J’ai un secret à vous confier: j’adore la pizza Domino’s. Votre avis sur qui fait la meilleur pizza au Québec ou à savoir si Domino’s c’est de la pizza ou non n’y changera rien. Vendredi soir après le boulot, j’ai pas envie de cuisiner alors y’a de fortes chances que j’y fasse ma commande habituelle : une douze pouces pepperoni-fromage (extra pepperoni, s’il vous plaît) avec un pain à l’ail.

C’est exactement ce que j’ai fait vendredi dernier en regardant la très attendue nouvelle saison de la série Américaine Stranger Things, mettant en vedette une bande d’enfants comprenant une jeune fille avec des pouvoirs télékinétiques. M’enfin, vous savez de quoi je parle. Tout le monde a vu (et aimé) la première saison Stranger Things. Ou entendu parler. Ça avait mis les internets en feu l’an passé.

Fait que, la deuxième saison de Stranger Things, c’est tu bon? Pour faire une histoire courte, oui. Pour vous donner un exemple, c’est comme si j’avais commandé une all-dressed croûte mince avec des bâtonnets de fromage chez Domino’s. C’est encore très bon, mais juste un peu moins. Fallait s’y attendre. C’est une suite directe de la première saison visant à en clore les événements. Un peu comme si les frères Duffer avaient coupé leur histoire en deux, question de faire durer le plaisir. Le facteur nouveauté n’y est plus, mais on renoue avec des personnages qu’on n’avait simplement pas le goût de quitter.

Mais encore…

Les bons coups

La raison pour laquelle tout le monde est tombé en amour avec la première saison de Stranger Things est simple: elle prend l’enfance au sérieux. Elle n’est pas un handicap à surmonter pour Mike, Dustin, Lucas et Will, mais plutôt une force qui les aide à comprendre et à accepter la possibilité d’une menace surnaturelle. Les personnages de la série utilisent des références tirées du jeu Donjons & Dragons, Eleven explique le Monde-à-l’envers à l’aide d’une planche de jeux. L’imagination est une arme, la science et le baratin d’adulte, une béquille intellectuelle ayant pour but d’expliquer l’inexplicable.

Stranger THings 2

Dans Stranger Things, être un enfant c’est une force.

La deuxième saison continue d’explorer cette fascinante thématique de manière tout aussi ambitieuse. Notre ami Will (le pauvre p’tit coeur avec la coupe de cheveux pageboy) est malade. Il souffre de visions et de cauchemars qui l’isolent émotionnellement de ses amis. Le diagnostique officiel : stress post-traumatique en lien aux événements de la première saison. La science (le monde des adultes) recommande un suivi psychologique, neurologique ainsi que beaucoup d’amour à la maison. Ce n’est d’ailleurs pas ce qui manque à Will, qui est entouré de sa mère Joyce, son grand frère Jonathan et de Bob, le nouveau copain de Joyce qui souhaite vraiment faire partie de leur clan.

Or, les visions de Will n’ont rien à voir avec le stress post-traumatique. Il a bel et bien une connexion inexpliquée avec le Monde-à-l’envers depuis les événements de la première saison et y voit ce qui y se trame malgré tout. Le souffre-douleur officiel des frères Duffer se retrouve donc coincé entre une équipe de scientifiques qui ment à sa famille afin de continuer à l’étudier et un beau père qui lui offre une trallée de conseils sans vraiment comprendre la situation dans laquelle il se trouve. Sa seule porte de sortie? Ses chums qui comprennent trop bien ce qui se passe.

C’est ce que j’ai le mieux aimé à propos de cette deuxième saison de Stranger Things. Cette tension entre le monde des adultes et une menace dont seuls les enfants semblent comprendre l’importance. Oui, c’est très similaire à la première saison, mais c’est plus gros, plus dangereux et plus important.

Clin d’oeil aussi à Billy, le nouveau bad boy officiel de la ville de Hawkins, Indiana, affublé d’une glorieuse coupe Longueuil et à sa demi-soeur Maxine, la nouvelle membre de la bande de Will, Mike, Dustin et Lucas. Ce sont des personnages secondaires, mais leur histoire est bien réelle et présente au coeur de l’intrigue de Stranger ThingsAlors que les p’tits gars sont aux prises avec des monstres inter-dimensionnels, Billy donne un air de menace bien senti et surtout bien réelle à leur vie de tous les jours. Avoir un bon méchant, c’est la clé d’une bonne série et Billy est le meilleur méchant que Stranger Things ait connu à date.

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Les moins bons coups

Et Eleven dans tout ça?

Exactement.

Sans rien dévoiler de ce qui attend celle qui fût la darling de la première saison, c’est assez décevant. Elle ne semblait tout simplement pas dans les plans des frères Duffer et ils passent beaucoup de temps à ne pas lui faire faire grand chose. Et pourtant, l’occasion était belle d’en faire le personnage central de la deuxième saison. Ce n’est pas le cas du tout. L’histoire de Stranger Things 2 n’est pas mauvaise, loin de là, mais le fan fini d’Eleven en moi est fru. Même chose pour Mike qui prend un rôle de soutien malgré les récents succès du jeune acteur Finn Wolfhard au grand écran.

Le traitement de Hopper est également très décevant. Celui qui s’était établi comme un adorable anti-héros l’année dernière devient violent, confus et un tantinet creepy cette année. Il se met inexplicablement dans’ marde pour que des choses se passent et ça, c’est un péché mortel en fiction. Je crois que dans ce cas aussi, les frères Duffer en étaient conscients et on réduit son rôle au minimum possible (l’histoire aurait très bien pu fonctionner sans lui, en fait).

Donc, est-ce que ça vaut la peine de regarder la deuxième saison de Stranger Things? Absolument. Ne vous attendez pas à la même magie que l’an dernier, mais vous allez renouer avec (la plupart) des personnages avec lesquels vous êtes tombés en amour l’an dernier, et quelques nouveaux qui vous donneront le meilleur d’eux-mêmes. À en juger par la qualité de l’écriture, il semble y avoir encore un avenir pour la série Stranger Things, tant qu’elle demeure événementielle.

À regarder en couple avec une bonne pizz ou un baril de PFK!

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