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Contrairement à la croyance populaire, la Gaspésie ne se résume pas seulement au Parc Forillon et à la ville de Percé. L’endroit ne manque certainement pas de beaux petits villages tranquilles. Caplan est un de ceux-là.

En plein cœur de la Baie-des-Chaleurs, Caplan est une municipalité d’à peine plus de 2000 âmes qui n’a rien de vraiment différent par rapport aux villages qui l’entourent. Et pourtant, si plusieurs villages ont vu leur population diminuer, Caplan est présentement en pleine expansion, avec sa population qui augmente et son développement résidentiel dans la rue des pommiers.

1. Des rues aux noms d’arbres
Chaque municipalité du Québec semble avoir une logique derrière le nom de ses rues. À Caplan, chacune des rues porte un nom d’arbre, des saules aux épinettes, en passant par les lilas, les tilleuls et les palmiers. Pourtant, l’appellation précédente qui utilisait les noms des familles de la municipalité a été conservée pour désigner les routes plutôt que les rues avec la route Bourdages, la route Dion et la route Arsenault. Seule la route des Érables porte un nom d’arbre. Pourtant, à peu près personne ne connaît son nom; elle est plutôt la route de Saint-Alphonse. La route principale, la 132, elle s’appelle officiellement le Boulevard Perron, mais tout le monde l’appelle la 132.

2. Saint-Alphonse vs. Caplan
Quand tu viens de Caplan, tu ne viens pas de Saint-Alphonse, le village situé à 10 km dans les terres. La différence est vraiment très importante, surtout qu’une certaine rivalité s’est installée entre les deux municipalités. Les habitants de Saint-Alphonse n’aiment pas se faire rappeler que, sur leur bureau de poste, le nom Saint-Alphonse-de-Caplan est indiqué, bien que la municipalité soit officiellement reconnue sous le nom de Saint-Alphonse. Tout ça pour dire que les gens de Caplan sont bien fiers de leur village et que la plupart d’entre eux ne pourraient pas aller vivre à Saint-Alphonse parce que la vue sur la Baie-des-Chaleurs leur manquerait beaucoup trop.

3. L’accent de Caplan
Quand tu viens de la Gaspésie, tu te fais toujours demander si tu as un accent. Quand tu viens de Caplan, tu te fais toujours demander pourquoi tu n’as pas d’accent. C’est vrai que, si on compare avec les gens de Carleton ou de Paspébiac, notre accent est vraiment minime. On accentue certaines syllabes, comme les « ur », les « eur » et les « ère », mais ce n’est rien de vraiment extravagant. Une oreille experte serait capable de distinguer un accent de Caplan de celui de Saint-Siméon ou de New Richmond, les villages voisins, mais les touristes ne voient certainement pas de différence. Ils sont trop occupés à remarquer la beauté du paysage.

4. Les quartiers de Caplan
Caplan a beau être un village de 2000 habitants, il existe des divisions territoriales importantes qui peuvent facilement perdre un touriste. La municipalité qui longe le littoral sur environ 14 km se divise en quatre territoires : le ruisseau, le village, la rivière et les rangs. Le centre de la municipalité, c’est le village. Au village, on retrouve le seul dépanneur de Caplan, l’école primaire, l’aréna, le bureau municipal, l’épicerie, l’église, le bureau de poste, la quincaillerie et la pharmacie. Le Toyota Baie-des-Chaleurs est le seul gros commerce du village. À l’ouest du village, c’est Rivière Caplan, parce qu’il y a une rivière qui y passe et qui se déverse dans la baie grâce à la chute de la plage. Le mot rivière est vite dit parce que ce n’est pas un gros cours d’eau. L’est du village, lui, est désigné comme le ruisseau, parce que, vous l’aurez deviné, un ruisseau y coule. Le ruisseau est d’ailleurs la frontière naturelle entre Caplan et le village suivant, Saint-Siméon. Il y a aussi trois rangs qui sont habités. Le rang deux est le plus populeux, mais le rang trois possède le célèbre « Trou des Antoine » où les gens vont glisser l’hiver.

