Le moment déclencheur qui vous fait réaliser que vous avez un problème. Quelqu’un m’a joué un tour en cachant mon iPhone pendant 20 secondes. Mais dans ce 20 secondes, mon cœur a arrêté de battre, j’ai arrêté de respirer et j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux.

Mon Facebook ! Mon Twitter ! Mes photos ! Mes emails ! Des photos de moi qui se prend en photo comme une épaisse dans un miroir de salle de bain !

Des conversations Facebook de moi qui parle sans censure du bottin UDA au complet ! Jean Airoldi va enfin savoir ce que je pense vraiment de son émission «  Airoldi pour une sortie ! » Ma carrière est finie ! Je vais finir en prison.

Si j’avais le choix entre quelqu’un qui passe une heure à éplucher mon cellulaire ou me faire carrément ouvrir le thorax à frette pour y voir mes organes, je choisis la deuxième option.

Le deuxième problème que j’ai, à part le fait que je me sens carrément violée si on touche à mes appareils Apple, c’est le fait que je ne peux plus avoir accès aux réseaux sociaux. Fonctionner en public sans avoir accès à mes «  notifications » ? Et SI quelqu’un avait quelque chose à me dire, d’urgent, sur TWITTER, en DM ! ON NE SAIT JAMAIS !

Genre, Denys Arcand qui m’offre un rôle dans son prochain film seulement si je le retweete dans la seconde qui suit ?! HEIN ?! Et que je passe à côté de cette opportunité complètement irréaliste ?! Je m’en voudrais toute ma vie !

Bref, faut que je me calme le pompon, que je delete mes vieilles photos coquines avant que mes seins se retrouvent sur HollywoodPQ.

Et je dois aussi arrêter d’être insupportable avec les gens que je côtoie en chair et en os. Je l’avoue, je suis insupportable.

Je texte à trop de gens en même temps, je twitte trop, je passe trop de temps sur Facebook, je prends trop de photos inutiles. Un jour je vais tomber en amour avec une application quelconque, essayer de la frencher et je vais mourir étoufféw en avalant mon iPhone. Voilà ce qui m’attend.

Conclusion : J’ai maintenant un mot de passe TRÈS compliqué. Je songe à mettre une chaîne à mon cell, qui le relie à mes jeans, comme les camionneurs font avec leur porte-feuille. Ça me donnerait un très beau look « 1994 ». Je vais même laisser mon iPhone dans ma sacoche quand je suis en présence d’êtres humains.

Bon. Je ne réussirai pas. Je n’ai pas encore trouvé de solution à ma dépendance. Espérons que je puisse diminuer ma consommation sans avoir à remplacer mon problème, genre tomber dans l’enfer de la drogue et finir dans une piquerie.

Mais je ne suis pas SI inquiète, je pense qu’Angry Birds, c’est moins pire que le crystal meth.

Voilà. Apple a créé un monstre. C’est pourquoi ça fait à peine 5 mois que j’ai un iPhone. Avant, j’avais un vieux cellulaire honteux et je me faisais carrément dévisager lorsque je l’utilisais. Et ce vieux cellulaire-là, je l’avais depuis 2 ans seulement. Avant ça, rien du tout, une bonne vieille ligne téléphonique.

Je savais que je deviendrais la folle que je suis maintenant. J’aurais dû résister. Mais il est maintenant trop tard. J’aime vous voir sur Facebook, Twitter, Instagram, Urbania. J’aime vous parler partout, en tout temps, à toute heure du jour ou de la nuit. J’aime vous lire et vous regarder, peu importe où je me trouve. J’aime vous rendre visite. J’ai comme pas le goût de guérir.

Bonjour. Mon nom est Kim Lizotte et je suis accro…à vous.

  • Marc-Etienne L Gaudet

    « Insupportable ». Voilà un mot bien choisi, Mme Lizotte. Allez faire un tour dans le bois en compagnie de gens que vous aimez, loin des médias, pour quelques jours, voire quelques semaines. Ça vous fera du bien.

  • Roxyrox

    Wow.
    J’ai justement un vieux cellulaire honteux (un « flip phone », scandale) qui attire immanquablement les commentaires sarcastiques d’usagers de téléphones intelligents à chaque fois que je le sors.
    J’ai soudainement envie de le garder.

  • Julie M

    Remettre l’être humain et non sa projection artificielle au coeur de nos relations. Vivre intensément le moment présent, les yeux dans les yeux, ancrée dans la réalité. Beau projet pour se sevrer de sa dépendance à l’inanimé et aux chimères.

  • Kim Lizotte

    C’est de l’humour et c’est exagéré. Calmez vous le pompon, vous me découragez.

