On dit qu’il n’y a pas de meilleure manière de séduire quelqu’un que par son estomac. Est-ce aussi vrai pour les pays? C’est ce que pensent ces trois Québécois, qui sont partis conquérir les États-Unis une bouchée ou une gorgée à la fois!

À coups de restos, de bonnes bouteilles et de concours de barbecue, Hugue Dufour, Patrice Breton et Simon De L’est ont chacun façonné leur american dream gastronomique. Ils font briller le Québec d’une manière étonnante, même si leurs succès restent peu reconnus dans leur propre contrée.

Nul n’est prophète en son pays, alors URBANIA est allé à la rencontre de ces audacieux personnages qui ont traversé la frontière pour montrer aux Américains ce dont les Quebeckers sont capables…

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Patrice Breton, de la technologie au vin et vice-versa

Patrice Breton se découvre une passion pour le vin à 19 ans, en goûtant un grand sauternes. Mais à cet âge, il n’a pas les moyens d’aller étudier le vin. Quatre ans plus tard, il devient père de famille: se lancer dans un domaine aussi périlleux paraît encore moins évident. Il opte donc plutôt pour la techno.

Cap sur la Californie pour étudier le vin à l’université.

En 1996, aux débuts de la bulle Internet, il cofonde Mediagrif, une entreprise spécialisée en commerce électronique installée à Longueuil qui connaît un immense succès. Au bout de cinq ans, il en cède la direction autant par épuisement que par désir de changement, et il met le cap sur la Californie pour enfin étudier le vin à l’université. Il fonde, en 2003, le vignoble Vice Versa, dans la vallée de Napa.

Les premières années — famille oblige —, Patrice pilote le projet à distance, en direct de Longueuil. Les ados ayant grandi, il vit désormais à Napa à temps plein pour être plus près de sa création.

Et les affaires vont bien. Attention:  Vice Versa n’est pas un vanity project d’homme riche qui s’achète un vignoble pour se donner des airs. Il s’agit d’une véritable entreprise de passion, dont l’objectif est de créer des vins de qualité, élaborés avec le moins d’intervention possible.

Il ne se passe pas une journée sans qu’il ait une nouvelle idée.

Cette production quasi artisanale crée forcément une certaine rareté, même si sa production augmente d’année en année. Et la qualité est au rendez-vous: certaines de ses bouteilles se détaillent jusqu’à 400$!

Par ailleurs, comme il le dit lui-même, il ne se passe pas une journée sans qu’il ait une nouvelle idée d’entreprise: quand on a l’âme d’un fondateur d’entreprise émergente, l’entrepreneuriat et la techno ne sont jamais bien loin! Patrice est donc également à la tête de Wine Price Exchange, une plateforme web où les collectionneurs de bonnes (et chères !) bouteilles de partout dans le monde peuvent échanger de grands crus et négocier des ajouts à leur collection.

Mais l’homme d’affaires s’intéresse plus au vin lui-même qu’au prix qu’il peut atteindre. D’ailleurs, Vice Versa n’est pas son seul vignoble: certains de ses produits vendus sous la bannière Apriori Cellar sont aussi offerts à la Société des alcools du Québec (SAQ). C’est peut-être parce que tout au long de sa sinueuse route vers le vin — et la Californie —, il a toujours été guidé par une passion véritable. Si cette bouteille exceptionnelle dégustée à 19 ans a été la bougie d’allumage de toute cette aventure, les détours auront permis à Patrice de pouvoir mener son projet à bon port pour devenir un vigneron qui n’a rien à envier aux plus grands.

Et pour parfaite votre culture en matière de vins californiens, c’est par ICI!

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Pour découvrir les portraits de deux autres gourmets conquérants: 

Le gars du barbecue

estomac

Le gars du steakhouse

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