5. Le village qui passe au feu 
À Caplan, à peu près tous les bâtiments importants du village situés dans un rayon de 1 km de l’église sont passés au feu durant l’histoire de la municipalité. L’ancienne église, le cinéma, l’épicerie, le dépanneur et la ferme laitière, les habitants de Caplan les ont tous vu brûler. À se demander si ce n’est pas une malédiction que le village a reçue. La salle multifonctionnelle (la salle de l’OTJ pour tout le monde) est une des seules qui est encore debout, juste à côté du premier cimetière du village. Pour combien de temps? C’est une bonne question, surtout sachant que le toit a déjà été arraché par le vent. Ça, c’est si l’eau de la mer ne gruge pas les falaises suffisamment pour que les maisons qui sont trop sur le beau de l’eau finissent par y sombrer. Pas facile, la vie maritime.

6. Mme Cora, notre seule célébrité
Cora Tsouflidou, créatrice de la célèbre chaîne de restaurants Chez Cora, est la seule personnalité connue qui soit née à Caplan. Elle y est née quand la municipalité s’appelait encore Saint-Charles-de-Caplan, quelque part dans un rang. Son nom de jeune fille était Cora Musseley. Il est fort à parier qu’elle est née dans la partie du village qui était autrefois appelé Musseleyville et qui est aujourd’hui comprise sur le territoire de Saint-Alphonse. Les habitants de Saint-Alphonse s’appellent d’ailleurs aujourd’hui des Bigiquois, dérivé de Belgiquois. Il existe toutefois des célébrités locales, dont John Lapointe, qui s’est beaucoup impliqué dans le sport et les loisirs. Le centre sportif porte d’ailleurs son nom et tout le monde à Caplan connaît John. Sinon, le sourd est aussi connu de tous, un peu comme l’étaient le besson et son scooter, lorsqu’il était encore vivant.

7. La plage du village
Si les autres villages gaspésiens ont des quais pour que les jeunes se rassemblent, à Caplan, c’est la plage du village qui est connue pour ça. Et pas tous les jeunes, plus souvent ceux qui ont des choses à cacher. La plage du village, disons qu’il n’y a personne qui va se baigner là, sauf le camp de jour. Surtout parce que les égouts se déversent juste à côté et que l’aqueduc, à Caplan, c’est assez controversé. Disons qu’une journée où l’eau n’est pas brune est plutôt rare. La population demandait depuis longtemps la rénovation de l’aqueduc, ce qui est en cours et qui devrait améliorer les choses. La plage aménagée de la rivière est la plus visitée, bien que la municipalité en compte plusieurs autres, dont celle du Havre-de-Pêche, qui est souvent associée, à tort, à la municipalité de Saint-Siméon.

8. Un héritage acadien
Comme plusieurs autres villages du sud de la Gaspésie, les habitants de Caplan sont majoritairement de descendance acadienne. Lors de la déportation de 1755, des Acadiens ont traversé la baie des Chaleurs pour s’installer en Gaspésie. Cet héritage se traduit surtout par les noms de famille : Arsenault, Babin, Brière, Bujold, Cyr, Ferlatte, Robichaud et compagnie. Le musée acadien du Québec est situé à Bonaventure, à environ 20 km de Caplan, ce qui n’empêche toutefois pas les habitants de Caplan d’être de fiers Acadiens de souche. Le lien est fort avec le Nouveau-Brunswick puisque le village de Belledune fait directement face à Caplan, de l’autre côté de la baie, et ses lumières sont bien visibles le soir venu. Les habitants de Caplan ont d’ailleurs été solidaires avec ceux de Belledune en s’opposant au projet d’incinérateur de déchets toxiques de la compagnie Bennett Environnemental.

