Je suis présentement aux Îles de la Madeleine pour la première fois de ma vie, et j’aime vraiment ça. Comme on dit par ici: «What a découverte!», prononcé «ouatte».

Pour m’y rendre, je me suis levé à 4h30 du matin, heure de Montréal. Chaque fois que je me lève tôt dans la vie, j’ai le sentiment que je suis censé aller à l’aéroport (ça te donne une idée sur mes habitudes de sommeil), mais cette fois, je devais y aller pour vrai. Ça tombait bien.

Je dis ça, mais dernièrement, je me suis levé très très tôt (pour vrai, genre 5h30 plus qu’une fois) et me suis couché tard (pour vrai, genre une heure du matin ou plus). J’avais l’impression d’avoir le rythme de vie de Dwayne The Rock Johnson, mais sans le cheat day de 10 000 calories et la bonne humeur au réveil.

Notre itinéraire était au monde aviaire, ce que la ligne jaune est au métro de Montréal.

J’ai pris un bébé avion où l’on voyait le poste de pilotage. Je vais te le dire: il a du piton au pied carré (l’objet, pas le serpent).

On était six passagers (ma sœur, son mari, moi, la blonde du pilote et un couple d’amis à eux). On avait l’air d’avoir demandé un lift.

Le pilote aurait pu faire un parking parallèle en mettant sa main droite sur le banc du copilote en regardant derrière. Te dire la petitesse de l’avion, en embarquant, j’ai eu le réflexe de dire: «SHOTGUN EN AVANT!». Apparemment, ça ne fonctionne pas comme ça dans le monde de l’aviation.

On a fait un arrêt à Québec, puis à Bonaventure pour finalement arriver aux Îles de la Madeleine. Notre itinéraire était au monde aviaire, ce que la ligne jaune est au métro de Montréal. Les vrais savent.

Nous avons été accueillis aux Îles par Sébastien et sa copine Laurence qui vivent dans un minibus qu’ils ont aménagé en roulotte. Probablement l’endroit le plus chaleureux que j’ai eu la chance de visiter après le Krispy Kreme (ils donnent un beigne gratuit à l’entrée pendant que tu regardes la chaîne de montage desdits beignets qu’on dirait de l’air sucré quand tu les croques, manque juste que le staff soit des lutins et t’es au paradis; si ça, ce n’est pas chaleureux!).

Le monde se lifte beaucoup ici. Du vrai de vrai transport en commun.

T’sais des voyageurs, mais des vrais. Pas des clichés de voyageurs comme toi et moi, qui reviennent avec des tresses dans les cheveux et un bracelet autour de la cheville (j’en ai un, je l’ai acheté au Nicaragua, MAIS! Je n’ai pas les tresses… je n’ai pas trouvé la personne qui les faisait).

Si jamais tu veux te promener sur l’Île, je te conseille de te louer un char ou ben sinon, encore plus simple: fais du pouce. Le monde se lifte beaucoup ici. Du vrai de vrai transport en commun.

Merci les Madelinots (c’est ainsi qu’on appelle les gens des Îles).

Ça se veut venteux dans l’boute! Seb m’a montré à piloter une caravelle qui est un petit bateau à voiles ainsi qu’à faire de la planche à voile. Le bateau à moteur avait la mine basse sur le bord du quai.

Je suis hébergé au-dessus du restaurant qui est affilié à la salle de spectacle des Pas Perdus où j’ai joué mon spectacle samedi et lundi soir (à guichet fermé, pour ne pas dire FUCKING SOLDOUT BABY! Merci les Madelinots (c’est ainsi qu’on appelle les gens des Îles. Je ne fais pas que des rigolades, j’apprends aussi des choses à mes lecteurs.)). DOUBLE PARENTHÈSES, JE M’EN FOUS DES CONSÉQUENCES!

Ça se marche mal 205 km2 en un après-midi relaxe.

J’ai marché les pieds dans l’eau. Elle était froide au début, mais ensuite, très bonne. Une piscine à 57. Ça saisit, mais tu peux t’habituer le gros orteil. Le bedon, c’est autre chose.

On s’est cherché une voiture à louer pour pouvoir se promener parce que mine de rien, ça se marche mal 205 km2 en un après-midi relaxe. Bil (mon Brother-In-Law, je suis bilingue) descend au resto demander à la serveuse où l’on peut se louer une voiture:

«Je peux te louer la mienne. La clé est pognée d’dans, il y a une vis en dessous du volant que tu tournes en pesant sur le break et la clutch pis ça part. Tu peux la laisser devant le resto dimanche. Barre pas les portes, je n’ai pas de clés. Ah! Pis, tiens la porte côté chauffeur quand tu l’ouvres, elle a déjà pogné dans le vent et elle tombe de temps en temps.»

J’espère croiser un pouceux pour pouvoir l’embarquer.

Une tite minoune que j’ai baptisée Flash. Elle était rouge. Un charme à chauffer.

Il n’y a pas grand-chose qui me donne plus foi en l’humanité que quelqu’un qui me passe son char débarré. J’espère croiser un pouceux pour pouvoir l’embarquer.

 

Pour lire un autre texte de Jay Du Temple: «Harry Potter pour les nuls/moldus».