Question existentielle : Qu’est-ce qui pousse les femmes à se réfugier dans tous les mots possibles sauf celui qui les définit le mieux ?!

C’est un questionnement personnel et non pas une dénonciation. Je parle encore de moi en me décrivant comme une fille. Et à voir le 3 avril (ma date de fête) arriver sous peu, je me demande, QUAND exactement, je vais assumer de ne plus être une FILLE ?

Je vais donc passer à JEUNE FEMME ?!

Et quand j’écouterai des émissions à Canal Vie ou que je pleurerai en regardant une petite fille au passé douloureux chanter à «LA VOIX» et bien là, je serai une matante.

Et quand, trop soûle, je vais baiser un parfait étranger dans une ruelle sombre, et bien je serai une charrue.

Et quand je serai dans un souper avec mes amies à potiner, et bien je serai une vraie « fi-fille.»

Et quand je porterai mes talons hauts avec une mini-jupe pour sortir, je serai une chick.

Et quand j’aurai des enfants mais que je serai encore «fourrable», je serai une milf.

Mais si je n’ai pas d’enfant et que je me cherche un jeune amant pour me réconforter, je serai une «cougar».

Et quand je me promènerai main dans main avec un homme, je serai «la blonde de».

Et quand j’oserai péter une coche ou parler dans le dos de quelqu’un que je trouve insupportable, je serai une bitch.

Non. Je ne suis pas une matante parce que je regarde Jean Airoldi courir après des madames dans les centres d’achats pour leur dire qu’elles sont mal habillées. Je suis une femme qui écoute des émissions ridicules, nuance.

Non, je ne suis pas une charrue parce que je frenche ou baise qui que ce soit. Je suis une femme libre de faire ce qu’elle veut de son corps. On est en 2013, je pense qu’on peut en revenir du syndrome de la madone et de la putain.

Non, je suis pas une « fi-fille » parce que je bois trop de vin avec mes amies en leur parlant de sacoche. Je suis une femme qui décompresse et qui a envie de parler de sa réalité avec ses semblables. (OH, que je viens de t’intellectualiser ça, un souper de filles ! On jurerait que je parle de grandes rencontres philosophiques !)

Et non, je ne suis pas une milf parce que mon corps est encore regardable après un accouchement, ni une cougar parce que, comme un homme, je chasse les jeunots attirants. Je suis une femme qui a le droit de rester une femme, même si elle est maintenant marquée du prestigieux titre de « MAMAN» ou qu’elle a dépassé 40 ans.

(En passant, les femmes qui se définissent en tant que «mère», faut qu’on se parle.)

Faudrait arrêter d’avoir l’image d’une madame à chapeau, le cou plein de colliers de perles et avec un porte-cigarette, allongée sur un canapé avec un martini dans la main, chaque fois qu’on prononce le mot «femme».  Qu’on arrête de passer d’un extrême à l’autre en passant de fille à matante. De jeune femme à cougar. De chick à maman. Vous avez le droit d’être juste, une femme.

Bref. Je vais avoir 30 ans dans 2 mois…pis j’haïs pas ça.

  • Patrice Berthiaume

    Le terme « charrue » est surtout employé dans le milieu gay. On comprend l’analogie, anyway. « (En passant, les femmes qui se définissent en tant que «mère», faut qu’on se parle.) » J’aimerais tellement pouvoir être là.

  • Thomas

    Je vais aussi avoir 30 ans bientôt, et en tant qu’homme je peux t’assurer qu’il n’y a rien de plus attirant qu’une femme dans la trentaine, intelligente, belle, confiante, mature et rayonnante. À tous ceux qui cherchent autre chose qu’une femme, allez vous faire soigner !

    Joyeux trente ans !

  • Duane Boisclair

    Go Lizotte !
    Je viens d’avoir trente ans, j’haï pas ça moi non plus.
    Suis-je un gars ? Un homme ? Hier soir, à l’Université Laval lors d’une conférence, la prof/conférencière s’adressait à moi avec sourire en tant que -« jeune homme » ou -« les étudiants comme toi »… je ne suis plus aux études depuis un bon boutte ! Que de compliments ! (?) Un peu réducteur sinon, ça demande réflexion et/ou interprétation. Rien de méchant je suppose.
    Bon, au moins je ne suis plus un ti-gars. Ni un dude/douch(bag) qui sort sur Grande Allée dans les clubs de poupounes (oups, t’a oubliée les poupounes dans ton texte ;-)
    Quand je serais vieux, je ne veux pas être un « bonhomme » et que mes enfants parle de moi ainsi. C’est réglé, je veux pas d’enfants. Je ne serais pas père, personne ne m’appelleras papa. Jokes de mononcle, ça j’y tiens cependant.
    J’avoue que je ne me suis toujours pas habitué à me faire appeler « monsieur » par les commis plus jeunes que moi. Dans ma tête de DJ qui danse comme un débile, je suis encore et toujours Peter Pan, en forme et cool/tendance donc pas besoin de me « monsieur » svp. De toute façon, le commis de 18 ans pourrait très bien m’en foutre une bonne (donc égal-égal coté ti-coq) et la commis de 19 ans elle, bien, bref, je lui ferait pas mal dans ta « ruelle des charrues fourrables ».
    Tout ça pour dire que nous les mâles aussi avons droit à ces « positionnements sociaux » à différent stades de nos vies (et de nos journées). Je ne suis pas mal à l’aise avec tout ça mais je crois bon de souligner que pour les filles, c’est un peu moins facile. Ça tombe dans le préjugé et l’étiquetage et ça peux faire mal. Ton article est super pour pointer tout ça du doigt. Ça doit cesser, esti de sexisme sordide.
    Ce qui nous unis toi et moi : ce drôle de carré rouge sur notre sac à dos. Pourquoi ? Parce que mon année 2012 a été ponctué de -« C’est 15$ le billet mais pour vous c’est 12$ parceque vous êtes étudiant. » -« ?moi? » -« Mais oui, vous avez un carré rouge donc vous êtes étudiant! » – « Heu, non mon cher, je suis citoyen comme toi et l’autre et je supporte la cause étudiante comme tu devrais le faire pour le futur de notre société , tu sais, y’a des tonnes de gens qui ne sont pas étudiants et qui arborent le carré rouge » -« Ha, heu, ok »
    Hihihi bref, à trente ans, on a pas d’âge. Surtout, on a le droit de fourrer qui on veut. Les p’tites chicks de l’université et les milfs-cougars qui rôdent la nuit. On devrait trouver un nouveau mot unisexe pour définir notre situation…
    Libre ?
    ;-)
    – Duane –

  • Valérie

    Je me défini en tant que femme ET mère. Voilà. Parlez-moi, madame Lizotte, vous qui pensez détenir toute la vérité…

  • CVTM