rêve en moins…. Le Quebec est certe une terre d’espoir pour de nombreux français, d’opportunités mais sera aussi toujours (ou presque) celle de la déception. On pense pas pareil, les québécois sont pleins de préjugés envers les français, ici le sens critique n’existe pas, au mieux on pleurniche sur son malheur en se disant que ça va s’arranger… Ben oui c’est différent de la France et en bon français immigrés au Québec depuis 8 ans, je sais que ça ne remplacera jamais mon pays, même si il a plein de défauts. On est pas pareil, en fait on a même presque rien en commun ormis la langue. Le Québec est une terre sans culture, une terre ou on a oublié son histoire (même si  »je me souviens »), une terre ou le peuple ancestrale a été détruit et reste méprisé, ou les  »colons » ont été écrasés par d’autres colons et leur culture réduite a quelques clichés (Hockey et poutine) douteux…. Le Québec n’a rien a offrir a des intellectuels, ici les gens instruits sont méprisés, ignorés, alors espérer y faire une carrière de journaliste, c’est quasi sans espoir, surtout pour une française dont tout le monde va avant tout chercher les fautes d’orthographe. Ici il faut être entrepreneur, faire du cash et profiter du  »systeme » capitaliste. Ça oui il y a de l’avenir, si ce n’est pas dans vos valeurs, passez votre chemin. Personnellement c’est mon choix.

  • MalloryNox

    Lire ce texte m’a vraiment touché! Ma situation, étant complètement différente, me laisse dans les mêmes sentiments. Nos histoires sont toutes uniques mais il n’en découle que les émotions communes à chacuns.. J’viens de recommencer ma vie a zéro, toujours dans le même pays mais à 5000 km, après 5 ans dans l’Ouest… J’arrive « boostée » à bloc pour affronter l’Hiver avec un grand H !

    En fait, je suis revenue m’installer dans ma province d’origine, et pourtant, je me sens dans le néant, en terrain inconnu, en attente du « dit » miracle qui transformera ma vie! Barouettée de part et d’autres de paperasses à remplir pour supposément faire avancer mon cas qui en fait, stagne dans un espèce de système où tout est long mais qu’on nous presse…

    Parfois j’en ai vraiment marre, je sais qui je suis et ce que je vaux mais j’me retrouve à ne rien faire, à penser trop, à stresser, où vais-je?, que fais-je?, qu’est-ce que je deviens? Le temps qui semble si lent passe juste trop vite et on se retrouve 5 ans plus tard au même fichu point de départ..

    J’arrive à 30 ans et je n’ai toujours aucune idée par où me lancer!! Évidemment, j’ai des rêves, des projets, des ambitions.. Par chance, que je me dis, parce que sans ça, tout espoir est perdu!

    Tiens bon dans ta quête de plénitude et continue d’écrire car ta plume est précieuse :)

  • Alex

    @Maxime : on ne s’autodiagnostique pas TPL. Si c’était comme ça, il y a bin bin du monde qui se trouverait borderline. Presque tout le monde peut se reconnaître dans 5 des 9 critères. Et ce texte n’a franchement aucun rapport avec une pathologie quelconque. Sauf peut-être la méga-déprime/dépression quand Wendy ne fait plus trop cas de son apparence et s’isole, etc.

    Maintenant, une immigration n’est jamais facile. Pensez à ceux qui n’ont pas le choix, qui quittent un pays en guerre, ou un pays où leur vie est menacée (leurs idéologies, leur orientation sexuelle, whatever). Ils l’ont pire que nous, Français qui choisissent le Québec pour s’établir.

    Les difficultés, les rêves brisés ou ralentis, franchement, c’est une question d’attitude. Je viens de France, et ce que je regrette de nombre de Français qui viennent ici, ce que je ne comprends pas en fait, c’est leur croyance que tout va être plus beau, plus facile, comme si tout leur était dû.
    « Si j’avais su… » Et bien quoi si vous aviez su? Vous auriez galéré ailleurs voilà tout, vous auriez galéré en France et peut-être plus. Ce n’est pas l’accent français que certains Québécois n’aiment pas, c’est l’attitude de certains Français. Certains, j’insiste. Certains des deux côtés. Parce que faut pas pousser la généralisation quand même.

    Sérieux, quoi, c’est pénible. Les Français qui chiâlent, restez donc en France d’abord. Si vous n’êtes pas capable de vous adapter à une autre culture. Et tiens, parlant de culture, bravo Alexis, je vous conseille de prendre le premier avion en partance pour l’Hexagone. Dire que le Québec est une terre sans culture??? What?? « Les Québécois pleins de préjugés »??? Mais voyons Alexis, ils n’ont pas des préjugés, ils ont simplement côtoyé trop souvent des Français qui vous ressemblent.
    Et malgré cela, sincèrement, je les trouve vraiment peu rancuniers par rapport à ce que certains de nos compatriotes peuvent leur dire pour les dénigrer.
    Rien que cet été, en visite à Paris, une amie qui rigole de la façon dont parle les Québécois. Eyh, oh! Le Français est une langue vivante, on a bien le droit de parler différemment et d’avoir des expressions qui nous sont propres les uns les autres. C’est ça la richesse de la langue. Vous pensez que c’est mieux de placer un mot anglais sur trois ou quatre comme en France, juste pour faire snob?? En France, mais ça devient dément comment la langue est massacrée par des mots anglais prononcés à la française qui plus est. C’est d’une laideur impayable.

    En tous cas… J’arrête là. Ça fait 13 ans que je vis ici, et ça ne me tente absolument pas de retourner en France. Je trouve le peuple québécois pas mal plus riche humainement parlant. Voilà.
    C’était mon deux cents.

  • Anonyme

    Franchement, il y a certains commentaires ridicules. On a tu le droit d’avoir une mauvaise passe dans la vie, peu importe qui ont est, française ou pas? Y’a toujours des gens dans les trucs d’Urbania qui disent n’importe quoi, c’est décourageant. Mais bon c’est un phénomène psychologique sociale de remettre le malheur sur des facteurs intrinsèque plutôt qu’accorder de l’importance au contexte et c’est là la cause du fléau d’un manque d’empathie dans nos sociétés. Notre cerveau est programmé pour se remonter soi-même en se disant qu’on est plus wise que les autres, qu’elle s’est pas forcé, c’est de sa faute. On se protège ainsi des angoisses de l’échec. Attention, si on se retrouve dans la shnout, là on est malchanceux ou alors on se dit qu’on vaut rien parce que l’échec est un tabou où l’on se doit d’avoir une vie comme à la télévision. Faut admettre aussi qu’il y en a qui l’ont plus facile que d’autres et quand c’est trop facile tout le temps, ben il y a une maturité émotionnel qui ne se crée pas.