Je ne sais pas si c’est l’approche de la fête des morts, mais depuis quelques semaines, j’éprouve une fascination renouvelée pour le cinéma d’horreur. Adolescente, j’avais tout regardé : d’Halloween à Nightmare on Elm Street en passant par tous les films gore des années 80. J’étais devenue la Hermione Granger des films d’horreur, l’amie chiante qui devine le punch avant tout le monde et qui ne peut pas le garder pour elle parce que trop fière d’avoir raison. Outre le fait que plus personne ne voulait en regarder avec moi, je me suis fatiguée du genre assez rapidement à cause de sa prévisibilité. Le fait est que je n’avais rien compris : j’étais trop jeune pour comprendre toutes les références.

Au même titre que la satire, l’horreur est une façon créative de critiquer notre société et de purger nos passions. On agrandit nos démons, on les rend plus laids, plus meurtriers, plus sanglants. On pousse nos hantises à l’extrême, on se dévore entre nous, on se séquestre, on illustre tous les comportements qui nous font peur, comme pour nous en libérer.

L’horreur obéit à des codes qui évoluent et qui font que le genre se réinvente sans cesse. C’est dire que plus on en regarde, plus on trouve ça intelligent.

Si jamais vous avez envie d’un marathon de films de peur, je vous partage cinq titres récents qui vous garantissent une catharsis.

 

Get Out de Jordan Peele

Un jeune homme afro-américain est sur le point de rencontrer les parents de sa copine pour la première fois et s’inquiète de la réaction de ceux-ci face à la couleur de sa peau. Elle le rassure, mais une fois sur place quelque chose cloche. On se trouve ici dans une comédie qui fait peur. On rit beaucoup. Parfois par nervosité, parfois juste à cause de l’excellence des dialogues. Le côté critique sociale n’est pas du tout subtil mais ô combien bien amené. Ça parle de racisme-qui-n’a-pas-l’air-d’en-être (vraiment juste de ça) et ça le fait d’une façon brillante.

Le côté critique sociale n’est pas du tout subtil mais ô combien bien amené.

It Follows de David Robert Mitchell

Disponible sur Netflix, It Follows n’a rien à voir avec le It de Stephen King. Le « ça » ne réfère pas à un clown maléfique qui se nourrit des peurs des enfants mais plutôt à une chose sans nom qui suit ses victimes pour les tuer. Dans une petite banlieue américaine, des adolescents sont aux prises avec cette chose que seul les gens qui l’ont « attrapé » peuvent voir. La seule façon de s’en débarrasser? Le transmettre en ayant des relations sexuelles avec quelqu’un. Réalisé de façon très simple avec un petit budget, le film arrive à faire des merveilles.

 

The Invitation de Karyn Kusama

Aussi disponible sur Netflix, ce film nous transporte dans une immense maison de la banlieue de Los Angeles alors qu’un groupe d’amis se retrouve deux ans après avoir vécu un immense drame. Le vin coule à flots, les rires fusent de toute part, mais l’un des personnages sent que quelque chose d’étrange se trame. On soupçonne le culte, le meurtre, la disparition, puis la folie, etc. Bien qu’un peu long avant d’entrer dans le vif du sujet, on reste aisément intrigué.  Encore là, on est carrément dans la critique sociale mais je ne vous dis pas comment, ça vous révélerait le punch.

 

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

La magnifique Elle Fanning campe le rôle de Jesse, une jeune fille à la beauté hypnotisante qui caresse le rêve de devenir mannequin. Dès son arrivée à Los Angeles, elle se fait remarquer par un photographe. On découvre que les autres femmes, à la fois fascinées et envieuse de la beauté de Jesse, seront prêtes à tout pour rester jeunes et belles. Du début à la fin, la tension est palpable, on s’attend au pire. Fidèle à lui-même, Nicolas Winding Refn réalise un film esthétiquement magnifique. Si vous avez aimé Drive, vous aimerez ce film.

Fidèle à lui-même, Nicolas Winding Refn réalise un film esthétiquement magnifique. Si vous avez aimé Drive, vous aimerez ce film.

The Bye Bye Man de Stacy Title

Comme petit dernier, je vous propose ce film qui comprend absolument tous les clichés des films d’horreur tel qu’on les connaît. Trois étudiants, un couple et leur ami, décident d’emménager dans une immense maison hors campus. Le problème ? La maison est louche. Ils découvrent la phrase « don’t say it, don’t think it » et les mots « The Bye Bye Man » dans un meuble de la maison. À partir de ce moment, ils semblent tous perdre la tête en même temps. Ça a l’air banal, mais c’est efficace. Ce film fait vraiment peur et est disponible sur Netflix.

Pour d’autres suggestions de films, c’est par ici!