9. Les falaises rouges
Caplan se distingue des autres villages gaspésiens grâce à ses grandes falaises rouges qui longent la baie des Chaleurs. Le village est donc plus élevé que le niveau de la mer, ce qui le protège d’éventuelles inondations. Les falaises rouges de Caplan ne sont pas seulement un atout visuel, mais contiennent également de l’argile. Jako Boulager, un artisan local qui se spécialise en poterie, a d’ailleurs donné un atelier à propos de l’argile à Chantal Fontaine, lors de l’émission La Petite Séduction en 2008. Outre ses immenses falaises rouges qui donnent accès à la baie des Chaleurs, Caplan se distingue par sa température clémente et ses hivers plus doux, notamment parce que le village est situé dans le fond d’une anse et que le vent y entre moins facilement.

10. Origine du nom Caplan

L’origine du nom Caplan n’est pas officiellement connue, bien qu’il existe quelques théories. La municipalité, fondée en 1875, pourrait s’appeler ainsi grâce à ses immenses falaises rouges, qui auraient fait en sorte que les anglophones désignaient l’endroit sous le nom de « Capeland », qui se serait transformé à l’arrivée de colons français et acadiens. Une autre hypothèse affirme que le nom de Caplan est une adaptation du nom capelan, petit poisson qui se retrouve en grande quantité dans la baie des Chaleurs, particulièrement près de la municipalité. Finalement, certains affirment que la toponymie du village est plutôt dûe à un amérindien du nom de John Kaplan qui se serait établi sur le territoire avec sa famille avant la colonisation de l’endroit. Les habitants de l’endroit sont des Caplinots et des Caplinotes.

La ville de la semaine en images

  • boissonnault doris

    bravo joanie tu as bien décris la municipalité de caplan on est fier de toi doris boissonnault maire

  • Adelbert Brière

    Félicitations ça fait toujours chaud au cœur de lire de si belles choses sur nos origines.
    Merci

  • Ghislain Garant

    Tres beau témoignage, c’est vrai que c’est une belle paroisse. J’y ai grandi, j’ai habité dans trois secteurs de la paroisse, rang 3, Rivière Caplan et pour terminer le village. Je conserve de beaux souvenir, la plage a Rivière Caplan, les soirées au Petit Bocage lorsqu’il avait des orchestres. Lorsque j’y retourne l’été, je manque pas de faire un arrêt à la halte routière pour observer la beauté de la mer et de l’endroit, d’aller me remémorer des souvenir a la plage de la Rivière Caplan. Bravo Johanie. On ne se connait pas mais c’est un très beau reportage

  • Thérèse Aubé

    Bravo pour la belle description de Caplan. Combien de semaines au fil des années j’ai passées chez mes beaux-parents Evariste Bourque. C’était le village natal de mon conjoint. Bravo!!!

  • andré laviolette

    bonjour a vous tous tu parle d une belle information que meme pas moésavions pas haha (c est-une farce )tres bien stucturé un info adéquois pour la culture des jeunes et moin jeune bravo pour ce manuscrit tres interessant salutation aux gens de la gaspésie xx

