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Qu’on se le dise, une grève, c’est rarement le fun; même lorsqu’elle est étudiante.

Oui, ça fait de belles photos de profils Facebook, Claude Legault va triper sur ton cas et Malajube montera sur les planches pour
t’encourager, mais ça fout aussi en l’air une routine et ton petit
confort, boire de la sangria sur une terrasse créera des malaises puis le gars avec la « soul patch » qui joue toujours la damnée toune de Vallières à la guitare dans les partys va adapter son « tube » pour l’occasion…

Alors que les médias de tout acabit couvrent les moindres faits et
gestes entourant la grève (pour l’actualité? La cause? Google
Analytics!?) et que les trois quarts du bottin de l’UDA arborent le
carré rouge, le gouvernement, lui, ne cède pas. Les lignes de
piquetages, elles, ne bougent pas d’un poil. L’immobilisme est tel que la présente grève étudiante deviendra encore plus historique cette semaine alors qu’une poignée d’associations étudiantes dépassera le cap des 52 jours de grève atteint lors du conflit de 2005.

Ainsi, j’en ai marre de cette grève, car le fameux printemps érable perd de ses feuilles. Déjà que le débat était risible (les arguments à la « je, me, moi » et « t’as juste à moins boire de bières en portant un manteau Canada Goose quand tu t’achètes un iPhone dans le Sud » ne faisant pas le poids contre les idées de grandeur des « rouges »), le mutisme du gouvernement, lui, est lourd et donne la nausée.

Line, fais ta job, bordel!

Raconte sur toutes les sapristis de tribunes de la planète que « c’est les étudiants qui ont quitté la table de négociation en 2010 » pis patati et patata, mais le fait demeure : c’est toi l’adulte dans le lot. Mets tes culottes! Une table, deux chaises, un crayon, du papier pis un gallon de café. C’est tout ce que ça prend. C’est des étudiants, mais aussi tes (futurs) électeurs.

J’en ai marre de cette grève, car l’opportunisme et l’égoïsme de
quelques-uns entachent la beauté et l’idéalisme déployés par plusieurs.

Laurent Proulx, j’espère que ton cours d’hier après-midi était vraiment tripant, car la haie de déshonneur qui t’a accompagnée jusqu’à ton pupitre te collera aux fesses bien après la fin de ce conflit. T’es passé par un palais de justice pour contourner un piquet de grève, mon vieux! Tout ça pour que tu puisses avoir droit à ton diplôme dans les délais prévus pendant que tes collègues – autant les « verts », que les « rouges » ou les « bleus avec des picots bruns » – subissent la grève.

Si tout va bien, toi et tous tes copains qui manoeuvrent de la sorte
aurez votre diplôme dans les temps. Votre petit bonheur sera intact, mais à quel prix? Ne sais-tu pas que cette démarche en révèle plus sur ta personne qu’un bout de papier avec le logo de l’Université Laval? Crois-tu vraiment que l’expérience universitaire se limite à se pointer en cours, faire des examens puis rentrer à la maison? On parle d’études supérieures, pas de la commande à l’auto du Tim Hortons, mautadine! La grève est, en soi, une expérience formatrice. Dommage que cette leçon te
soit passée dix pieds par dessus la tête…

J’en ai marre de cette grève, tout comme la bande de Jeanne Reynolds et de Gabriel Nadeau-Dubois, tout comme le monsieur ou la madame invisible qui remplace Arielle Grenier comme tête d’affiche du MESRQ et tout comme je maudissais le conflit de 2005 qui m’aura quand même permis de rencontrer des gens que je côtoie toujours aujourd’hui et de m’injecter une bonne dose de valeurs humaines.

Comme je me disais à l’époque, j’en ai marre de cette grève, mais ce n’est pas une raison pour flancher.

  • Alexandre

    Au Québec nous avons les frais de scolarité les plus bas au Canada depuis plus de 30 ans et pourtant nous sommes devenu la province la plus pauvre, la plus endettée et la plus taxée. Est-ce que nous investissons dans des secteurs qui ne rapportent pas richesses pour la province? Comme tout le monde je veux des soins de santé gratuit, l’université gratuit, les garderies gratuites, des belles routes, une pension en or, faire payer les entreprises et le riches, que l’état prenne soins de mes vieux etc, etc, etc…

    Je suis heureux de voir que l’élite (faculté de médecine, ingénierie, administration ou autre domaine notable) ne supporte pas cette grève. Ils comprennent que avec 245 milliars de dettes au provincial (100% du PIB) plus notre quote part du Féderal 38% du PIB, fait que si nous étions un pays, nous serions le 3ieme pays le plus endetté apres le Japon et la Grèce. Oups… La Grèce est en fallite.
    Je comprends qu’il n’y a pas de place pour tout le monde à l’université pour les secteurs contingentés et grâce à la gratuité, cela permet à plusieurs jeunes de viellir sur les bancs d’école et de prendre un peu de maturité avant d’affronter le marché du travail. Ils pourront par la suite se trouver un emploi qui dans bien des cas n’est pas connexe au domaine d’étude pourvuivi.

