Le western est partout: à la radio, sur la route, dans nos maisons, dans nos coeurs. Mais avez-vous déjà visité ces lieux cultes?

L’Abitibi-Témiscamingue, la far west du Québec

Siuée à l’ouest pour vrai, cette région est notre Klondike, où s’est déroulée une folle recherche d’or à la fin du 19e siècle. Les terres agricoles fertiles et encore toutes neuves y ont aussi attiré des anglos fortunés, des Canadiens français pauvres et des Slaves venus d’Europe, surtout après la crise économique de 1929.

Tout ce beau monde s’est installé dans des boomtowns. Sur les artères commerciales, l’architecture présentait des façades qui donnaient l’impression d’un étage supplémentaire, comme dans les films de cowboys. On en trouve d’ailleurs encore des vestiges, notamment à Val-d’Or, à Malartic et dans le Vieux-Noranda.

L’architecture présentait des façades qui donnaient l’impression d’un étage supplémentaire, comme dans les films de cowboys.

Les icônes du coin: La prolifique Marthe Saint-Pierre, qui a écrit plus de 1 000 chansons (dont le classique L’hôtel et la boisson pour oublier); notre héros national Richard Desjardins; le Cadillacois Gildor Roy. N’oublions pas le seul Canadien qui a déjà partagé la scène avec Elvis : Hal Willis et son mégasuccès The Lumberjack.

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Saint-Tite, le plus grand des villages western

Il existe plus d’une centaine de festivals à saveur western dans la Belle Province, mais un seul jouit d’une renommée internationale: le Festival Western de Saint-Tite.

L’événement est né en 1967 alors que l’entreprise familiale G.A. Boulet Ltée organisait une journée de rodéo pour faire la promotion de ses bottes de cowboy. Un demi-siècle plus tard, les spectacles, rodéos et autres mariages western s’étalent sur 10 jours. Parmi les nombreux faits saillants de son histoire : le passage de Johnny Cash en 1984 et l’obtention du record Guinness de danse en ligne en 2012 avec 2 437 danseurs.

L’entreprise familiale G.A. Boulet Ltée organisait une journée de rodéo pour faire la promotion de ses bottes de cowboy.

Les icônes du coin: Les bottes Boulet, fabriquées dans la même usine de Saint-Tite depuis le début, en 1933. Produisant 200 000 paires par année, cette entreprise est le plus important fabricant de bottes western au pays.

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La Gaspésie, ça rime avec «country»

Même si le Québec a rapidement eu ses stations de radio francophones (dont CKAC, fondée en 1922), la musique country est arrivée à nos oreilles principalement par l’entremise de la radio américaine. Bon nombre de foyers québécois – dont ceux de la Gaspésie, qui captaient les ondes venues du Nouveau-Brunswick – ont donc vécu au son des ballades de Hank Williams.

♫ Si j’avais un char, ça changerait ma vi-e. J’irais m’promener su’l’bord d’la Gaspésie…♫

Deux fois par années, nos pionniers de la musique country partaient pour une grande tournée, qui s’arrêtait inévitablement en Gaspésie. La chanteuse Noëlla Therrien (femme de Marcel Martel et mère de notre cowgirl dorée, Renée) racontait d’ailleurs que certains essayaient de payer les musiciens en poissons. «Dans ce temps-là, on disait: rapporte ça chez vous et va t’asseoir.»

Avec ses paysages, ses grands espaces et ses longues routes – des thèmes chers au country -, la région est aussi une source d’inspiration. (♫ Si j’avais un char, ça changerait ma vi-e. J’irais m’promener su’l’bord d’la Gaspésie…♫)

Les icônes du coin: Deux des plus importantes figures actuelles du country: Isabelle Boulay, qui a déjà enregistré un duo avec nulle autre que Dolly Parton, et Paul Daraîche, qui bat des records de popularité.

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Pour lire la suite du magazine spécial country, «Le «kit» parfait du cowboy québécois».