Claire n’a pas de père. Sur son certificat de naissance, sous la mention « Père », c’est inscrit : « Inconnu ». Cet abandon a laissé des traces que la jeune femme aimerait aujourd’hui voir disparaître. C’est qu’elle a hérité d’un pattern : tous les hommes qu’elle a aimés ont eux aussi fini par la « choker ». Et si, pour mettre fin à cette habitude, il lui suffisait de retrouver le premier à lui avoir fait le coup ?

TEXTE CLAIRE X / PORTRAIT SAMUEL PASQUIER
POUR LE SPÉCIAL NOS PARENTS DU MAGAZINE URBANIA

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Mon père est parti le jour de ma naissance. Un dimanche tempéré du printemps 1983. Après avoir gentiment reconduit ma mère à sa chambre d’hôpital pour l’accouchement, il a dit : « Mon cœur veut, mais ma tête ne veut pas. » Ça faisait deux ans qu’ils se fréquentaient.

On ne sait pas vraiment pourquoi il nous a sacrées là. On en parle des fois, chez nous. Ce n’est pas un sujet tabou, mais tant qu’à spéculer sur les raisons de son départ, on préfère généralement faire comme si de rien n’était.

À huit ans, j’ai récidivé en lui demandant pourquoi il était parti.

À quatre ans, dans le bain, avec le sans filtre décapant propre aux enfants, j’ai lancé à ma mère : « C’était qui, le chum, quand j’étais dans ton ventre ? » Assise sur le bol de toilette, avec le courage hulkien des mères monoparentales, elle m’a expliqué tendrement : « Il est parti le jour de ton arrivée. Sans donner de nouvelles. »

À huit ans, j’ai récidivé en lui demandant pourquoi il était parti. Elle m’a répété ses mots : « Mon cœur veut, mais ma tête ne veut pas. » Ma propre tête d’enfant a conclu que si la tête et le cœur de mon père étaient désalignés, il avait sans doute un problème de colonne vertébrale. Voilà donc pourquoi je n’avais pas de papa.

À 12 ans, avec mes skills de Carmen Sandiego, j’ai décidé de le chercher dans l’annuaire téléphonique

Vers 10 ans, je l’ai vu à la télé, mais lui, il ne m’a pas vue. Je connaissais déjà son nom et son métier. Il passait parfois dans les médias locaux. Y’a pas à dire, mon père était un méchant pétard. Et il n’avait pas de scoliose. Ma grand-mère s’est toujours fait un devoir de découper les articles de presse à son sujet et d’écrire au Bic bleu sur sa face : « PAPA DE Claire ». Comme pour garder une preuve de l’existence de cet homme absent. Elle les rangeait soigneusement dans une vieille boîte à photos, entreposée dans le haut d’un garde-robe.

Un père si proche

À 12 ans, avec mes skills de Carmen Sandiego, j’ai décidé de le chercher dans l’annuaire téléphonique. J’ai trouvé son adresse. À l’aide de la carte de trails de ski-doo de mon grand-père, j’ai fait le calcul. Mon père habitait à 13 kilomètres de chez ma mère. On avait donc cœxisté géographiquement pendant 12 ans sans jamais se croiser ? Un père si proche. Un déserteur next door. J’ai supplié ma mère à genoux pour qu’elle organise une rencontre.

Ils se sont vus dans un resto pour jaser d’un éventuel rendez-vous. Il a avoué ne pas croire être mon géniteur. Ma mère lui a répondu crûment que son vagin n’avait été présenté à aucun autre pénis que le sien, à l’époque. Il a accepté de passer un test d’ADN. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai ressenti une joie momentanée en pensant à la reconnaissance imminente de sa paternité. Je me voyais déjà avoir un père, porter du linge cher de chez Jacob, aller au Village Vacances Valcartier et à La Ronde, ajouter son nom de famille au mien. Wow, mon nom serait super long.

