Packer-truck

Vous êtes plusieurs à avoir reçu une cafetière à capsules cette année. Je le sais, j’ai mes contacts avec le Père Noël.

Non, pour vrai, je m’en doute parce qu’elles étaient toutes là, dans les magasins, avant Noël, bien empilées en pyramides, les machines à capsules jetables. Je le sais aussi parce qu’on n’a jamais vu une machine à café commanditer des émissions de télévision autant que Dolce Gusto : si c’est bon pour Laurie d’Occupation Double, vous vous êtes sûrement dit que c’était bon pour vous.

Une cafetière à capsules, ça fait un beau cadeau parce que c’est le genre de chose que l’on désire sans se l’acheter. Et puis il y a le coût. C’est un bon coût de cadeau, il me semble. T’offres ça à ta blonde, à ta mère, à ton frère, puis tu les laisses s’arranger avec le trouble après.

Pour de vrai, je n’ai pas envie de gâcher l’enthousiasme qu’a pu susciter votre cadeau, pas plus que je ne veux vous écœurer avec vos pratiques environnementales. Si vous jugez pertinent d’utiliser un sac de plastique à l’épicerie, ça ne regarde que vous. C’est pas comme si on manquait de discours moralisateurs pour nous culpabiliser d’utiliser trop d’eau ou de conduire notre voiture.

Mais l’aberration écologique que constituent ces machines est tellement flagrante, que c’est comme si personne n’avait jugé bon de la pointer du doigt encore. Comme si les environnementalistes avaient baissé les bras devant une telle montagne, devant un tel fléau, créé à une époque où l’on sait très bien que la consommation quotidienne de capsules de plastique, de colle et d’aluminium, c’était pas l’idée du siècle. En 2007, l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie révélait qu’un paquet de 250 grammes de dosettes de café produisait 10 fois plus d’emballages qu’un paquet de 250 grammes de café régulier.

J’ai consulté rapidement les réponses des compagnies de cafetières à capsules quant aux préoccupations environnementales que pourraient avoir leurs utilisateurs.

«Des études sur les différentes méthodes de préparation du café montrent que la plus grosse consommation d’énergie et le plus grand nombre d’émissions de gaz à effet de serre proviennent des grains de café et de l’énergie consommée à la maison lors de la préparation du café et du lavage des tasses. L’intelligence unique de TASSIMO, qui utilise la bonne quantité de café pour une tasse parfaitement préparée, permet de ne jamais gaspiller de café. TASSIMO chauffe également la bonne quantité d’eau pour chaque tasse que vous préparez. Ainsi, contrairement aux méthodes traditionnelles de préparation du café […], TASSIMO est l’un des systèmes de préparation du café le plus efficace.»

Futé, le code à barres.

«Keurig se préoccupe d’environnement et nous faisons le plus possible pour que nos pratiques d’affaires soient à la hauteur de notre engagement. Ainsi par exemple Green Mountain Coffee Roasters, Inc. (GMCR), notre société-mère, est un chef de file en matière de café biologique et équitable, ce qui est bon pour les amoureux de café, pour les producteurs de café et pour la planète. Les emballages de nos dosettes K-Cup® constituent un de nos principaux défis en matière d’environnement, car le revêtement de polyéthylène ainsi que le processus de thermo-scellage rendent difficile le recyclage des dosettes K-Cup. Cependant, en empêchant l’oxygène, la lumière et l’humidité d’atteindre le café, ils nous permettent d’en assurer la qualité et la fraîcheur sans lesquelles les ressources et les efforts que nous investissons pour produire et torréfier un café de grande qualité seraient gaspillés.»

Cute.

Bien sûr, vous pouvez toujours recycler vos capsules. Comment? Allez savoir. Quand je parlais de trouble… Chaque compagnie a sa propre technique. Nespresso les récupère pour vous. Tassimo vous invite à «découper l’étiquette des T DISCs, l’enlever, rincer le café moulu ou les feuilles de thé, et déposer et la chambre et l’étiquette dans le panier bleu de recyclage (ce n’est pas un polymère de téréphtalate d’éthylène)».

