Après deux articles percutants sur le docteur Barette et Manon Massé, diffusés sur notre blogue plutôt cette semaine, Péloquin fait son comique en dévoilant la source des promesses électorales.

La campagne se corse! Hier, Léo «  initiales B.B.  » lançait qu’il allait verser le quart de son salaire d’élu à des organismes communautaires. Une promesse électorale qui s’ajoute au boni de 100 M$ que la CAQ versera au ministère de la Culture. Homme politique généreux, François Legault fait aussi miroiter une baisse d’impôt surprenante. Pauline, de son côté, martèle toujours qu’elle annulera la controversée hausse des frais de scolaire alors que ‘tit Jean, lui, sort un joker de sa manche et annonce la création prochaine de 250 000 nouveaux emplois. Rien de moins!

Je ne sais pas pour vous, mais, moi, je me sens incroyablement désirable ces jours-ci. Comme la plus belle fille du bar ou, mieux encore, comme un Ryan Gosling, moins la veste reluisante, on m’observe du coin de l’oeil, on cherche mon attention et on me harcèle carrément.

Les politiciens cognent à ma porte pour me serrer la pince, leurs militants m’attendent tout près de la station de métro pour me remettre des photos coquettes de leurs candidats puis ils en rajoutent sur Facebook en affichant – pour la énième fois – la fameuse capsule vidéo de la candidate d’Option Nationale qui est tellement rafraichissante, belle comme un cœur, pis patati et patata. Mieux encore, on me chante la pomme (la pièce est horrible, mais c’est l’intention qui compte) et, cerise sur le sundae, François Legault – telle une ex sur le rebond – va carrément jusqu’à m’inviter à prendre un café.

Qu’on soit de gauche, de droite, vert, rouge ou beige, toutes les promesses électorales découlent d’une même stratégie qui, à la base, n’est même pas politique. Je parle bien sûr de One Night; un guide de séduction – rédigé par un soi-disant spécialiste surnommé Sniper – qui a été publié l’année dernière et distribué dans des dépanneurs Couche-Tard.


À la lecture de ce guide – trouvé sur un bureau au boulot, promis juré! -, plusieurs stratégies par le baiseur en série ressemblent à s’y méprendre aux promesses des actuels prétendants au pouvoir.

Ainsi, à la page 9, Sniper recommande d’attendre quelques secondes avant de tendre une perche explicite à la cible lors d’une conversation. On se rappellera que ‘tit Jean a attendu pendant des semaines avant de finalement se manifester au sein de la crise étudiante «  pour ramener l’ordre  ». À la page 16, l’auteur glisse qu’imiter les gestes de la victime (comme se passer la main dans les cheveux, par exemple) la convaincra qu’une certaine chimie prend forme. La photo de François Legault jouant à la pétanque, tout sourire, vient bien évidemment en tête. «  C’est un gars du peuple. Comme nous! J’vais voter pour lui!  »

C’est quand même surprenant de constater qu’au moment où on réinvente le moyen de faire de la politique (non content de se couvrir de ridicule lors de visites officielles, les candidats s’enfoncent aussi sur Twitter), les bonnes vieilles promesses électorales, elles, sont toujours aussi séduisantes… et aussi prévisibles qu’un satané guide de «  cruise  » retrouvé entre la machine à sloche et l’étalage de «  beef  jerky  ».

Est-ce qu’on tombera dans le panneau le s’quatre septembre prochain? J’espère que non…

Photo: Ish Frost