Alors que la position du lotus vous donne du fil à retordre dans vos cours de yoga, lui arrive à l’exécuter sur un fil. 

Premièrement, est-ce qu’on dit slacker ou slackliner?
Je sais qu’il y a des Français qui disent « slacker », mais au Québec, c’est un peu péjoratif. Le mot « slackline » a été inventé par opposition au « tightrope », le fil de fer, qui est tendu, alors que la slackline, elle, est faite d’un matériau dynamique qui la rend moins tendue.

D’où vient cette discipline?
Ça a été développé par des grimpeurs dans les années 80, en Californie. Ils marchaient sur leurs cordes d’escalade pour passer le temps. Ça complétait leur entrainement quand ils avaient les bras fatigués, et ça travaillait leur concentration.

Comment?
Le slackline travaille les muscles stabilisateurs et améliore la posture. À la base, j’ai commencé le slackline parce que j’avais des maux de dos. Mais ça développe aussi l’attention. Si t’es sur la ligne et que tu penses à autre chose, tu vas tomber. D’ailleurs, c’est un bon indicateur de ton état d’esprit.

Il y a donc quelque chose de méditatif à ce sport?

Pour moi, ce n’est même pas un sport, c’est une discipline. Les gens pensent qu’on fait ça pour l’adrénaline, mais pour moi, c’est vraiment un exercice de concentration et de développement personnel.

Y a-t-il des styles de slackliners?

Il y a des slackliners qui font plus dans l’acrobatie et d’autres, comme moi, qui ont un style plus statique, comme du yoga. Je fais aussi de la highline : une ligne installée en hauteur, au-dessus du vide.

Qu’est-ce qui attire les gens à cette discipline?
Au départ, les gens voient quelqu’un faire ça dans le parc et ils pensent que c’est facile, puis, ils essaient et comprennent que c’est difficile. Ils accrochent parce qu’ils se donnent le défi de réussir. Je donne des cours d’initiation parce que souvent, les gens partent avec la mauvaise technique et doivent tout réapprendre.

C’est quoi, la bonne technique?
Pour commencer, il faut regarder devant soi, même si on a tendance à vouloir regarder nos pieds, et il faut tenter de synchroniser sa respiration pour optimiser l’économie d’énergie. Un des grands enseignements du slackline, c’est que quand ça brasse, on a le réflexe de se replier sur soi alors qu’il faut plutôt s’élever, se tenir droit, ne pas avoir peur. Comme dans la vie en fait.

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