Mais j’imagine que si vous avez opté pour ce genre de machine, c’était plutôt pour vous simplifier la vie.


Suivez @JudithLussier.

  • Mia

    Mon commentaire vient tellement tard que plusieurs s’arrêteront avant, peu importe.
    Connaissez-vous l’analyse du cycle de vie (ACV) ? Avant de dire que A est mieux que B parce que A fait moins de déchets que B, il faut considérer l’ensemble le plus complet d’aspects, parce que les matériaux sont différents, n’ont pas le même impact de production, n’ont pas voyagés la même distance, ne seront pas traités de la même façon en fin de vie, etc. Dans l’ACV (normalisé par l’ISO 14040-14044) on évalue l’ensemble des impacts à travers les différentes étapes du cycle de vie pour exprimer le tout en impact potentiel sur les écosystèmes, la santé humaine et les ressources non-renouvelables. On peut aussi simplifier le tout en empreinte carbone ou empreinte eau. Bref, l’étude vise à faire le tour de la question de la façon la plus compréhensive possible. Le problème, c’est que peu importe le résultat de ces études comparatives qui semblent favoriser les capsules de café, le public reste accroché sur deux concepts: l’emballage et le transport. Je vous le dis et vous le redis, pour avoir réalisé nombreuses études comparatives dans différents secteurs, le transport (si n’est pas acheminé par avion – très rare) constitue en général moins de 5% de l’impact environnemental total sur le cycle de vie complet d’un produit et son emballage équivaut à environ 10% de cet impact. L’ironie dans tout cela, c’est que j’ai commencé à travailler là-dessus après avoir travaillé sur l’implémentation de la ligne de production de Tassimo, mentionné dans ces commentaires, pour Kraft en Amérique du Nord, dégoutée moi-aussi du gaspillage d’emballage, d’eau et d’énergie. Puis j’ai su que c’est dans *l’agriculture* qu’on causait le plus important (par une longueur d’avance indéniable) fléau sur l’environnement. Donc c’est à travers les pertes (10-30% ou plus) ou leur évitemement qu’on a le plus de marge de maneouvre. D’OÙ l’avantage des capsules. « dégueulasse » comme gaspillage d’emballage, mais les crises globales de l’heure sont liées aux changements climatiques et à la consommation d’eau dans une disponibilité limitée.. pas à l’enfouissement de matières relativement inertes dans des pays qui peuvent se le permettre.
    Ouf, quel commentaire. Je voudrais aussi que l’évidence dicte la raison, mais la preuve scientifique dicte le contraire.

  • Nicolas Boisvert

    Bravo à Mia pour son commentaire. L’empreinte…..

  • Jeff

    Que ça se recycle ou non, y’a personne qui me fera accroire que ça ne nécessite pas plus de sacrer du café dans des dosettes (machinerie nécessaire), de mouler les dosettes (machinerie nécessaire), de les mettres dans une belle boîte super bien imprimée (machinerie nécessaire) que de sacrer des grains dans un sac. C’est le gros bon sens! J’ai une machine espresso et ça fait du bon café. Je peux choisir n’importe quel café (pas juste celuu choisi par nespresso, tassimo et conssorts. Je peux me concentrer sur du café équitable. Non seulement mon café pollue moins, il coûte 10 fois moins cher. Vous pouvez vous faire une belle conscience avec vos capsules recycables, mais les trois R ça comprend « Réduire » aussi. Côté « Réutilisation », mon manchon-filtre est réutilisé à chaque fois. Na!

  • Pascal Henrard

    Olimpico. C’est ma solution.