J’ai volontairement décidé d’arrêter de penser à mon père.

Quinze jours plus tard, il s’est rétracté : il a « choké » le test d’ADN. Choquée et déçue d’avoir cru en lui pour une énième fois, ma mère, cette femme si forte, m’a annoncé que c’était la dernière fois qu’elle prenait contact avec lui. « Le prochain coup, ce sera à toi de faire la démarche, ma cocotte », s’est-elle désolée, avec sa belle face d’injustice.

À ce moment-là, j’ai décidé qu’il n’y en aurait pas, de prochaine fois. C’était à mon tour de l’abandonner. Alors, j’ai volontairement décidé d’arrêter de penser à mon père. Bon, il est brièvement revenu me hanter en 2013, quand Papaoutai, le hit de Stromae, est sorti… mais sinon, il est devenu un fantôme sans tête ni cœur. « Mon père ? Ouais, ouais, je le connais de vue », que je disais aux curieux qui osaient m’interroger.

L’envie de fonder une famille vient avec un lot de questionnements.

Jusqu’à aujourd’hui. Juin 2017. La trentaine. Célibataire. Toutes mes amies sans exception sont in a relationship, pis la moitié ont déjà enfanté. Sorry, les filles, je suis tannée de garder vos kids. Je veux les miens. Mais pas avec n’importe qui. Avec un bon gars.

L’envie de fonder une famille vient avec un lot de questionnements. Quel genre de père je souhaite pour mes enfants ? Et plus simplement, c’est quoi, un père ? Pour moi, un père, c’est comme les bonbons Pop Rocks dans’ gueule. Ça disparaît. Tout comme mes chums, qui eux aussi finissent souvent par me « choker » sans explication. Faut que je travaille là-dessus.

Et si j’essayais de rencontrer le premier homme qui m’a laissée tomber ? Et accessoirement, de vérifier s’il possède une colonne, un cœur et une tête ? Peut-être que mon pattern de chum pas fin disparaîtrait comme par magie ?

En mode enquête, j’ai décidé d’appeler/gosser les membres de ma famille pour explorer mon passé, à la recherche d’indices pour retrouver mon géniteur.

Un arbre généalogique de « chokage »

Ma mamie a étonnamment très bien réagi quand je le l’ai appelée pour la bombarder de questions familiales intimes. Avec son calme et sa lucidité légendaires, elle m’a révélé qu’un problème d’abandon existait dans notre famille. Ah bon ? Et je l’apprends seulement aujourd’hui ? Apparemment, personne n’a pensé me glisser que depuis trois générations, y’a toujours quelqu’un qui prend la poudre d’escampette sans trop donner de raisons.

Les blessures de nos ancêtres sont donc en mesure de nous affecter dans le présent.

Sans doute parce que les abandons familiaux sont indigestes et tabous. Ils appar­tiennent à hier, mais hypothèquent le maintenant et le tantôt des générations suivantes. Est-ce possible qu’ils se transmettent, au même titre que la calvitie d’un père, la tignasse rousse d’une mère ou la carrure de fermier d’un arrière-grand-père ?

« Eh bien, oui, on transmet ce que l’on est ! », s’exclame la psychologue Jocelyne Bisaillon, quand je lui pose la question. Pour elle, c’est une évidence. En psychologie, on appelle ça la transmission intergénérationnelle des traumatismes, c’est-à-dire la reproduction des modèles de vie conjugale, amoureuse ou familiale des parents par leurs enfants. Les blessures de nos ancêtres sont donc en mesure de nous affecter dans le présent. Absolument. Traumatisant.

Voici donc le topo. Il y a d’abord eu l’oncle de mon grand-père. Dans la cinquantaine, après deux mariages et quatre kids, il s’est volatilisé loin de ses familles. Personne n’a jamais su où ni pourquoi. « Son nom ? J’m’en rappelle même pas. On parlait pas de c’tes affaires-là, dans le temps », raconte papi.

