Ça y est.
C’est la fin.
Il.Elle est parti.e.
De même.
Sans trop d’explications.
Au revoir.
Finito cette union amoureuse dans laquelle tu vivais un présent réconfortant et pour laquelle tu envisageais un futur prometteur.

Oui, ça arrive.
Ça arrive de ne pas voir venir la fin d’une relation, and then… BAM. Allumette craquée et tout part en fumée.
C’est un fait: une vie de couple, ça n’a pas de règle, pas de protocole, on ne sait jamais si notre histoire se soldera par un game over précipité. Il n’y a pas nécessairement 3 prises avant le retrait, documentées par un arbitre qui call la shot.

A-t-on sublimé la relation alors que le bateau coulait?

Ça se peut que tel l’être secret, Bibi ait silencieusement pensé à son affaire. Comme ça. En maintenant sa routine, ses sourires, sa vie sur le pilote automatique, sachant que mort relationnelle il y aura. Malgré ce manque de transparence, ce manque de cohérence, ce manque d’honnêteté (appelez ça comme vous voulez), it is what it is.

A-t-on joué à l’autruche? A-t-on sublimé la relation alors que le bateau coulait et qu’on ne se rendait compte de rien? Après tout, on dit que l’amour rend aveugle: peut-être qu’on avait vraiment fini par se fermer les yeux ben ben fort?

On a beau revirer la situation de tout bord tout côté, chercher l’événement, la phrase, l’élément déclencheur qui a pu faire basculer les choses, on n’a pas nécessairement de réponse.

Est-ce que j’ai perdu du temps avec lui.elle?

Il.elle met fin à la relation à la fin d’une longue réflexion silencieuse.
Son deuil est fait.
Le tien commence.
Oh well.

Ça peut être dur à accepter.
Ça peut être dur à digérer.
La rupture peut se présenter comme un déclencheur qui nous confronte à des enjeux nettement plus existentiels que «on était en couple», «maintenant on ne l’est plus».

Parce que c’est pas juste le fait de se retrouver seul.e qui peut faire mal. C’est aussi le fait que l’autre ait décidé de nous laisser seul.e. Double ouch et triple meh.

«J’veux quoi finalement? Est-ce que j’ai perdu du temps avec lui.elle? Mais non, j’ai appris! J’ai appris quoi, au juste? Est-ce que je vais vivre autre chose de mieux? De pire? Est-ce que je vais vivre autre chose? Qu’est-ce que j’espère, hein?».

Flot de questions internes, flots de conseils externes.

«Du temps, oui, il te faut du temps.»
Mais on parle de quel délai?
Est-ce qu’il y a un moment où on doit en revenir?
Est-ce que je vais porter ma peine ben ben longtemps? Parce qu’elle est lourde pas mal…
Et moi, est-ce que je suis lourd.e? Me semble que j’en parle souvent…

«DU TEMPS, OUI, IL TE FAUT DU TEMPS.»
Mais quand vient-on à bout de ce chagrin?
Dois-je le faire disparaître complètement tel l’exterminateur du feeling désagréable ou dois-je mettre un collant dans mon cahier quand je me rends compte que je tolère mieux la douleur?

En fait, docteur, une peine d’amour, est-ce que ça se guérit complètement ou ça laisse inévitablement des séquelles?

Ça dépend.
C’est rough une peine d’amour.

On n’oubliera pas les beaux moments qu’on a vécu avec l’autre. C’est ce qui est à la fois beau et douloureux.

Le cheminement post-rupture douloureuse c’est une sacrée ride émotionnelle. Il y a des choses sur lesquelles on sent qu’on a moins de contrôle. Le sentiment-boomerang qui nous revient dans la face quand on s’y attend le moins en fait partie. Dans ce cas-là, une chanson, un objet, une odeur peut nous activer le post-trauma en 3 secondes.

I hope you don’t mind, I hope you don’t mind, that I put down in words, how wonderful life is while your in the… “NNNNNNNNNNNONNNNNNNNNNN. CHUT. NON CHUT NON.

Mais hein, on n’oubliera pas les beaux moments qu’on a vécu avec l’autre.
C’est ce qui est à la fois beau et douloureux.
Paradoxal.
Les souvenirs apaisent et écorchent.

Tôt ou tard, ça va aller mieux.

On ne devrait pas s’en vouloir de ne pas être immunisé.e contre les sentiments inconfortables. C’est normal de pleurer / d’être en crisse /d’être déçu.e / de se sentir anéanti.e, de focusser sur ce qu’on perd avant de considérer ce qu’on peut éventuellement gagner. Elle l’a dit, Marie Carmen: «Faut rouler la nuit pour arriver à comprendre les mille et un détours qu’on donne à la vie pour la laisser nous surprendre et voir enfin le jour ».

En attendant que ça passe, on vit une déception proportionnelle à l’amour qu’on avait pour l’autre.

Des fois, il faut la visiter, la douleur, même si elle est provoquée par quelqu’un à qui on ne voudrait dont pas donner le pouvoir de nous faire souffrir. On peut y aller et plonger dans le deep pour toucher un fond et se donner un swing avec nos p’tites jambes pour remonter à la surface.
L’air est là.
La lumière est là.
Tôt ou tard, ça va aller mieux.

Avec lui.elle on aurait voulu. Mais il.elle ne voulait plus.
Chose certaine, on ne devrait pas s’en vouloir d’y avoir cru.

 

Pour lire un autre texte de Julie Lemay: «C’tu normal si… j’pense à reprendre avec mon ex?»

  • XTB

    Bonjour,

    Vraiment un très beau texte…

  • Kevin Gélinas

    Merci,je peux pouvais pas mettre de mots a la mienne.

  • Cb

    On peut-tu juste écrire en français OU en anglais. Juste choisir et cesser de bâtardiser une langue qui n’a pas besoin de mots anglais pour s’exprimer avec justesse, profondeur et intelligence. M’énerve cette pseudo « coolitude »

    • XTB

      Je suis d’accord avec toi; c’est ce qui m’énerve le plus dans le style Urbania.