«Je travaillais dans la construction, je suis électricien de formation. J’ai appris la plomberie, puis comme j’aimais la menuiserie, j’ai appris ça aussi, et j’ai commencé à construire des maisons. Je faisais toute. Et à force de faire toute, j’ai fait un gros burn out. J’ai dit «Faut que je change de vie» et je suis devenu un artiste. Quand t’es artiste, t’as pas le choix de t’occuper de toi; il faut constamment que tu te découvres.»

***

«C’est ma collection de lectures d’été. La philosophie m’intéresse vraiment – je suis étudiante en psychologie. J’aime vraiment le fonctionnement de l’esprit, et la manière dont on pense; et je veux lire de grands penseurs. Je suis surtout impatiente de lire celui-ci, de C.S. Lewis: il analyse l’art et la manière dont on devrait voir l’art. Je suis très intéressée par le rôle de l’art, pourquoi on s’y attache tant et pourquoi il a un tel impact sur nous. Je crois qu’il nous parle à un niveau qui n’est pas tangible: tu ne peux pas l’exprimer avec des mots, tu peux le ressentir mais c’est comme dans une autre dimension, tu ne peux pas vraiment en parler aux gens, c’est juste que ça te parle et ça te marque, et on a parfois besoin de ça dans la vie. What you see is what you get, tu vois?»

***

«Originairement je suis de la Guyane britannique, puis j’ai étudié en Angleterre, et je suis ensuite venue ici. Je suis fière de venir de là-bas parce que peu de gens connaissent ce pays, alors que nous on connaît le leur. On connaît tous les pays, parce que comme on était sous l’Angleterre, le système éducatif était anglais. On sait comment le Canada est devenu le Canada, on a appris ça. Aujourd’hui, comme on est indépendant, le pays change avec les années, mais pas pour le meilleur je trouve. Après l’indépendance, le pays a si vite chuté. Ça m’attriste parce que je l’ai connu quand c’était un bel endroit: Georgetown c’était comme l’Angleterre, et de ce que je comprends, ce n’est plus ce que c’était. Je n’y suis pas retournée depuis que je suis partie étant enfant, mais j’ai vu un documentaire récemment – sur les poissons qui peuvent tuer des humains, on a ça là-bas – et j’étais comme «Oh mon dieu, ce n’est pas à ça que ressemblait cette rivière!» Alcan est passée par-là (la compagnie minière Canadienne), ils ont détruit la rivière, et ils ne l’ont jamais nettoyée. Maintenant l’eau est jaune! Ils vont chercher les ressources, mais ils ne prennent pas soin des lieux, ils ne font que prendre ce qu’ils veulent. Et comme je suis ici, parfois tu te dis que ça ne t’affecte pas, et tu n’y prêtes pas attention. Mais quand tu vois que ça arrive ici aussi – le fleuve Saint-Laurent, ce qu’on jette là-dedans – alors tu réalises qu’il faut se battre pour l’environnement.»

***

«Chassés par la misère, la guerre, le racisme… Ces gens n’ont pas de pays, ce sont des apatrides, mais ce sont surtout des humains. Si on était dans la même situation, on aimerait qu’ils nous aident, alors c’est important de les aider. Le Québec n’est pas riche mais on peut être ce pays pour eux; on est pareils, notre sang est de la même couleur.»

***

«Quand je l’emmène à la garderie, il sait exactement où est la garderie. Il a déjà tout enregistré, à deux ans et demi, ça me scotch. Il commence juste à parler, mais il sait déjà où se trouve le métro, où se trouve le bus… Tout est ouvert là-haut, il capte tout. Ça va tellement vite, en deux ans et demi de présence sur cette Terre, il grandi tellement vite. Même au-delà de physiquement, sur la prise de parole, sur l’écoute, sur le regard, sur les questions… C’est presque tous les jours nouveau, moi je suis surpris, ça fait du bien tous les jours.»

***

«Le weapon check est beaucoup plus respectueux au Otakuthon qu’au Comiccon. Je sais pas si vous avez essayé au Comiccon, mais moi, toutes mes armes se sont faites refuser. Une baguette Harry Potter passait au weapon check! Au cas où tu lancerais un Avada Kedavra…»

***

«On s’est tellement battus pour les droits humains et civiques, pour l’égalité hommes-femmes… mais aujourd’hui j’ai l’impression que tous ces acquis sont devenus précaires. Que la finance et l’argent contrôlent tout. Qu’on a oublié l’humain au passage. Mais j’ai espoir que les prochaines générations fassent mieux que nous.»

***

«J’ai accompagné mon fils au Otakuthon. Et hier c’était son père.»
«J’ai toujours aimé me déguiser. J’aime bien les personnages de manga, là je me suis dit qu’avec des oreilles de chat ce serait plus mignon.»
«Et il dessine beaucoup aussi, il prend des cours de manga, il lit des bouquins sur les mangas, il est vraiment passionné par ça. On fait plein de choses ensemble; je suis assez artiste aussi, donc petit je lui montrais déjà des choses artistiques. Dès que je peux lui montrer un truc… C’est une passion en commun en fait.»

***

Pour découvrir un autre Portraits de Montréal: «Tu as juste à devenir la première personne à survivre à ce cancer».