Je suis la quatrième génération d’une famille de déserteurs et d’abandonnés.

La génération d’après, c’est la sœur de mon grand-père qui, à 30 ans, a levé les feutres. Faut dire qu’elle a enfanté illégitimement à 17 ans et s’est fait expédier à Toronto pour accoucher. Comme elle ne portait pas de bague au doigt, elle a été contrainte de donner son enfant en adoption. Quelque temps après son retour à Montréal, elle a disparu de son plein gré, m’a-t-on dit. Un détective privé a même été engagé. La dernière piste, une adresse aux States, remonte à 1980. Depuis, plus rien.

Puis, mon propre père est parti le jour de ma naissance.

Je suis la quatrième génération d’une famille de déserteurs et d’abandonnés. Ce pattern, je le casse maintenant. Live. Là.

La transmission intergénérationnelle

Julie Dufour, une amie psychologue que j’ai questionnée sur le sujet, m’indique que ce sont nos parents qui nous enseignent les liens affectifs, la satisfaction relationnelle et la sécurité, dans la mesure où ils peuvent le faire. Avec leur propre baluchon d’expériences personnelles. Des parents ultra-­sportifs peuvent transmettre à leur Steven adoré leur amour du hockey, mais aussi leur façon d’entrer en relation avec les autres.

Mais qu’est-ce qui se transmet, au juste ? « La violence psychologique, la violence physique, l’inceste, l’alcoolisme, les tabous et les non-dits, par exemple », poursuit-elle. Ainsi, un enfant peut devenir un genre d’écocentre à marde ancestrale. Ça ne lui appartient pas directement, mais il en est le dépositaire.

Pour ma part, j’appréhende toujours le moment de dire « au revoir ».

À bien y penser, plusieurs membres de ma famille semblent avoir l’angoisse d’être abandonnés tatouée dans le cortex. Ça va au-delà de l’anecdotique pour se rapprocher du pathologique. Par exemple, après ses études, bien avant de connaître mon père, ma mère a déménagé à Montréal. Un move classique que la majorité des parents en région vivent bien. Mais les siens ont tellement eu peur qu’elle disparaisse qu’ils en sont devenus insomniaques. Quand ma tante est partie se faire griller la couenne en Floride sans son bébé, ma cousine a arrêté de s’alimenter comme si elle avait senti que sa mère l’avait abandonnée.

Pour ma part, j’appréhende toujours le moment de dire « au revoir », « bye », « à la prochaine » et surtout, « adieu ». Longtemps, j’ai écrit des lettres secrètes à ma famille qui pourraient servir d’ultime message si j’étais kidnappée ou si je mourais subitement.

Avec le temps, je suis devenue BFF avec l’abandon

Dès que je quitte mes amis après une sortie, je me demande si c’était notre dernier moment ensemble. Quand je vois un message lu sur Facebook mais resté sans réponse du destinataire, j’angoisse (à 7/10, mettons). Voilà des manifestations actuelles d’un mécanisme de cristallisation abandonnique — c’est l’expression cute qu’utilise Jocelyne Bisaillon pour dire que ces comportements découlent directement des abandons dans ma famille. Mais ça, ça va. Avec le temps, je suis devenue BFF avec l’abandon et, globalement, je l’ai apprivoisé.

Avec pas d’image paternelle

Ce qui me dérange, cependant, c’est mon pattern amoureux de gars qui partent sans crier gare. Que voulez-vous, les beaux gars pas gentils m’attirent. Je pourrais compter sur les doigts d’une main les fois où j’ai eu un homme responsable, respectueux et à l’écoute à mes côtés. Faut dire que je tombe rarement en amour, aussi. Et les gentils qui tombent en amour avec moi, ils ne m’intéressent pas. Ma tête sait que j’ai le droit, moi aussi, d’avoir quelqu’un de fin dans ma vie, mais mon cœur n’embarque pas. Pourquoi ?