    D’un autre côté, la majorité des étudiants qui font des études notable proviennet de familles les plus nantis du Québec. Bien qu’ils ont largement les moyens de couvrir le double de la hausse proposée, le gel permettra de maintenir l’écart entre les deux classes de la société. C’est un fait que les fils ou filles de medecins, avocats, comptable ou ingénieurs feront des études dans le même domaine familliale. La classe moyenne continuera donc de payer les études des plus riches, ce qui explique peut-être en partie le fait que les riches s’enrichissent.

  • Sabrina

    @Alexandre

    N’oublies pas les gens qui seront chassés des bancs d’école après la hausse ne sont pas que les plus pauvres. Dans certains domaines d’études, on ne peut pas accepter de se faire dire que l’éducation postsecondaire est un investissement financier. C’est mon cas (je fais un certificat en musicologie). C’est aussi le cas de certaines sciences sociales, de la plupart des sciences fondamentales, de tous les domaines de la culture, de la philosophie, etc.

    Mais qui va payer 5000$ pour un certificat en musique ? Autant choisir un domaine où on sera certains de pouvoir rembourser cette maudite dette. Moins de musiciens, plus de médecins. Moins de philosophes, plus d’économistes. Moins d’acteurs, plus de politiciens. Déséquilibre.

    Dans six ans, le certificat en culture musicale de l’université Laval ne se donnera probablement plus. Personne n’en voudra. Et dire que j’ai emménagé à Québec de Montréal rien que pour ça!

    Tous les ministres de l’éducation du Québec depuis 1960quelques ont tout tenté pour rentabiliser davantage les université sans toucher aux frais de scolarité, car les conséquences du dégel sont lourdes. On dirait que le Québec ne s’en rappelle plus.

  • Alexandre

    Sabrina
    Les impôts doivent servir à couvrir les besoins qui touche toute la population tels que la santé, les routes, l’éducation primaire et secondaire, et j’en passe. Ceux-ci ne doivent servir à payer des études pour une minorité qui seront pour la plus part les mieux nantis du Québec, plusieurs BAC sont en faits des études dans un hobby ou passion et n’apporte aucune sinon peu de valeur au PIB du Québec. Plusieurs trouveront un emploi non connexe a leurs études, je refuse de payer pour ceux-ci comme je refuse de payer ou financer les BMW des futurs medecins, ingénieurs, comptable et avocats….

    Je suis malheureusement pour l’équité sociale.

  • cosmonaute

    Pourquoi pas, ce billet d’humeur. Mais en même temps, pourquoi? L’auteur n’y pose aucune question… et n’y répond à rien.

    Je ferai une simple remarque, à une phrase qui m’a fait bondir.

    Les étudiants sont des adultes. La question qui se pose n’est pas de savoir si Line la pô fine doit « mettre ses culottes  » (que c’est joli et fin) et faire l’adulte face à ce que vous considérez donc comme des gamins…

    Je suis étudiante de doctorat et j’ai 32 ans. Mon voisin, lui, est ingénieur. Il a 35 ans. Ma collègue (ben oui, les étudiants sont en majorité AUSSI des travailleurs et en totalité des payeurs de taxes… qu’on se le dise, merci) a 47 ans et est informaticienne.

    Nos points communs? nous faisons partie de ces « carrés rouges ». Et je pense n’avoir aucune leçon de maturité ou de comportement adulte de la part de madame Beauchamp.

    Il faudra noter que nombreux ceux, dans la rue, qui ont bien plus de diplômes et de pertinence que les brillants qui les conspuent… du genre de ce grand intellectuel de Martineau ou de ses copains génies du Journal de Montréal, et plus largement, de l’empire P-K Pédalo.

    Infantiliser des citoyens, leur ôter leur pertinence d’acteurs de la société, c’est un des grands sophismes des régimes fascistes.

    Car oui, l’université, ça sert. En particulier à ne pas reproduire les mêmes discours, les mêmes techniques, les mêmes conneries que les pires des régimes qui se soient mis en place.

    Parce que quand on voit Martineau citer dans le texte les penseurs de l’extrême droite française, qui plus est collaborateurs du régime nazi, on se dit qu’il y en aurait qui feraient bien d’y retourner, à l’université… voire d’y aller tout court.