Ouvert aux dames

Ça aura pris plus de 100 ans, mais le très élitiste Deep Springs College, situé dans un ranch à la frontière de la Californie et du Nevada, s’apprête à admettre des femmes.

Depuis 1917, le collège offre une formation de type «cowboy intello» : des séminaires en petits groupes et des classes de maître sur différents matières (avec un intérêt particulier pour la philosophie), sans oublier l’entretien du ranch à assurer.

Pendant la formation (qui dure deux ans), les étudiants – il ne sont qu’une vingtaine – habitent sur le ranch, qu’ils n’ont pas le droit de quitter durant les semestres. Ce sont eux qui votent les règlements qu’on applique sur le campus et qui choisissent les futurs étudiants.

Il s’agit, selon l’institution, de former «les leaders de demain» (on retrouve des juges, des diplomates et des journalistes parmi les diplômés) en privilégiant trois piliers : l’apprentissage académique, l’auto-gouvernance et les travaux manuels.

Un petit pas pour le ranch, un grand pas pour les femmes.

Depuis une quarantaine d’années, le débat revient chaque année : faut-il y admettre des femmes? La plupart des dirigeant de l’institution arguent qu’elle échoue à sa mission si elle s’attarde seulement aux leaders masculins. Mais une poignée résiste, voyant l’apparition de dames sur le ranch comme une distraction. Tellement qu’ils ont entrepris une croisade judiciaire pour empêcher l’établissement de devenir mixte.

Les étudiants auront bientôt l’occasion de mesurer l’ampleur du dérangement féminin, puisque la saga tire à sa fin. La cour a en effet tranché en faveur de la mixité, et les premières cowgirls devraient être admises au cours de l’année 2018.

Un petit pas pour le ranch, un grand pas pour les femmes.

Voyez si vous pourriez être admis à ce collège.

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BOLO? YOLO!

Le bolo, ou cravate texane – ce petit cordon de cuir attaché au cou par une espèce d’agrafe ornementale –, c’est tout un fashion statement, dont l’origine est aussi mystérieuse que sa réelle utilité.

Toujours est-il que le bolo est la cravate officielle de l’Arizona, du Texas et du Nouveau-Mexique.

Selon certains, c’est un cowboy américain pressé qui, vers la fin des années 1940, aurait accroché autour de son cou le ruban décoratif de son chapeau, pour ne pas le perdre en galopant. Devant l’ampleur de son nouveau swag, il aurait poussé le concept en créant l’agrafe. D’autres affirment que, comme tant d’autres accessoires adoptés par les Blancs, il s’agit d’une invention des Premières Nations.

Toujours est-il que le bolo est la cravate officielle de l’Arizona, du Texas et du Nouveau-Mexique. Selon nos recherches, aucun autre État n’a d’ailleurs de cravate officielle. Si c’est pas de l’engagement, ça?

À part sur les cowboys stressés de perdre un bout de chapeau, on peut aussi l’apercevoir dans le cou de politiciens de l’Ouest américain, de John Travolta dans Pulp Fiction, du chanteur Dom Hamel et d’un certain nombre de blogueuses mode sur Instagram.

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Cachez cette cigarette

Lucky Luke, cowboy fictif constamment à la défense de la veuve et de l’orphelin, était-il en fait une mauvaise influence pour la jeunesse?

Ça a l’air que oui, parce que la cigarette qu’il avait au bec au début de son existence, dans les bandes dessinées belges des années 1940, lui a longtemps valu des critiques.

Un superhéros qui sent la clope: tellement out.

Selon la légende, Morris – le créateur du cowboy que l’on ne voit pas souvent s’occuper du bétail (un peu comme Tintin n’a jamais rendu un reportage de toute sa carrière) – aurait accepté en 1983 de remplacer la cigarette par un brin d’herbe afin de faciliter la percée de Lucky Luke dans le marché américain, plus sensible que l’Europe à ce genre de vice. C’est donc après plus de 40 ans à s’enfumer les poumons que Lucky a enfin écrasé sa dernière clope.

Un geste qui lui a valu une médaille de l’Organisation mondiale de la santé lors de sa toute première Journée mondiale sans tabac, en 1988.

Un superhéros qui sent la clope: tellement out.

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Hommage à Pierre-Mathieu

Chez URBANIA, quand on commence à travailler sur un thème, on réunit toute l’équipe, du comptable romantique aux codeurs sympathiques, pour avoir le plus d’idées possibles.

Parfois, au passage, on en apprend un peu plus sur nos collègues et dans le cadre de ce numéro, nous avons découvert que Pierre-Mathieu, il a vraiment le country tatoué sur le cœur.

Voici pourquoi :

  • Il est arrivé en retard au brainstorm (on sait pas pourquoi, personne ne comprend son travail de toute façon), mais il avait apporté une chemise western pour l’occasion. Oui, un costume pour un brainstorm de 30 minutes.
  • Il a déjà possédé un gros coussin brun ayant appartenu à Willie Lamothe, acheté dans une vente de garage organisée par son épouse après sa mort. Le gros coussin l’a suivi d’un appart à l’autre jusqu’à ce qu’un incendie l’emporte (le coussin, pas Willie ni Pierre-Mathieu, là).
  • Il nous a apporté (et nous a obligé à regarder) des photos d’une fête familiale où tous les Fortin, soit plus d’une dizaine de joyeux fêtards au total, sont allés au Village historique de Val-Jalbert, déguisés en cowboy. TOUTE. LA. FAMILLE.
  • Il a produit un documentaire (réalisé par sa sœur Sarah Fortin, en plus) sur ce punk western qu’est Stephen Faulker, auteur-compositeur-interprète, qui est notamment l’auteur du classique Si j’avais un char. Le film J’m’en va r’viendre, c’est une rencontre avec un dude qui est allé au bout d’la marde pour écrire des chansons.

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Pour lire la suite du magazine spécial country, «Le country dans le sang».