  • Marie-Ève

    Je me demande à quel moment on créera les psychologues pour régler les dépendances au cellulaire et/ou aux réseaux sociaux… ;-)

  • Gilles

    Pauvre petite fille…. pas facile la vie

  • Kim Lizotte

    Vous savez qu’il y a un 2ème degré et qu’il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre ou vous êtes trop stupides!? Gilles, inquiète toi pas pour moi, pis prends le conseil de l’autre, va marcher dans le bois.

  • Naud.

    Osti que c’est triste, même si la réalité était le quart de ce que cette dame-là raconte.

  • Ariane Careau

    Je ne comprend pas pourquoi les gens qui ne comprennent pas cet humour sont abonnés à Urbania. C’est comme si je moi je prenais le temps de lire, m’outrer et ensuite commenter des nouvelles de Canoé. Ha shit… Je le fais ca… ;) Tk, on se comprend.

  • antoine

    J’comprend très bien la situation. J’imagine que si j’avais un iPhone, je passerais probablement beaucoup de temps dessus, mais c’est justement pour cette raison que je n’en ai pas. Sur mon téléphone, j’ai même pas internet, et savez-vous quoi? C’est ben parfait comme ça! Ça m’empêche d’être anti-sociable et renfermé, je fais déjà assez d’ordinateur pour mon travail et de «surfage web». J’pense que des gens comme ceux que vous décrivez dans cet article doivent se poser la question suivante: «Pourquoi je consacre AUTANT de temps à ma « vie internet »?». Est-ce SI important à vos yeux? Pourquoi? Oui tout est de plus en plus connecté et interconnecté, et c’est une avancée technologie importante et intéressante mais franchement, il faut éviter d’être dépendant à ce point!!! Je serais curieux de voir combien de secondes/minutes/heures vous pourriez passer sans votre iPhone. Si c’est moins qu’une heure ou deux, je vais dire comme Marc-Étienne, vous êtes dû pour un sevrage dans le bois avec les gens que vous aimez avec de vraies émotions, pas des émoticons.

  • Guy E

    Un iphone ou un cellulaire, ça fait un peu cordon ombilical…
    ne trouvez-vous pas?

    Vous avez une belle plume, Mme Lizotte.
    C’est toujours agréable de vous lire…
    et de vous voir, vous et vos amis à l’Opinion comique.

  • Daniel

    Mme Lizotte, vous écrivez très bien. Moi je comprend votre sens de l’humour. D’ailleurs j’ai en face de moi ma fille de 19 ans qui vous lit et qui rit de bien s’y reconnaître. Et que ceux qui n’ont pas ce sens de l’humour s’abstiennent tout simplement. Continuez de si bien écrire.

  • Anick T.

    Moi ce que je trouve drôle, c’est le risque de mourir étoufféwwwwwwww en frenchant ton iPhone! Ça a comme plus d’impact. On dirait que ça pogne plus dans’ gorge! O:)

  • Martin

    Si quelqu’un fait des remake de passe partout
    Je crois qu’il vont développer autour d’un nouveau
    Personnage appeler Passe-tweeter.

  • Alexandre Armont

    Est-ce un drame de rire un peu de la cyberdépendance? Nous sommes accros à tout. Ça peut être n’importe quoi. Je suis un de ceux-là et je l’avoue! Nourris-toi pas des incompris qui critiquent ton sens de l’humour alors que le 2e degré… ils s’en foutent, chère Kim. :)

  • Genevieve

    Marc-Etienne L Gaudet : ils sentent bons tes pets, hein?

  • Stephanie

    Tous ces commentaires m’ont faits repenser à certains textes que j’ai lus sur les changements qui s’opèrent avec la post-modernité. Si vous avez le coeur à lire des petits textes (très faciles à lire) qui vous donnera un nouveau regard sur ce qui a été dit, une forme prise de conscience sur notre réalité surexposée, je vous suggère : « L’individu Hypermoderne » – de Nicole Aubert ET « Les Preuves de l’existence de soi – La nouvelle croisade du sujet post-moderne – » de Clotilde Badal-Leguil. Je ne chercherai pas à prendre position dichotomique sur ce texte d’humour à savoir si c’est pathétique ou exagérée… ou whatever! (J’ai trouvé ça comique et triste de réalisme à la fois). Je crois que les lectures que je vous suggère vous permettront de comprendre ce à quoi certaines peresonnes peuvent réagir en voyant une accélération de l’utilisation des technologies de l’information.

    Je vous laisse sur une citation contenue dans le texte de Badal :
    « Le problème n’est plus de savoir qui nous sommes, mais de nous assurer que nous sommes. Nous sommes en quête de preuves nous assurant que nous sommes bien là, que nous ne sommes pas inconsistants et transparents. Nous cherchons à nous faire reconnaître, afin d’être certains que nous ne sommes pas des ombres de nous-mêmes passant inaperçues. »