Peu importe de quoi il s’agit, on n’oublie jamais une «première fois.» Premier french, première brosse, premier appartement, première fois que tu reçois un retour d’impôts au lieu d’en payer… de bons (ou moins bons) souvenirs!

Ils auraient pu se protéger et en choisir des pas si pires. Et bien non.

Certains humoristes qui participent actuellement au festival Zoofest nous ont ouvert leur boite à confidences pour nous raconter certaines de leurs premières fois mémorables. Ils avaient le choix de nous raconter «une première fois» de leur choix, donc on peut penser qu’ils auraient pu se protéger et en choisir des pas si pires. Et bien non, ils ont été très généreux.

Guillaume Pineault

La première fois que… j’ai eu un one night, j’ai pas bandé.

Pourquoi je te raconte ça, parce que lorsque j’ai eu fini de ruminer des défaites dans ma tête pour m’excuser à ladite dame. Elle m’a répondu: «Chuuuuuuut…. Dis rien Guillaume… je m’excuse» WHAT!? Mais quel chemin t’as fait pour que ce soit de ta faute? Ha mon ex m’a déjà dit que parce que je n’étais pas assez «hot», il ne «bandait» pas. MAIS QUEL TAS DE MARDE. T’aurais dû le fesser dans les «nuts» quand il t’a dit ça, déjà que son «bat» ne fonctionne pas!

En fait c’est juste une anecdote pour souligner: les filles, ce n’est JAMAIS de votre faute!

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Daniel Pinet

La première (et dernière) fois que... je me suis sauvé d’un policier.

J’avais 20 ans. Ça faisait trois mois que j’avais mon permis pis deux mois depuis mon premier accident. J’faisais de la route avec une voiture louée, pis j’avais du Vin Diesel dans l’sang. J’étais rapide et dangereux. Quand les cerises ce sont mises à flasher, j’ai paniqué. J’ai pris la première sortie, j’ai brûlé le stop plus vite qu’un joint au Rockfest.

Cinq minutes plus tard, j’ai compris pourquoi personne ne fait de la course avec une Ford Focus.

Le policier m’a demandé pourquoi j’me suis sauvé! J’lui ai dit que j’étais allergique aux amandes. Il dit ça s’adonne ben, j’donne juste des contraventions. 172 dollars plus tard, j’cogne à sa fenêtre: J’me suis comme perdu en me sauvant. Pourrais-tu me donner le chemin pour trouver l’autoroute ?

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Kevin Raphael

La première fois que… je suis allé aux danseuses, c’était aussi la dernière! 

Mes amis vagabonds m’ont emmené là-bas. Je te confirme qu’à ce moment-là, je suis mal à l’aise. Je ne comprends pas le concept de ces endroits. Je suis perplexe, mais suiveux. PAS MAL SUIVEUX!

J’entre Chez Parée, pour ne pas le nommer, et tous mes sens sont alertes. Ça sent le désespoir. Ça goûte amer. Je vois le smog dans l’air (la fumée I guess). La morosité est palpable et j’entends… Nicki Minaj. Un vrai remix de Coyote Ugly.

Je finis par me faire offrir une danse. WASH! Inconfortable, je me suis mis à lui compter des jokes. Elle ne voulait rien savoir, (ou j’étais simplement pas drôle). LE FAIT EST que, sans faire exprès, je lui ai mordu le mamelon.

Ça n’a pas pris de temps pour qu’un gorille me prenne dans ces bras pour me faire goûter à l’asphalte.

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Maude Landry

La première fois que… je me suis cassé le nez (c’est arrivé plusieurs fois)

L’automne de mes 9 ans. Je jouais dehors avec mes frères. Je voulais les faire rire. Je les avais vus rire d’un bonhomme dans un dessin animé qui marchait sur un râteau et recevait le manche en pleine face. Doing! Ouille! Haha! J’ai donc fièrement pilé sur le râteau.

Mais au lieu de faire Doing-Ouille ça a fait Crac-Boum parce que je suis tombée. Quand tu te blesses dans la vie, c’est différent. Tu ne vois pas d’étoiles et un plaster n’apparaît pas sur ton bobo. Ça fait mal. Avec mes yeux au beurre noir, pas tant eu le choix de passer l’Halloween déguisée en zombie… Au moins, paraît que mes frères ont ri.

