D’origine torontoise, Andrew Emond connaît mieux Montréal que bien des Montréalais puisqu’il en explore les dessous depuis six ans.

Comment avez-vous commencé à vous intéresser aux égouts de Montréal?
En tant que photographe, je voulais montrer la ville sous un nouvel angle, et je savais qu’une métropole aussi vieille que Montréal devait avoir un sous-sol intéressant. C’est une façon de comprendre comment une ville fonctionne et comment elle a évolué.

Qu’est-ce que nos égouts racontent sur l’histoire de Montréal?
Beaucoup de choses. Les égouts sont un reflet de l’évolution de la technologie parce qu’ils ont été développés aux époques où les quartiers se développaient. Alors que les quartiers ont évolué, les égouts, eux, sont restés les mêmes. Ça nous apprend aussi comment on a traité l’environnement au fil du temps.

Comment?
Plusieurs égouts étaient d’abord des ruisseaux ou des rivières, la rivière Saint-Pierre, par exemple. Elle coulait d’où se trouve maintenant le musée Pointe-à-Callière vers Côte Saint-Luc. Cette rivière est devenue polluée, parce que tout le monde jetait ses déchets dedans. On n’a pas eu le choix de la transformer en égouts. Ça nous a pris du temps à comprendre qu’il ne fallait pas polluer les rivières.

Notre sous-sol est-il plus beau que notre sol?
Oui, nos égouts sont en bien meilleur état. Le béton de l’extérieur fait face à toutes sortes de changements de température, alors que le sous-sol est toujours pas mal à la même température.

Est-ce que ça pue là-dedans?
Non. Ça ne sent pas la merde, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Ça sent surtout l’humidité et la lessive, à cause des laveuses et des douches.

Comment vous dirigez-vous dans le souterrain montréalais?
J’ai des cartes, que j’ai prises aux archives de Montréal et dans les bibliothèques, mais elles en disent très peu. Sur les anciennes cartes de la ville, on peut voir où étaient les rivières, ça nous donne des indices sur la trajectoire des égouts.

Comment faites-vous pour entrer dans les égouts?
J’utilise les trous d’homme, dans les parcs. Ce n’est probablement pas légal, mais j’estime que je fais un usage raisonnable des égouts montréalais, puisque je ne fais aucun dommage, je respecte les lieux et je documente mes expériences pour le bien de tous sur mon site, Undermontreal.com.

7000 km : longueur du réseau d’égouts de Montréal. Là-dessus, 150 km ont été construits il y a plus de 120 ans.

  • Phiphi

    Ah!… Ces explorateurs urbains, toujours les premiers à chialer ou bitcher quand il y a des p’tits nouveaux qui viennent jouer dans leurs endroits secrets ou la police qui vient fermer et surveiller les accès, mais aussi toujours les premiers à se battre pour montrer leur face dans les médias ou créer des blogues avec le max de photos.

  • Robert

    Bon commentaire. Mais toi PhiPhi tu a quoi comme passion que tu ne va jamais publier. Les villes ne peuvent pas surveiller les accès aux égouts. Ils sont si faciles d’accès tout comme les hôpitaux. Entre dans un hôpital et essaie de voir combien de portes tu peut ouvrir sur tous les étages sans être importuné par le personnel. Tu sera surpris de constater de la faiblesse de la sécurité dans ces institutions. Alors imagine du contrôle que l’on peut faire de l’accès aux égouts