L’artiste hollandaise Looove Tinkebell a tué son chat dépressif pour en faire un sac à main. C’était la première œuvre qu’elle produisait avec un animal mort.

Depuis, elle a conçu toute une série d’œuvres à l’aide d’animaux empaillés. Des animaux morts naturellement ou par accident. Son but est d’emmener les gens à se questionner sur l’utilisation que l’on fait des animaux.

Évidemment, Looove Tinkebell, avec ses lunettes roses et son style angélique, suscite la colère dans les forums de protection des animaux et l’artiste a même compilé quelques extraits des courriels haineux qu’elle reçoit dans un livre de 800 pages. De gentils courriels du genre : «You funken cunt freak I hope you get made into a purse go to hell freak».

J’adore l’artiste Looove Tinkebell parce qu’elle chicotte exactement ceux qui ont besoin d’être chicotés. Ceux qui prennent rarement le temps de réfléchir au-delà de leur première réaction. Ceux pour qui un lapin transformé en lapin jouet n’a rien à voir avec leur steak haché ou leur sac à main en cuir. Je crois que son travail est nécessaire.

Ceci dit, l’Internet offre une kyrielle d’alternatives à ceux qui ne pourraient pas se rendre à Amsterdam. Des coyotes mortsUne photo dénonçant le racisme chez McDonald’s.  Et une autre révélant que du poulet broyé, eh bien, c’est rose.

Une fois, sur l’Isle verte, j’avais rencontré le propriétaire du Musée du squelette, probablement la personne qui aime le plus les baleines et les phoques au monde. Je lui avais demandé ce qu’il pensait de Brigitte Bardot. «Elle voit la nature comme si c’était un film de Walt Disney», m’avait-il répondu. «Au lieu de croire, elle devrait tenter de connaître. C’est tellement facile de croire, alors que connaître, c’est difficile, ça implique des recherches». Lui était assez pour la chasse aux bébés phoques.

Bon, c’est de moins en moins difficile, avec des sites comme Snopes.com, de ne pas se faire prendre par des rumeurs insolites qui nous accrochent au cœur et nous donnent envie de déchirer notre chemise. Suffit surtout d’être capable d’aller au-delà de sa réaction première.

Durant un souper de famille, cette semaine, ma marraine, sainte femme, a redit (car elle l’avait déjà dit) que j’étais une personne secondaire. C’est un très beau compliment. Dans ses mots à elle, ça veut dire que, tel un sage sur son nuage de sagesse, je prends toujours le temps de philosopher un brin avant de réagir.

La semaine dernière, toutefois, j’ai cédé à la tentation émotive. J’ai voulu vous parler «avec mon cœur» de mon petit restaurant du coin.  Eh eh, on ne me l’a pas laissée passer celle-là, même si j’y avouais candidement ne pas être outillée pour commenter le débat. On ne m’y reprendra plus. Dorénavant, je n’écrirai qu’avec ma tête. D’ailleurs, je souhaite la bienvenue à René Angélil, qui, selon le Huffington Post, , aurait pris des parts dans l’iconique charcuterie hébraïque Schwartz’s. Mon cœur s’est d’abord inquiété, mais ma tête s’est rappelé que ce n’était pas la première fois que Schwartz’s était vendu, et que les jours du smoked meat montréalais n’étaient pas nécessairement comptés.