Inspirée d’une véritable série des années 1980, GLOW a fait son apparition sur Netflix à la fin juin. Peut-être que certains ont été intrigués par l’affiche montrant la comédienne Alison Brie (Mad MenCommunityBoJack Horseman) arborant un look électrisant comme la chanteuse Laura Branigan, derrière des lettres de néon. GLOW (de l’acronyme Gorgeous Ladies of Wrestling) s’inscrit dans la même lignée nostalgique que Stranger Things, mais avec un ton davantage humoristique et sans l’aspect surnaturel. À la suite du succès de l’été dernier, Netflix reprend ce format court (10 épisodes de plus ou moins 30 minutes), qui se consomme rapidement et qui propose un retour aux années 1980.

D’emblée, il faut bien admettre que la série s’avère de qualité. Les créatrices de la série, Liz Flahive et Carly Mensch, explorent le monde inusité de la lutte au féminin, en mettant en scène une communauté de femmes atypiques. Celles-ci se lancent dans un projet de série télé déjanté après un appel de casting lancé par un réalisateur blasé mais attachant.

***

Une adaptation mais pas exactement 

(Photo de la version originale de GLOW)

Certains se rappelleront possiblement de la série télé éponyme, Gorgeous Ladies of Wrestling, diffusée de 1986 à 1992. Le GLOW version 2017 raconte l’histoire fictive de la création de GLOW version 80’s. Vous me suivez toujours?

Cette fois-ci, de nouveaux personnages, de nouveaux archétypes sont mis en scène. Ainsi, comme cela est souvent le cas dans le monde de la lutte, des personnages hautement stéréotypés et colorés s’affrontent. Les bons d’un côté, les vilains de l’autre.

Le ton n’est pas que celui de la sitcom, car il tangue parfois du côté du drame de mœurs.

L’accent est d’ailleurs mis sur la rivalité entre deux anciennes meilleures amies, l’enthousiaste Ruth (Alison Brie, épatante comme toujours) et la parfaite star blonde d’un soap d’après-midi, Debbie (Betty Gilpin, impeccable). Grâce aux rôles qu’elles endossent (respectivement la soviet Zoya the Destroya et l’américaine Liberty Belle) elles subliment leurs conflits via des personnages complètement déjantés. Comme le dit le personnage du réalisateur de la série (l’humoriste Marc Maron) la clé du succès réside dans la manière de raconter les histoires.

Le ton n’est pas que celui de la sitcom, car il tangue parfois du côté du drame de mœurs, ce qui permet de jouer davantage avec les attentes des spectateurs tout en évitant des codes trop stricts.

***

Le pouvoir du groupe

Comme pour le soap opera, c’est au fil des épisodes qu’on comprend les rancœurs et les alliances entre les personnages, et on se plaît à en détester plusieurs. Un véritable effet de groupe est ainsi créé ; une communauté soudée faite d’un échantillon très varié est déployée. On y voit d’ailleurs de bons exemples de diversités culturelle et corporelle.

La série possède un je-ne-sais-quoi de fascinant et d’entrainant.

Cela dit, en mettant en scène une pléiade de personnages pour si peu d’épisodes, certains s’avèrent sous-utilisés, voire inutiles, comme les deux vieilles chipies (Edna et Ethel Rosenblatt) et Vicky the Viking. On imagine que c’est pour se garder des possibilités narratives pour la suite, mais pour le moment, elles n’apportent pratiquement rien au récit. Malgré cela, la série possède un je-ne-sais-quoi de fascinant et d’entrainant. Les critiques, pour la plupart dithyrambiques, en témoignent.

***

Un commentaire social

En faisant une série campée dans les années 1980, les créatrices peuvent insérer ici et là des commentaires sur la société de Reagan, notamment via le personnage hilarant de la Welfare queen, profitant abusivement du bien-être social. Avec le recul, il s’agit aussi d’un commentaire sur la situation des femmes de l’époque. Avec le point de vue d’aujourd’hui, ces femmes fortes – au sens littéral comme au figuré – questionnent, indirectement ou non, ce monde sexiste à souhait.

Cette série se dévore en un rien de temps.

Cela dit, même si tout est là pour plaire et qu’il s’agit d’une série fort bien menée, elle ne se démarque pas suffisamment du lot d’excellentes séries produites depuis quelques temps. Du moins, pas pour l’instant. On regrette que certains passages soient un peu trop bonbons, notamment celui du père de la timide Machu Picchu, qui assiste finalement à son match et l’encourage, malgré leur querelle. La série est plus intelligente que ça et aurait dû éviter les lieux communs de ce genre même si, paradoxalement, elle joue constamment avec les clichés du monde de la lutte.

Au final, malgré les légères critiques qu’on pourrait soulever, cette série se dévore en un rien de temps. Enveloppée dans une trame sonore électrisante et des costumes recherchés, la série possède tout pour plaire et parions que la suite contribuera à déterminer sa signature propre.

 

Tous les épisodes de la saison 1 de GLOW, en français et en anglais, sont sur Netflix.

 

Pour lire un autre texte de C’est juste de la TV: «Les femmes fortes de Game of Thrones».

  • Marie-Pier

    Je l’ai terminé hier et j’ai adoré. J’ai fait de la lutte à Montréal dans une fédération de femmes qui s’appelait l’ALF et j’ai eu la chance de rencontrer la lutteuse qui incarne Welfare Queen (Awesome Kong, Amazing Kong).

    En écoutant l’émission, ça m’a ramené en arrière à mes premières pratiques, les premiers bumps.

    J’ai déjà hâte à la deuxième saison.