Chez la fille abandonnée par son père, il est particulièrement fréquent de constater que la dynamique amoureuse s’est reproduite de mère en fille.

À la base, « l’enfant se sent responsable des malheurs et des drames familiaux qui l’entourent », note Jocelyne Bisaillon. Tout est de sa faute et, inconsciemment, il souhaite réparer, corriger la situation familiale. À l’âge adulte, il peut être porté à se replonger dans une dynamique relationnelle souffrante similaire à celle de ses parents. Il se dit : « Regardez-moi bien aller, je vais être capable de renverser le pattern, moi ! » », m’illustre Jocelyne.

Chez la fille abandonnée par son père, il est particulièrement fréquent de constater que la dynamique amoureuse s’est reproduite de mère en fille. « Le nourrisson ne prend pas seulement le lait de la mère, il prend tout », avance encore Jocelyne Bisaillon. C’est à travers elle que la petite fille développe son rapport aux hommes.

« Il n’est pas impossible que, malgré toi, tu aies reproduit cette dynamique et développé des caractéristiques de sauveuse, d’aidante ultra responsable, maternelle au possible envers des amoureux souvent passifs, voire déserteurs », m’ont suggéré les expertes de la psyché. Elles doivent avoir une boule de cristal, parce qu’astie, c’est 100 % moi.

« Mais là, charrie pas ! », dirait ma grand-mère. Ce pattern-là ne s’attribue pas uniquement à un parent absent. Je ne suis pas la seule milléniale à tomber sur des gars pas fiables, et ce ne sont pas seulement les filles abandonnées par leur père qui trippent sur des déserteurs. Il y a autant de patterns que de causes, non ?

Nos ancêtres inconnus peuvent aussi influencer notre comportement.

Le plus fort, c’est mon pattern

Lorsqu’un proche parent a déserté la famille, ou dans mon cas, lorsque l’on compte trois générations de déserteurs avant soi, a-t-on plus de risques de déserter à notre tour nos propres enfants ? « Le risque est toujours là », soutient Jocelyne Bisaillon. Mais il est difficile à quantifier. Sans oublier que nos ancêtres inconnus peuvent aussi influencer notre comportement, puisque l’insidieuse transmission peut sauter une génération !

Aucune pilule magique n’existe pour l’enrayer. Les deux psychologues me précisent qu’arriver à maturité, devenir assez autonome pour être conscient de cette transmission, reconnaître ses conséquences sur soi, puis digérer tout ça est pas mal l’unique processus pour l’éroder, voire la mettre K.O.

Je suis convaincue jusque dans ma moelle que je n’abandonnerai jamais mes futurs enfants.

Si la force de la transmission intergénérationnelle a de quoi effrayer, il ne faut pas l’élever au rang d’équation universelle. En tant que « petits thermomètres de leurs parents », comme le dit Jocelyne, les enfants ne créent pas de pattern lorsque les traumatismes d’hier sont reconnus et expliqués, et qu’ils comprennent que la faute n’est pas la leur. Ainsi, bon nombre d’enfants violentés ne maltraitent pas les leurs.

Si quelque chose ne me fait pas peur, c’est bien ça. Je suis convaincue jusque dans ma moelle que je n’abandonnerai jamais mes futurs enfants. Parallèlement, je me demande si mon père pensait ça, lui aussi, avant ma naissance…

Alors, je me dis que je pourrais faire un pas de plus. Comme aller à la rencontre de mon père.

Comment approche-t-on un père méconnu ?

L’entreprise est risquée. Je pourrais encore une fois me faire rejeter. Mais je n’ai pas le choix. Si je veux que la transmission s’arrête à la quatrième génération, je dois être téméraire.

La quête

Mais comment approche-t-on un père méconnu ? Y’a pas de tutoriel là-dessus. Si se pointer sur le pas de la porte est intrusif et que l’appel est un peu trop ordinaire, il reste la lettre manuscrite. Oui, la lettre. Poétique et rentre-dedans.

