Selon Hugo Mudie, le CD est mort. Personne en achète. Les critiques aussi sont morts. Ils ne servent plus à rien. On peut écouter ce qu’on veut quand on veut. Pas besoin que personne vous dise ce qui est cool et ce qui l’est pas. Pas besoin de suivre personne. Vous pouvez enfin écouter ce que vous voulez, sans vous soucier de savoir si URBANIA à donné 2/5 ou 4,5/5. C’est donc le moment parfait pour Hugo de réinventer la critique de disque.

Le CD est mort, vive la musique. Cette semaine, un voyage dans l’univers que lui a inspiré Heaven Upside Down du monstre blasé Hollywoodien, Marilyn Manson. 

 

J’allais à Los Angeles pour danser. J’avais connu une fille qui était venue à Trois-Rivières au même bar que moi, on était devenues chums, pis elle m’avait dit qu’elle pouvait me hooker up quand je voulais là bas. Ça payait plus qu’ici selon elle, pis en USD, mais les proprios de bars étaient fucking shady pis ils tripotaient et traitaient les filles comme de la marde. Mais y’avait moyen de faire le party en malade et de ramasser un bon 600-700$ par soir.

J’avais rien ici: mon p’tit criss de chien qui me faisait chier plus que d’autre chose pis une couple de morons avec qui je baisais pour passer le temps et ressentir de quoi.

J’suis allée là bas. J’ai dansé. J’me suis fait pogné le cul par Ron Jeremy un soir. On m’a proposé de faire de la porn à peu près 60 fois et j’ai fait le party dans la maison de Nick Nolte et y’avait des weirdos white power pis des blacks dans même place. J’ai sucé un gars qui avait une graine grosse comme 2 cannettes de Four Loko mises une par dessus l’autre. Il m’a invitée à un autre party le vendredi suivant chez un joueur de football. Il m’a dit qu’il y aurait plein de rockstars et que j’aimerais ça (il a catché avec mon t-shirt des Misfits pis mes tattoos que je trippais sûrement plus rockstar que joueur de sport).

Le Vendredi

Je suis arrivée et j’étais mal à l’aise. J’étais toute seule et personne me regardait vraiment. Le dude avec les 2 Four Loko dans les pants m’a saluée, mais timidement. Il y avait 4-5 guédailles en joggings Juicy Couture avec lui. J’pense qu’il avait honte de la white trash que j’étais. J’men crissais raide. J’ai reaché dans ma sacoche et j’ai trouvé le bag de poudre que j’avais et je l’ai tenu dans mes mains jusqu’à ce que je trouve les toilettes. Ma main suait sur le bag.

En cherchant je suis tombé sur Marilyn Manson. Je capotais un peu, mais il avait l’air plus normal que je pensais. Y’avait pas d’œil blanc ou des lambeaux beige comme linge ou des faux totons bleus ou rien de ça. Y’avait un jacket Adidas léopard, pis des jeans assez normaux. Il parlait avec un dude beaucoup plus petit et frisé, qui était de dos à moi. J’me suis retournée, j’ai fait une clé de poudre et j’ai sorti mon cell pour faire croire que je textais quelqu’un mais j’écoutais la conversation :

Marilyn : Man j’suis content de te voir ici, ça faisait longtemps en criss. La dernière fois c’était au mariage de Vince, right?

Dude Frisé : Yeah, fuck c’était drôle! Tu te souviens, Spade avait essayé de faire de la magie à cinq heures du matin en enlevant les nappes sans faire tomber la vaisselle sur une fucking grosse table! Sul gros smack.

Marilyn : Hahaah…ouch ouch ouch ! Fuck, fais moi pas rire, je peux pas rire, j’ai été opéré récemment, j’ai fucking mal partout. Au moins j’ai de la fucking mooooorphine!
Dude Frisé : Oh morphine! J’peux en avoir? Je l’écrase pis la sniffe, c’est smooth. Mais tu t’es fait opéré pourquoi?

Marilyn : Les côtes…j’me suis fait enlevé la K9 et la K10 de chaque bord.

Dude Frisé : Tu me niaises?! Pourquoi? Y’étaient brisées ou quoi? What the fuck?

Marilyn : Non hahah, c’est gênant un peu, mais quand j’étais à mon poids santé pis que j’entraînais pas trop mes abdos, j’étais capable de m’auto sucer. Pis j’suis venu à vraiment aimer ça. Au lieu de me crosser, je fait ça, c’est comme cent fois mieux. J’suis pas le seul là, Depp fait ça aussi, faut que tu ailles une graine d’au moins 7.5’’ par contre…pis je sais que c’est pas ton cas, Savage! Hahaha.

Savage ( je sais maintenant que le gars se nomme Savage ) : Fuck man t’es super weird! Aweille donne moi un peu de morph.

Marilyn : Bah, weird ou pas, j’men criss un peu. Asteur, même si je prends du poids un peu j’vais être capable de m’auto sucer pis m’a te dire une affaire j’me suce moi même pas mal mieux que la plupart des p’tites goth d’Arizona que j’me pogne au Rainbow!

Savage : T’es un fucking brulé Josh!

Marilyn : Ta yeule Fred, appelle-moi pas Josh, tu le sais que j’ai tué Josh. Au pire Brian, mais pas fucking Josh. Personne le sait à part toi, Neal pis Carol. Toutes les autres ont crus à toute l’histoire. Y’a rien que j’ai plus honte dans la vie que cet ostie de rôle atroce. Je suis Marilyn Fucking Manson.

Savage : Alright, on fait de la blow.

À ce moment, Fred Savage se retourne vers moi. Il est quand même cute. Il à un sparkle dans les yeux et j’ai le goût de le prendre dans mes bras, pour le protéger contre son ostie de frère baveux Wayne, même si je sais très bien que les Wonder Years c’est pas la vraie vie.

Savage : Tu as de la poudre, baby?

Moi : Oui! (Je sors le bag)

Marilyn : C’est quoi ton nom, Sugar Pie?

Moi : Jude (Mon nom c’est Judith en vrai, mais les anglais sont trop caves)

Marilyn : (chante) Hey Jude, don’t make it bad, take out your bag and drop it on the table, the minute you’ll cut us three giant lines, you’ll make us all feel way wayyyy better better better better ohhhhw!

Na na na na na na na na na na, hey Jude.

Note finale : 13 / 666