Par Simone, invitée des RoseMomz

Au début de l’été, après plusieurs mois à me sentir plus ou moins heureuse dans mon emploi de fonctionnaire bien payé à horaire souple et à me tourmenter sur mon désir de me réaliser davantage professionnellement, j’ai quitté ma job. J’ai remis ma démission et je suis allée voir ailleurs si j’y étais et si le gazon était plus vert chez le voisin!

J’ai rapidement trouvé un nouvel emploi et j’ai eu l’impression que mon CV allait se garnir d’expériences enrichissantes, que j’allais grimper les échelons, que j’allais avoir des défis à la hauteur de mes compétences.

Quatre petites semaines plus tard, je donnais une nouvelle fois ma démission. Les défis étaient nuls, les collègues peu agréables (et peu compétents!) et je n’avais pas l’avantage majeur que m’offrait mon ancien emploi : la possibilité de travailler de la maison, soit de me faire un petit jogging à 11 heures du matin avec une amie si j’en avais envie, d’assister au spectacle de ma fille ou à l’Expo-sciences de mon garçon…

Je me sens comme la fille qui a perdu de vue les qualités de son chum parce que ça fait trop longtemps qu’elle est avec.

Nounoune…

À l’heure où je vous parle — 11 h du matin —, assise toute seule dans ma cour à siroter un thé glacé à la framboise pendant que mes enfants sont à l’école, je me trouve assez nounoune. Je me sens comme la fille qui a perdu de vue les qualités de son chum parce que ça fait trop longtemps qu’elle est avec, et qui l’a quitté pour un autre qui est, au final, pas mal moins merveilleux que le précédent. Et là, la fille voudrait bien ravoir le chum qui était pas-si-pire-que-ça-finalement.

Qu’est-ce que je fais? Qu’est-ce que je veux?

Suis-je en crise de la quarantaine?

Une partie de moi me dit que je pourrais tout avoir : une carrière excitante et une vie de famille équilibrée. Après tout, mes enfants ne sont plus des bébés et ils seront pas mal autonomes d’ici 10 ans. Il faudrait donc que je pense tout de suite à booster ma carrière si je ne veux pas me retrouver le bec à l’eau à 50 ans avec une carrière moyenne.

L’envie s’en mêle

Mais comment on fait ça, avoir une carrière « hot » tout en ayant une vie de famille équilibrée? Dans les livres sur la conciliation maternité et profession, on dit qu’il faut faire des choix et accepter que, si on veut une carrière, notre maison ne sera pas tout le temps super propre. Mais c’est facile ça. Comment je fais moi, quand le choix c’est : vais-je voir les spectacles de mes enfants ou je développe mon CV?

Je vous avoue un peu honteusement que je suis parfois envieuse de mon amie qui est devenue coordonnatrice d’un département à son travail ou encore de celle qui est VP dans une grosse boite au centre-ville et je me dis que j’aimerais bien avoir autant de succès qu’elles. Dans ces moments d’envie, je choisis le développement de mon CV. Mais parfois, je suis habitée par des fantasmes domestiques où je cuisine, pour mes enfants, des biscuits qu’ils mangeront chauds à leur retour de l’école. Je m’imagine les attendre, être 100 % disponible pour eux, et je me dis que c’est ça la vraie affaire. Et c’est quand ces fantasmes-là m’habitent que je ne sais plus quoi choisir : l’ambition ou les biscuits?

Peut-être qu’il y a toujours un choix à faire et que ce choix n’est jamais facile.

Merci Google

J’ai tenté de trouver une réponse à cette question en googlant mon problème, ce que je fais fréquemment pour m’éclairer. J’ai demandé : « qu’est-ce qui est plus important : la carrière ou la famille? » Mais ce coup-là, Google ne m’a pas beaucoup aidée, car il semble que les deux sont aussi importants, et qu’ensuite, cela dépend des priorités de chacun.

Peut-être qu’en fait, il est impossible de tout avoir ou d’avoir un équilibre satisfaisant à tous les niveaux. Peut-être qu’il y a toujours un choix à faire et que ce choix n’est jamais facile. Peut-être que l’équilibre est finalement dans l’acceptation du choix fait. Parce que si on choisit tout, on risque d’être constamment pris avec le sentiment de ne pas se donner assez ni pour la famille, ni pour le travail. On risque d’avoir constamment avec soi une petite voix qui dit « tu n’en fais pas assez »…

Enfin, pour le moment, c’est décidé, je m’offre l’automne pour réfléchir au reste de ma vie (Google a dit que c’est une bonne idée de prendre un moment de réflexion après une perte d’emploi). Je vais enfin réaliser mon fantasme domestique : cuisiner des biscuits et être 100 % disponible pour mes enfants au retour de l’école! Et quand l’hiver se pointera, je déciderai de ce que je veux faire avec mon ambition. Il se peut bien que mon ancien employeur me voie revenir, avec l’air penaud et contrit de la fille qui a compris… Compris qu’avec lui, à bien y penser, j’avais peut-être exactement ce que je cherche : un équilibre entre l’ambition et les biscuits!

 

Pour poursuivre la lecture : « Le goût des jeunes hommes »…