La lettre ce sera. Sur le plus beau papier qui soit. Ah, pis non. Il ne mérite quand même pas autant d’égards.

Dans l’espoir de (re)trouver son adresse, je tape son nom sur Canada411. Pas de chance, il a aussi disparu de là. Il est peut-être mort ? Un fantôme.

« On panse nos blessures comme on peut, en développant des mécanismes de défense pour tenir le coup ».

Facebook ! Pourquoi n’ai-je donc jamais pensé à le chercher sur le plus grand réseau social du monde ? Julie Dufour a bien sûr une piste de réponse : « Comme il n’existait pas à l’intérieur de toi, tu ne pensais juste pas à le chercher, ni là ni ailleurs. »

Par un drôle de hasard, c’est le dimanche de la fête des Pères 2017 que je tape son nom dans la barre de recherche Facebook. Le premier résultat, c’est lui. Astie. Il a juste 31 amis. On n’en a aucun en commun. Il a les cheveux aussi blancs que ses dents. Il ressemble au Père Noël. Il doit avoir des enfants, puisqu’il y a en a deux qui commentent toutes ses photos à grands coups de « PAPA » en caps lock.

Je ne ressens rien. Nada. Le néant émotif. « On panse nos blessures comme on peut, en développant des mécanismes de défense pour tenir le coup », me rassure Julie Dufour.

Je n’ai aucune envie de nouer une relation, ni de voir mon nom ajouté sur son testament.

Fuck la lettre romantique, un inbox va faire la job. Mais comment m’adresser à lui ? « Cher Papa » ? « À mon père » ? « À qui de droit » ? « À toi qui n’as jamais voulu de moi » ? (Tentant.) « Salut, sans cœur » ? J’opte pour la formule générique. Ce sera juste « Bonjour ». Je l’écris. Je l’efface. Ah, pis ça attendra un peu. Réfléchir d’abord à la formulation, au contenu du message.

Au fait, pourquoi je le cherche ? Pas mon genre de vouloir lui sauter au cou en criant/morvant « Papaaaaaaaaaaa », comme jadis dans Les retrouvailles de Claire Lamarche. Je n’ai aucune envie de nouer une relation, ni de voir mon nom ajouté sur son testament. Je ne cherche pas une demi-sœur et un demi-frère avec qui chiller au Village Vacances Valcartier. Je veux juste rompre le cycle de l’abandon.

Aujourd’hui, je veux plutôt savoir ce que mon père m’a légué de beau.

J’essaie de le deviner. L’idée qu’il puisse être drôle me ravit. Grande gueule, cultivé, carriériste, avec le rire de Batman et une rigueur d’acier. Poli et distingué. C’est du moins ce que je me suis toujours imaginé, et c’est ce que j’en déduis en le « stalkant » sur Facebook.

Ce qu’il a de laid, j’en ai déjà une bonne idée. Aujourd’hui, je veux plutôt savoir ce que mon père m’a légué de beau.

Encore faudrait-il qu’il y consente… si je finis par l’inviter à reprendre contact. Je ne lui ai toujours pas envoyé ce redouté « Bonjour ». Tout est écrit, mais je n’ai pas encore trouvé le courage de peser sur « Envoyer ».

En psychologie, on croit que la transmission de l’abandon est peut-être inscrite dans mes gènes et dans mon cortex. Mais tu sais quoi, papa ? Je ne « chokerai » pas. Un jour, je vais finir par t’envoyer le bonjour qui t’est destiné. Si tu y réponds, tu sauras que je marque la fin d’un cycle destructeur. Que moi, contrairement à toi et ta gang de lâcheux, je n’ai pas peur. Si tu réponds à mon bonjour, je risque même de te présenter mon futur chum.

Et regarde-moi bien aller, p’pa. Mon chum, ce sera un maudit bon gars.

 

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