  • Chantal B

    Saviez-vous que la compagnie Nespresso a également développé une machine à dosette du même type que celle pour le café, la BabyNess https://www.babynes.fr/FR/Pages/accueil-babynes.aspx?HasSeenCountrySelection=true, qui sert à la préparation de biberon? Vendue en Europe pour le moment, la BabyNess est tout sauf écolo! À titre indicatif, un bébé naissant boit entre 8 et 12 fois par jour. Vivement l’allaitement maternel!

  • Chantal B

    Petite correction … il s’agit de la compagnie Nestlé et non Nespresso (qui apparatient à Nestlé).

  • Rick

    Ne pas boire de cafe……. Peut-etre?

  • sonia

    moi j’ai l’esprit de contradiction…je me suis achetée un moulin à café pour Noël….que j’utilise pour mon café filtre individuel ou ma bodum….

  • Denis Perron

    Voici la bonne technique pour faire un café parfait. Mais attention, vous ne pourrez plus boire de café ailleurs qu’à la maison. Dans le lien qui suit, il y a un fichier pdf qui est en fait la marche à suivre pour la préparation du café. Et devinez quoi, les machines à dosettes ne font pas partie de ce manuel. http://www.magicien-humoriste.ca/2005/12/post.html

    @denisdotperron

  • michel

    «Les machines à capsules est le meilleur exemple du consumérisme qui nous mènera à notre perte… parce qu’on aime les choses cutes qui ressemblent à des jouets, même quand on est adultes. J’ai été sidérée lorsque j’ai vu ça apparaître sur le marché. Vraiment? Produire encore plus de déchets pour se sauver le « gros trouble » de plonger une cuiller dans un sac de café (et humer en prime la si agréable odeur de café frais, ce qu’une capsule ne vous permet pas)? Et on ne parle même pas de l’empreinte écologique de ces capsules dont le café est récolté, disons au Mexique, puis envoyé ailleurs pour être encapsulé dans un contenant de plastique ou d’aluminium, puis redistribué dans les pays consommateurs. Sérieux. On s’étonnera ensuite qu’il y ait un continent de plastique qui flotte dans l’océan…»

  • Stephane

    Je vois que le discours est plutôt simpliste. Comme je suis propriétaire d’une machine Nespresso au bureau que j’apprécie beaucoup (j’attends souvent d’y être avant de me faire mon café parce que n’obtiens pas d’aussi bons résultats avec ma machine espresso « écologique »), c’est possible que mon jugement soit aussi, comme d’autres, partiellement biaisé… mais bon.
    Je suis effectivement curieux de connaître la véritable empreinte écologique de ces capsules mais personne n’a été en mesure de la dévoiler dans cette discussion. Mais j’ai comme l’impression que c’est probablement moins outrageux que les gens bien intentionnés veulent bien le croire.
    Ma cafetière à capsule prend 25 secondes à chauffer, est-ce plus efficace quand je fais un café dans une cafetière italienne, qui prend facilement 10 minutes sur le rond à puissance maximale? Est-ce plus efficace de faire fonctionner 10 000 petits moulins à café ou une grosse machine industrielle ultra-efficace? Ma machine espresso utilise deux fois plus de mouture pour produire le même volume de café, est-ce malgré tout efficace? Tant de questions… peu de véritables réponses.
    J’espère seulement qu’aucun des émetteurs de commentaires défavorables ne consomment d’eau en bouteilles, ne serait-ce qu’à l’occasion. Car pour ça je n’ai pas à être convaincu: faut être soit débile léger ou parano pour boire de l’eau en bouteille (sauf évidemment si vous n’avez pas accès à de l’eau potable).
    L’humanité peut dormir tranquille, ce n’est pas les capsules de café qui causera sa perte, il y a des problèmes bien plus graves…

  • njl

    Tout a fait d’accord avec ton commentaire, Stéphane.

    J’utilise une machine Nespresso depuis environ 2 ans et j’en suis très satisfait. Pourquoi n’ai-je pas acheté une machine expresso traditionnelle? Simplement parce que je vis seul et que je ne consomme pas beaucoup de café par semaine et, avec ce genre de machine, je suis certain que mon café sera toujours frais, n’en déplaise à ceux qui en douteraient.

