manif22mai

Après l’événement, voici la critique de l’adaptation cinématographique à venir de la troisième grande manifestation du conflit en cours. Un suspense politique québécois interminable (100 jours, faut le faire!) et qui tourne malheureusement en rond.

Après le succès derrière La manifestation du 22 mars et 22 avril : Manif’ encore plus, il était évident que les manifestants contre la hausse des frais de scolarité allaient renchérir avec un troisième épisode (le dernier d’une trilogie? Ça reste à voir). Malheureusement, 22 mai : on est foutrement plus que 50 fait figure d’ovni en cette période de « blockbusters » estivaux où la pétarade, la baston et les phrases « punchées » à la « Les deux mains sur le volant » pleuvent.

Parmi les points forts de l’œuvre, notons une distribution revigorée par Michelle Courchesne (qui remplace une Line Beauchamp qu’on devinait sur le pilote automatique depuis le deuxième épisode), Jean-Marc Fournier (nouveau vilain de service – ex aequo avec la fameuse loi 78 – qui cabotine raide avec des répliques dignes d’un vaudeville comme « La désobéissance civile, c’est un beau mot pour dire vandalisme») et l’Anarchopanda (qui pourrait bien rivaliser avec Jean Barbe et CUTV pour le titre tant convoité de mascotte du mouvement).

Hélas, Manifestation III : marche plus fort manque cruellement de nudité, de casse et, surtout, de moments jambon à la « Tin! Dans les fesses mon câlisse! » Vous savez, quand le sujet « chaud » qui découle d’une manif’ est une pancarte niaiseuse insultant Sophie Durocher au passage, vous vous dites que c’était paisible en titi comme marche (et c’est tant mieux, bien sûr).

Bref, en dépit de l’effusion de bons sentiments – souvent filtrés par Instragr.am -, un vide demeure…

Où était M. Charest?

À l’image du fameux Voldemort (bouclettes et nez en plus), le premier ministre se fait beaucoup plus inquiétant lorsqu’il dose ses apparitions alors que la saga atteint son paroxysme. Bien sûr, dans les heures précédant les événements d’hier, celui-ci s’est dit déçu de la position de la CLASSE (un leitmotiv maintes fois souligné lors des épisodes précédents) en plus de mentionner que les touristes visitant Montréal ces jours-ci pourraient faire la part des choses. Finalement, il a aussi ajouté que « la porte restera toujours ouverte » pour des négociations avec les étudiants.

… et c’est tout!

Pourtant, Léo Bureau-Blouin (qui est en voie de devenir la nouvelle coqueluche de la série) a indiqué qu’une demande de rencontre est demeurée lettre morte plus tôt cette semaine. Est-ce que le logiciel de courriels de la ministre Courchesne déconne? A-t-elle de la misère avec son cellulaire? Le scénario de La (troisième) grande manifestation n’explore malheureusement pas ce rebondissement…

Ainsi, malgré de belles images et une trame sonore remarquablement ponctuée de bruits de casseroles et de slogans solidaires entonnés haut et fort, on aurait apprécié un montage plus dynamique, alternant entre les revendications dans la rue et de longues séances de négociations dans un bureau enfumé afin de, finalement, faire avancer la trame narrative, voire la conclure.

4 étoiles sur 5. À l’affiche dans les rues tous les soirs (surtout à Montréal et sur Twitter).



Pour suivre André sur Twitter (pas plus que 49 à la fois S.V.P.) : twitter.com/andredesorel

  • Anne

    « C’est l’aviron qui nous mène qui nous mène… »