À force de voir des enfants de 6 ans déguisés en zombies et en sorcières à l’Halloween, on peut avoir tendance à associer ces créatures à des personnages rigolos, presque mignons. Mais pourtant, dès qu’on creuse un peu pour connaître leurs origines, on se rend compte que c’est tout sauf cute…

Voici un petit lexique des créatures épouvantables et de leurs origines (on vous conseille quand même de ne pas révéler tout de suite à Tommy, 3 ans, tous les détails de l’origine de son costume).

1. Les zombies

Les personnages de zombies trouvent leurs origines dans la culture haïtienne, où un zombie est une personne victime d’un sortilège vaudou permettant de ramener un mort à la vie ou de détruire la conscience d’une personne afin de pouvoir l’asservir. On associe souvent ces personnages aux esclaves oppressés des plantations, qui étaient sous le contrôle d’un maître.

Dessin de l’historien français Jean-Noël Lafargue

Vous avez probablement remarqué que dans les dernières décennies, l’image du zombie a pénétré la culture populaire américaine, et pas à peu près. Depuis le film La nuit des morts vivants en 1968, les films, jeux de société et différents défilés de zombies se succèdent. Il s’agit maintenant de personnages de morts-vivants partiellement décomposés, qui ne parlent pas et pensent très peu, errent et se nourrissent de chair humaine.

Figurants lors du tournage du film Meat Market 3

Il y a donc une différence majeure entre les deux types de zombies : le zombie « original » est totalement sous le contrôle d’un sorcier qui se sert de lui, alors que celui de la culture populaire est… hors de contrôle.

Dans les œuvres américaines, contrairement au folklore haïtien, les gens ne deviennent pas zombifiés après s’être fait jeter un sort. Différentes « explications » pour le phénomène des zombies sont fournies, mais la plupart du temps, il s’agit d’une cause « scientifique » (on parle d’un virus, d’une épidémie ou d’un empoisonnement, par exemple).

On peut peut-être faire un lien entre les deux explications  : des chercheurs s’intéressent depuis plusieurs années au phénomène des zombies tel que vécu à Haïti (il y a même eu des recherches d’effectuées à ce sujet à McGill), et des liens assez concluants entre l’administration d’un poison et une « zombification » ont été relevés.

En gros, une intoxication à la tétrodotoxine peut faire passer une personne pour morte (état de catalepsie). Elle est donc enterrée, puis déterrée moins de 24 heures après. On lui administre alors un antidote pour lui redonner conscience, et on la garde sous son contrôle en profitant des effets conjugués des lésions cérébrales causées par le manque d’air dans le cercueil et d’une drogue hypnotique administrée par la suite…

Encore plus épeurant que les films de zombies, si vous voulez mon avis!

2. Les sorcières

Les sorciers et sorcières ont généralement été mal vus à travers les époques, et leur persécution a commencé à la fin du Moyen Âge (1326) avec une bulle pontificale du pape Jean XXII. On reprochait à ces personnes de faire de la magie noire, de pactiser avec le diable, d’utiliser des enfants pour préparer leurs recettes, de pratiquer des vols nocturnes et de se livrer au sabbat (réunions sur des monts ou en forêt lors desquelles la vénération d’un dieu cornu, des danses et des orgies étaient au programme).

Le sabbat des sorcières

En réalité, les « sorcières » essayaient surtout de guérir les malades avec des remèdes maison… activité peu répréhensible qui n’a pourtant pas empêché les chasses aux sorcières à travers les siècles. En passant, on utilise le féminin ici parce qu’environ 80 % des victimes furent des femmes, auxquelles on arrachait des aveux de culpabilité, souvent sous la torture. Si elles n’avouaient pas, on les jetait à l’eau pour voir si elles avaient le « pouvoir » de remonter et de flotter (en quel cas c’étaient des sorcières et on les tuait). Si elles ne remontaient pas à la surface, elles étaient mortes quand même, mais au moins elles étaient innocentes. Ouin, ouf!

De nombreuses œuvres de fiction montrent aujourd’hui les sorcières sous un jour favorable.

La vague de haine s’est graduellement calmée, et des excuses ont été émises, notamment après l’affaire des sorcières de Salem aux États-Unis (à la fin du 17e siècle).

L’image a ensuite plutôt disparu du radar de la culture populaire, jusqu’à ce qu’elle soit réhabilitée par l’historien français Jules Michelet. Elle a depuis été reprise par des mouvements féministes.

De nombreuses œuvres de fiction montrent aujourd’hui les sorcières sous un jour favorable, qu’on pense à Harry Potter ou à n’importe quelle série télé qui parle d’une jeune fille blonde rigolote qui est aussi une sorcière. Restent quand même des exemples plus effrayants, comme la sorcière du Magicien d’Oz ou celle de Blair Witch Project.

<3

 3. Les monstres

Comme c’est une catégorie générale, il est évidemment impossible de tous les nommer, mais on définit un monstre comme « un individu ou une créature dont l’apparence, voire le comportement, surprend par son écart avec les normes d’une société ».

Comme c’est très vaste, voici quelques types de monstres, en rafale :

  • On considère que le premier monstre représenté l’a été sur les murs de la grotte de Lascaux (et non, ce n’est pas la bête, mais bien l’homme à tête d’oiseau)

  • Les « monstres humains », terrible description que l’on faisait autrefois des personnes ayant une difformité, avant de les présenter dans des freak shows.

monstres

  • Les monstres fictionnels, que l’on retrouve dans les écrits de fiction, les films et les œuvres d’art. Par exemple, Godzilla, Cthulhu ou Cerbère

  • Les monstres réputés comme « réels », dont les légendes se veulent véridiques, que l’on traque. Par exemple, le yéti, les chupacabras ou les monstres marins

À Montréal, des rumeurs courent sur une certaine Trouble-Fête, une créature mystérieuse aperçue à quelques reprises au centre-ville. Une fête lui est d’ailleurs consacrée à la fin du mois d’octobre, comme par hasard, juste avant l’Halloween…

 

Êtes vous plus du type squelettes, zombies ou sorcières? Il y aura quelque chose pour vous durant le weekend de la Trouble-Fête, du 27 au 29 octobre sur la Place des Festivals à Montréal.

 

Venez fêter les squelettes avec Yann Perreau le 27 octobre lors du grand Éveil des morts.

 

Le mort-vivant en vous pourra défiler dans toute son horreur pendant la Marche des zombies du 28 octobre.

 

Finalement, célébrez avec vos petits sorciers et vos petites sorcières à la Grande fête de la sorcellerie qui aura lieu le 29 octobre.

 

Venez montrer quels monstres vous habitent!