Voici quelques définitions pour démêler la petite peur de la grosse phobie, ainsi qu’une présentation des phobies parmi les plus courantes.

Peur

État émotionnel occasionnel qu’on éprouve en pensant à un danger (réel ou supposé), ou en y étant confronté. C’est une réaction humaine — et donc tout à fait normale — d’adaptation, qui a pour but de nous protéger en mettant le corps et l’esprit dans un état d’alerte en vue d’agir rapidement. Par exemple, on peut avoir peur de regarder un film réalisé par Yves Desgagnés (danger réel) ou peur de se retrouver assis à côté de lui à l’occasion d’un vol Montréal-Singapour (danger supposé).

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Phobie

Dérivé du grec phóbos (qui signifie « frayeur »), ce mot désigne la peur démesurée et irrationnelle d’un objet, d’une situation ou de l’accomplissement d’une action. Elle entre dans la catégorie des troubles anxieux et cause, contrairement à la simple peur, une véritable angoisse à la personne qui en souffre. Résultat : celle-ci tentera d’éviter, par tous les moyens possibles, la situation ou l’objet redouté. (Bref, non, c’est pas drôle de montrer des vidéos de chrysalide qui éclot à un ami qui souffre de lépidophobie, ou la peur des papillons — une phobie certes inusitée, mais beaucoup plus courante qu’on pourrait le croire.)

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Phobie spécifique ou sociale?

Touchant 10 % de la population, ces deux formes de phobies sont les plus fréquentes. La phobie spécifique est une crainte liée à un objet ou à une situation précise ; par exemple, on peut avoir peur du fromage (turophobie) ou de conduire un véhicule (amaxophobie). Quant à la phobie sociale, elle est associée à certaines activités impliquant d’autres humains — ahhhh, cette chère société… —, durant lesquelles la personne craint de se sentir humiliée, embarrassée ou jugée. Quelques cas classiques : devoir faire un exposé oral ou un discours ; assister à une réunion familiale ; manger en public ; subir un entretien d’embauche…

Hypocondrie

Inquiétude permanente et excessive concernant la santé et le bon fonctionnement du corps et des organes — un sentiment qui peut aller de la simple anxiété à la psychose et qui hante 5 % de la population. La personne qui en souffre vit dans la crainte d’être atteinte d’une maladie grave et multiplie les visites chez le médecin. Les tests négatifs ne l’empêchent généralement pas d’en réclamer de nouveaux ou, même, des interventions chirurgicales en vue de « régler le problème ». Quelques hypocondriaques notoires : Argan, personnage principal du Malade imaginaire, de Molière ; Vada dans le film L’été de mes 11 ans ; Georgette dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

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Claustrophobie

C’est la peur des espaces clos (un ascenseur, par exemple), des petites pièces et de l’enfermement. Certains claustrophobes redoutent même de prendre place dans une voiture ou dans le métro, ou même de passer dans un tunnel ou un sous-sol. Ils ne sont pas nécessairement effrayés par l’endroit en question : ils appréhendent plutôt ce qui pourrait leur arriver s’ils s’y retrouvaient coincés. Le film à éviter à tout prix pour ces personnes (qui comptent pour 5 % de la population) : Buried (2010), dans lequel l’acteur canadien Ryan Reynolds est emprisonné du début à la fin — 90 longues minutes au total — dans un… cercueil situé en plein désert irakien. Ouf.

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Arachnophobie

L’arachnophobe est effrayé par les araignées et d’autres spécimens de la famille des arachnides, comme les scorpions et les acariens. Cette phobie peut le forcer à quitter la pièce où il aperçoit une araignée ou à appeler quelqu’un à l’aide pour éliminer la pauvre bestiole. Un mal principalement occidental : en Asie et en Afrique, les araignées sont en effet vénérées et respectées. Il faut bien reconnaître que de ce côté-ci du globe, la culture populaire — film d’horreur Arachnophobia et araignées mangeuses d’hommes dans le roman Bilbo le Hobbit en tête — n’aide en rien leur cause…

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Aviophobie

Terme employé pour désigner la peur des avions (ou des voyages effectués de ce moyen de transport), qui paralyserait jusqu’à 40 % des adultes partout dans le monde, avance l’Organisation de l’aviation civile internationale. Kemal Sunal, un acteur d’origine turque, est même mort en 2000 des suites d’une crise cardiaque causée par l’aviophobie… Cette frousse peut être une conséquence directe d’autres phobies, comme la claustrophobie (la peur des espaces clos), l’agoraphobie (espaces publics) ou l’acrophobie (hauteurs). Certains organismes et compagnies aériennes, dont Air France, offrent des stages visant à vaincre cette phobie.

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Bélonéphobie

Contrairement à ce que son nom laisse suggérer, il ne s’agit pas de la peur des charcuteries de type saucisson de Bologne (bien qu’à nos yeux, il y ait lieu de les craindre…), mais plutôt de celle des aiguilles — et, par extension, des prises de sang, de l’injection de médicaments et de vaccins, etc. Souvent à l’origine de malaises vagaux, ce type de phobie se révèle un obstacle particulièrement considérable pour les femmes qui ont recours aux traitements de fertilité en vue d’avoir un enfant, étant donné qu’elles doivent se plier à plusieurs examens biologiques nécessitant des prises de sang.

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Acrophobie

On parle ici de la phobie des hauteurs, ou, plus spécifiquement, de la crainte incontrôlable d’être placé à une certaine altitude même en étant sécurisé. Il ne faut pas la confondre avec le vertige, cette sensation passagère qu’on ressent entre autres en regardant en bas d’un balcon ou en prenant place dans un manège à La Ronde. Entre 2 et 5 % de la population souffrirait d’acrophobie, un mal qui touche les femmes deux fois plus que les hommes — et, accessoirement, l’humble auteur de ces lignes (Seigneur Dieu qu’on est bien pareil sur la terre ferme !).