    Le geste de nettoyer mes capsules ne me prend pas plus de temps que de rincer un pot de beurre d’arachide. Va-t-il falloir arrêter de consommer tous les aliments d’épicerie qui utilisent des contenants de plastique?

    Selons certains, les machines à capsules seraient le comble du consumérisme? Je ne crois pas. C’est vrai que j’augmente considérablement la quantité de plastique envoyée au recyclage par année au Québec. Est-ce que c’est un choix totalement écologique? Probablement pas. Mais qui peut se targuer d’avoir un parcours sans faute dans ce domaine? Malheureusement, je n’ai pas la possibilité d’aller chercher mon café matinale à Oslo, la Mecque du café selon une journaliste de La Presse.

    J’imagine que les gens qui condamnent l’utilisation de ce genre de machine n’ont pas de voiture, n’achètent pas de iPods, n’ont pas plus que deux paires de chaussures et ont confectionné de leurs propres mains tous leurs cadeaux de Noël… Si c’est votre cas : bravo! Savez-vous quoi? Depuis plus de 10 ans, je n’utilise pas de voiture, mais je ne m’en vante pas parce que je sais que je ne suis pas meilleur qu’un autre.

  • Sonia

    Devrait figurer sur la liste des pires pratiques envionnementales!

  • isa

    on dira ce qu on voudra, faire un bon espresso, c est a la fois un art et une science. faut la bonne machine, un moulin pour avoir un café frais, de bon grains torréfié de la bonne maniere et frais, et surtout, faut apprendre, faut le savoir faire. avec une nespresso, t auras jamais un café de merde, mais t auras jamais un café parfait non plus. ca convient a certaine personnes qui n ont ni le temps ni l envie d apprendre et d investir la dedans. y a pas de mal a ca. et pour le coté écologique, y a des capsules réutilisable qui existe.

  • Carolinade

    Merci, Judith, pour la réflexion qui suscite bien des commentaires.

    Pour ma part, je dirais qu’à trop vouloir nous rendre la vie facile, on vient qu’à se la compliquer. Comme Marie C. l’exprime d’ailleurs très bien dans son commentaire. En ce sens aussi que les conséquences de nos luxures aveugles se trouvent comme sur la photo de l’article -et la planète-dépotoir ne fait que s’agrandir. Malheureusement. On dirait que pour chaque effort fait dans un dossier (exemple: réduction des sacs d’épicerie), on invente un nouvel article polluant.

    Pour rester dans le sujet du café, une autre aberration selon moi, ce sont les gobelets à usage unique. Tous les Starbuks et Tim Hortons de ce monde en font une si belle promotion. Et nous, les con-sommateurs, continuons d’acheter et de jeter. Moi qui croyais que la tasse réutilisable était bien implantée dans nos mœurs. Et y’a pas de loi pour interdire ce gaspillage éhonté?! Visiblement, non. Jour après jour, dans tous les cafés du monde et autres lieux à restauration rapide, on achète-et-on-jette-sur-le-trotoir-et-dans-les-poubelles-qui-débordent. Combien de plastique, papier, aluminium? Je n’ose faire le calcul. On dirait que le gouvernement n’a pas de réelle volonté en la matière. Et le peuple moutonneux de suivre sans trop se questionner. Hélas, la seule loi efficace en ce moment, c’est celle du moindre effort!

    Perso, je traîne ma tasse réutilisable, ma bouteille d’eau réutilisable et plus récemment, j’ai commencé à apporter un plat vide pour les cas de « doggy-bag » et commande au comptoir. Extrémiste, vous pensez? Y’a plus le temps pour les à peu près/prêt. C’est là ma façon bien minime mais concrète de réduire notre empreinte écologique et de prêcher par l’exemple!

  • Kevin Forte