J’aime profondément le verbe jouer. Je trouve que c’est un mot sympathique. Si «jouer» était une personne, ce serait celle ou celui qui débute les petits trains sur les planchers de danse, part la vague dans les événements sportifs et organise les surprises de ses amis. Je l’aime «Jouer» et je crois que c’est réciproque parce que «Jouer» aime tout le monde.

Vient un âge où on n’utilise pratiquement plus le verbe jouer. On travaille. On cuisine. On s’entraîne. On «cinq à sept». On sort. On brosse. On ramasse. On brunche. On visite. On voyage. On organise. On ne joue plus.

Dernièrement, j’ai joué plus souvent qu’à mon habitude.

Quel bonheur que de s’abandonner à un jeu. Aussi niaiseux soit-il que de ne pas piler sur les craques de trottoir, compter les wagons de train, ou même juste lever les pieds lorsqu’on passe sur une voie ferrée en voiture. Pour certains, jouer c’est aussi suivre un cours de mandarin en ligne ou faire une réplique de La pieta en pâte à modeler mauve grandeur nature. Quand tu joues, le temps n’existe plus tant il passe rapidement, qu’importe la complexité de ton jeu.

Je suis allé à Disney avec mon neveu et ma nièce et je me suis rappelé la belle époque où l’on croit. Pas de deuxième degré. Celui qui est devant toi existe. Celui qui a des gros sourcils froncés et a l’air méchant est méchant. Le bon vieux temps où ton revenu principal était tes dents. Si t’étais chanceux, ta molaire valait 2$!

J’ai joué à Donjons et Dragons version Harry Potter.

J’ai mangé des popsicles, fais des allôs à Mickey, j’ai ri des niaiseries de Goofy, j’ai pogné le motton à la fin de Trouver Némo, le musical. Disney a cette puissance de nous ramener dans notre enfance instinctivement.

Dernièrement, j’ai joué plus souvent qu’à mon habitude, et j’ai réalisé que j’étais encore capable de le faire malgré mon âge dit «adulte», et ce même à jeun. Remplace l’alcool par un excellent smoothie aux petits fruits des champs, je t’assure que «je n’ai jamais» demeure aussi rigolo si tu te prêtes réellement au jeu.

J’ai joué à Donjons et Dragons version Harry Potter. Je t’entends déjà dire: «On sait bien, Jay, t’es un fou qui ne parle que d’Harry Potter, c’est certain que t’as trippé.» Je te mets en situation: j’arrivais du Beachclub.

Peux-tu croire? Je suis probablement le seul être humain qui, pour la première fois de sa vie, a été au Beachclub ET a joué à Donjons et Dragons, et ce, dans le même douze heures.

J’ai ri, j’ai crié, j’avais l’air de mon golden retriever quand de la visite arrive.

Ce dimanche-là, j’ai visité les deux clichés. Lesdits «douchebags» et lesdits «geeks» lors du jour du Seigneur, et je vais te le dire: j’ai eu du gros fun au deux. Parce que j’ai joué.

Je ne dis pas que l’un et l’autre sont pour tout le monde, je dis simplement qu’aux deux endroits, je me suis prêté au jeu à pieds joints et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai ri, j’ai crié, j’avais l’air de mon golden retriever quand de la visite arrive. Aux deux endroits, je n’étais pas le seul à tripper. Des adultes qui jouent, c’est rare et je pense que c’est bien, tant que ton jeu est fait dans le respect des autres.

Je suis sorti de ma zone de confort dans les deux situations et j’ai découvert un nouveau terrain de jeu. La semaine suivante, j’ai essayé des nouveaux sports comme le yoga, le paddle board, le tir à l’arc, le yoga aérien, et je me suis surpris à aimer découvrir de nouvelles choses. Je pense qu’on dit souvent ça: «J’aime découvrir l’inconnu». Il n’y a pas que de l’inconnu en voyage, il y en a au quotidien. Il suffit de dire oui et d’essayer. Le pire qu’il peut arriver, c’est que tu n’aimes pas ça et, encore là, probablement que tu en sortiras avec une bonne anecdote à raconter.

 

Pour lire un autre texte de Jay Du Temple: «Love Actually pour les nuls».