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Le toit du véhicule est un endroit important pour les vanlifers, et pas seulement parce qu'on peut y installer des panneaux solaires. Celui de Julien est trop fragile pour qu'il y prenne une bière avec des amis, mais il peut y grimper pour prendre quelques photos. D'autres profitent de cet espace pour faire du yoga - un classique de #vanlife sur Instagram.

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Julien le dit lui-même : sa vanlife est pas mal de luxe. En plus d'un frigo, d'un poêle au propane et d'un micro-ondes, sa van à l'eau courante, une toilette et une douche. D'autres se débrouillent avec de petits barbecues et des bouteilles pour faire pipi quand les toilettes publiques(ou les boisés tranquilles) se font rares...

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Julien ne quitte jamais Montréal sans une réserve de sauce à spag de sa mère. Quand ils se croisent, les vanlifers partagent un repas avec les produits locaux qu'ils otn trouvé sur leur chemin. Julien en profite pour faire goûter aux Américains du sirop de l'érablière appartenant à sa famille. «Ils capotent!»

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La banquette arrière de la van de Julien se déplie pour devenir un lit Queen. Quand il veut s'épargner le trouble de faire son lit, il se glisse dans son napsack (littéralement: «sac à siestes»). L'atlas, c'est pour le LOL: il ne s'en sert jamais, ce qui ne l'a pas empêché de visiter 45 des 50 États américains...

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Avec un bon forfait de données cellulaires, les réseaux Wi-Fi publics et un ordinateur portable, Julien a son bureau mobile. Et avec ses haut-parleurs surround sound, il est bien «greyé» pour écouter Netflix. Le télétravail n'est toutefois pas obligatoire: en Utah, il a rencontré une femme qui fait du 9 à 5 dans une entreprise informatique et qui rentre chaque soir dormir dans sa van avec son chum.

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Les petits souvenirs s'accumulent dans la van de Julien. Aux États-Unis, il a une région coup de coeur par saison (en hiver, c'est le parc national de Joshua Tree, en Californie). Au Québec, Les Éboulements, Natashquan et le lac Memphrémagog font partie de ses endroits préférés. Quand il passe par la 138, il s'arrête à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré. «J'allume un lampion pour une personne «partie» ou dans le besoin dans mon entourage.»

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Le siège passager peut pivoter complètement, ce qui permet de transformer la van de Julien en petit salon. Même s'il est souvent seul, le Montréalais se sent plus près des autres depuis qu'il a abandonné son appartement. «Avoir des murs autour de nous, ça nous éloigne beaucoup. C'est dans mon condo que je me sentais à l'étroit.» L'envers de la médaille: c'est plus dur de se faire une blonde quand on est un nomade...

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Les vitres teintées permettent à Julien de dormir incognito dans des endroits passants sans se faire déranger par les curieux ou les policiers. Sauf que ça peut avoir des inconvénients... Il s'est déjà fait réveiller en pleine nuit par un couple pompette qui semblait parti pour la totale, accoté sur sa van. «La robe de la fille était levée... Je ne savais pas quoi faire, donc j'ai juste cogné dans la fenêtre. Je n'ai jamais vu une fille courir vite de même!» raconte-t-il en riant.

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C’est mardi, et je marche dans la petite rue de Rosemont où Julien Roussin-Côté m’a donné rendez-vous. Je ne sais pas trop sur quelle portière frapper et je tourne autour d’un truck blanc avec un air inquisiteur avant de l’apercevoir de l’autre côté de la rue. Il m’invite à bord de sa vanbourgogne hyper moderne, c’est-à-dire son chez-lui: ça fait maintenant un an et demi qu’il habite à temps plein dans un camion.

Travailler à Montréal ou sur une plage près de San Francisco, pourquoi choisir?

Après avoir vendu son site web (33mag), s’être blasé de rénover son condo et s’être séparé de sa copine, ce spécialiste du contenu de marque qui a 36 ans a réalisé qu’il pouvait aussi bien travailler à Montréal que sur une plage près de San Francisco, ou encore dans le stationnement d’un Walmart au Wisconsin. Pourquoi choisir?

 

Nomade, version 2017

Ça a l’air qu’il n’est pas le seul à se poser cette question. Plus de 1,5 million de photos sont accompagnées de la mention #vanlife sur Instagram. C’est l’Américain Foster Huntington qui a créé, en 2011, le mot-clic (en référence à la thug life de Tupac), autour duquel ce mouvement s’est cristallisé.

Mais oubliez le stéréotype des vieux hippies aux cheveux longs qui sentent drôle (quoiqu’ils existent et soient apparemment très cool, confirme Julien). Les vanlifers de 2017 sont surtout des professionnels dans la vingtaine ou la trentaine qui veulent un emploi épanouissant, sans être coincé dans un endroit fixe ou un horaire inflexible. Aussi, comme la crise économique de 2008 a fessé fort aux États-Unis, vivre sur la route est un beau pied de nez à la précarité du marché du travail et au prix exorbitant des maisons.

La van life, c’est pas juste un long road trip.

«C’est la nouvelle génération qui veut vivre plus et posséder moins. Ils amènent leurs carrières sur la route: ils sont designers, développeurs web, caméramans ou réalisateurs», raconte Julien. Lui-même gère sur la route une boutique en ligne et son magazine web Go-Van, où il publie des récits de vanlifers.

#vanlife = #sponso? Pour Julien, la van life, c’est pas juste un long road trip. Il se pose régulièrement quelques semaines dans une même ville pour travailler ou simplement recharger ses piles. Il passe aussi environ la moitié de l’année à Montréal, chez des copains ou dans sa van (on a juré de ne pas révéler ses meilleurs «spots» pour dormir dans la métropole).

Mais à regarder les réseaux sociaux des vanlifers les plus populaires — majoritairement des couples hétéros avec de la photogénie à revendre, qui monnaient leur following à des commanditaires —, un paysage à couper le souffle n’attend pas l’autre. Où sont les soirées passées à regarder des séries télé en profitant du Wi-Fi d’un Home Depot, ou encore les douches qu’on prend dans des vestiaires de gym semi-propres? Pour rire un bon coup de cette réalité un ti-peu «stagée», le compte Instagram You Did Not Sleep There fait bien la job.

Les vanlifers s’entraident et se donnent des trucs.

Mais derrière cette façade bien léchée, il y a une véritable communauté tissée serré, assure Julien. Les vanlifers s’entraident et se donnent des trucs: comment assurer sa sécurité lors d’un orage violent; comment cuisiner sans s’empoisonner au monoxyde de carbone; comment rester propre de sa personne avec trois lingettes humides et quart et un accès sporadique aux toilettes du Starbucks; quoi faire quand les enfants atteignent l’âge scolaire (parce que, oui, certaines familles adoptent ce mode de vie)…

Et quand leur itinéraire le permet, ils se voient en vrai. Avec Go-Van, Julien organise d’ailleurs des rendez-vous un peu partout en Amérique du Nord qui attirent des dizaines de vanlifers. Le dernier se tenait en Colombie-Britannique, à la fin juin, pour célébrer le début de la saison des road trips.

Éventuellement, Julien finira par se poser un peu plus.

– Un jour, j’aimerais trouver un terrain sur la côte Ouest — ou au Mexique, où je pourrais habiter l’hiver venu.

Et tu ne t’ennuieras pas de la liberté de la route?

– J’aurai toujours un véhicule pour partir, c’est sûr.

On peut sortir le gars de la van, mais pas la van du gars, comme on dit.

 

 

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