  • paul LAVIOLETTE

    Joanie. Merci d’avoir pris du temps pour composer ce beau texte sur mon village natal où je suis né, 67 années passées. J’y ai vécu les 14 premières années de ma vie avant que ma famille déménage à Montréal. Quels hivers rigoureux nous avions quand nous devions aller à l’école à pied. Je me rappelle de la rivalité au hockey qu’il y avait entre Caplan et St Alphonse où s’opposaient de très bons joueurs dans les deux camps. Je me rappelle être allé souvent en « snowmobile » de Bombardier pour aller porter le courrier à St Alphonse en passant par les champs tout enneigés; quelle belles randonnées pour un jeune garçon. Je me souviens être allé souvent à la pêche à la morue au large avec M. Evariste BOURQUE et d’être allé souvent avec lui pour « lever » les trappes à homards que nous mangions chez-lui dehors. Je me rappelle avoir vu de gros bateaux venir chercher de la « pitoune » (bois de construction). À cette époque nous avions un quai fort impressionnant et fort achalandé. Je me rappelle avoir « cordé » de la pitoune dans les wagons de train du CN, pitoune que nous allions chercher avec les MIOUSSE dans les rangs plus éloignés que St Alphonse. Je me rappelle avoir coupé le gazon de l’église pour 0.70 cents le samedi. C’était le curé RIOUX qui oeuvrait durant ces années-là. J’ai marché le village plusieurs fois dans les deux directions à partir de la route de la gare où nous demeurions. Ça me rappelle aussi que j’ai fait les « foins » chez Romuald ROBICHAUD,et récolté les patates. Ça me rappelle M.AUDET que j’allais regarder baratter le beurre à la beurrerie près de chez-nous; maintenant c’est devenu une maison à logements. Souvenir d’avoir été servant de messe pendant plusieurs années alors que le curé RIOUX officiait. Souvenir d’aller au cinéma du village écouter chanter les « cowboys » Roger MIRON, Marcel MARTEL, et cie qui venaient donner des spectacles. Ça me rappelle aussi avoir travaillé à l’ abattoir avec M. BUJOLD, à « plumer ». des cochons et aider à nettoyer les planchers et à la fin de la journée,rapporter des coeurs et des foies d’animaux comme salaire. Quand j’ai quitté mon village dans une boite de camion pour se diriger vers Montréal, mon coeur s’est déchiré car je voyais mon village disparaître petit à petit. Depuis les années 1966 je descends l’été en Gaspésie pour revoir mon beau village. Je me rappelle aussi être allé au 125è de Caplan. Que de beaux souvenirs me sont revenus en lisant le texte que tu as écrit. Félicitations pour ton travail.

  • Yves Lacasse

    Bonjour,Joanie
    Je me souviens de ton arrivée a Caplan,avec ta mere Johanne,tu était dans
    un petit carosse et ta mere travaillais au dépanneur du vieux moulin de riviere caplan,qui
    n’existe plus aujourd’ui, J’en était le propriétaire dans ce temps la.Tu aimais bien le chocolat.
    Bravo,pour ton reportage,mais l’historique de ce petit village est bien plus grande que ce que
    tu en as dit,on pourrait en écrire plusieurs chapitres,il s’agit d’en avoir le temps?

  • Gisele Dion

    Tres bien ecrit, felicitations! Je vais dans mon beau village aussi souvent que je peux et c est bien vrai que les paysages sont extremement superbes et les gens chaleureux. Belle description, encore une fois, Bravo!!!

  • Joanie Robichaud

    M. Yves Lacasse,

    Vous faites erreur sur la Joanie. Il y en a effectivement deux à Caplan. Je ne suis pas Joannie à Johanne, mais plutôt Joanie à Léo. J’ai quelques années de moins de celle que vous parlez et je suis bel et bien née dans cette magnifique municipalité.

  • jano robichaud

    tres tres vrais j ai des cousins et cousines ma mere est nee la une place vrai et jolie mon pere est nee a port daniel mon cousin a le clo de bois a caplam et sa fille le magasin general BRAVO et a cette ETE JANO

  • Yves Lacasse

    Mes sinceres excuses de ne pas m’etre renseigner s’il y avait 2 Joanie Robichaud a caplan
    ,mais en me disant,(Joanie a Léo) je vois bien que je me suis tromper.En espérant que vous
    ne m’en voudrai pas trop,je connais aussi tres bien vos parents.

  • Térez Babin

    WOW, que de souvenirs qui remontent à la surface en lisant ton magnifique texte. Je suis éblouie.

    Tout ce qui est dit est tellement bien raconté, je me souviens d’être aller m’asseoir sur le coin de la route pour St-Alphonse et cruiser les gars qui faisaient du pouce pour y retourner, que de souvenir.

    Et dans plus jeune temps, en 1975-1980, quand même, on se baignait à la plage du village, elle était la plus populaire. Il y avait un escalier de sculpter dans le cap chez M. Eddy Appleby. Seul les habitués y passait et en dernier les plus téméraires.

    Les attroupements en face de la tabagie chez M. Thomas (bedette) pis la crème molle.

    Merci pour raviver tous ces beaux souvenirs !!!

  • isabel

    Magnifique!!!!