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Charles Pellerin

La première fois que… j’ai su que le Père Noël n’existait pas.

J’avais sept ans. Cette année-là, j’ai reçu de magnifiques cadeaux. Un filet de hockey, un Gameboy et quelques Barbies (la figurine, pas le resto).

Ça ne me gênait pas du tout de jouer avec des jouets de «filles». Même que si mes amis trouvaient la clé du cabanon et ouvraient le sac de la tondeuse, ils pouvaient facilement tomber dessus…

Le 26, mes parents me demandent au coucher: «T’as aimé ton Noël?» J’ai répondu: Oui, mais c’est la dernière année que je fais semblant de croire au Père Noël. «Hen, pourquoi tu dis ça? Bin, pense pas qu’il cacherait mes cadeaux dans votre armoire..»

Ça prenait pas un adulte pour savoir que si le barbu avait une planque, elle n’était clairement pas à Laval.

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Joe Guérin

La première fois que… j’ai rencontré ma copine.

On s’était donné rendez-vous à la Distillerie, parce qu’on dira ce qu’on voudra, mais six litres d’alcool dans un pot Masson ça dégêne les gens rapidement!

On jase, on a du plaisir et la soirée va bien. En finissant ma 2e chaudière de boisson, ma vessie me fait signe qu’elle irait volontiers déposer son contenu dans un endroit conçu à cet effet, alors je me dirige vers la salle de bain. Tout se passe à merveille, mais en revenant, petit inconvénient, ma date s’est poussée…

Je m’assois donc, seul, à la table un peu triste. Je commande un autre verre et je texte mon coloc pour me trouver un autre projet de soirée.

Le temps passe, je finis mon dernier verre et je décide de texter la fille disparue:

– Dommage que tu sois partie, bonne soirée quand même.

Elle me répond immédiatement:

– Je ne suis pas partie…

Finalement, les pots Masson ne m’avaient pas juste dégêné… ils m’avaient aussi fait m’asseoir tout seul, à la mauvaise table, pendant 20 minutes.

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Coco Beliveau

La première fois que… j’ai embrassé un garçon.

Je fréquentais un Québécois qui était au Nouveau-Brunswick pour l’été. On c’était rencontré à un centre d’activité pour jeune, pis je l’ai laissé essayer de me montrer comment jouer au pool. Je dis «laissé» parce que c’était carrément du «mansplaning» ou plutôt «boysplaining» parce que je savais vraiment mieux jouer que lui.

Je voulais le revoir donc je l’ai invité chez moi sous prétexte que j’avais mal au dos et qu’il pourrait me masser les épaules (je sais je  «cruisais» déjà comme une cougar). Je voulais vraiment qu’il pense que j’étais sexy et je ne trouvais pas que j’avais du linge qui ferait la job. Donc j’ai mis une des vieilles chemises de douanier trop grosse de mon père avec une ceinture. Y trouvait pas ça weird du tout que je sois déguisé pour notre date et je savais à ce moment-là que j’avais trouvé le bon.

On s’est frenché toute l’après-midi et il est même venu à l’université au Nouveau-Brunswick (pis on s’est frenché là aussi).

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On remercie les humoristes pour cette belle dose de malaise et d’humilité. Pour en connaître plus sur ces artistes qui ont laissé leur gêne au vestiaire(!) il n’y a pas de meilleure façon que d’aller les voir en spectacle! Et ça tombe bien, ils sont un peu partout au Festival Zoofest qui se tient au centre-ville de Montréal jusqu’au 29 juillet. À peu près toutes les salles dans le coin du Quartier des spectacles présentent des shows (Les Katacombes, le Monument-National, le Café Cléopatre, le Théâtre Ste-Catherine, l’Agora Hydro-Québec et j’en passe).

Le festival Zoofest, qui en est à sa 9e édition, est maintenant un incontournable de la période estivale pour découvrir de nouveaux talents en humour. Zoofest, ça se passe MAINTENANT et tous les artistes n’attendent que vous dans leurs salles! Allez les voir, parce que rire en été, c’est plus le fun que pleurer en hiver.

 

Pour lire un autre texte d’Antoine Desjardins: «Complète la phrase…avec Mehdi Bousaidan, humoriste».