Patrick Lagacé ne fait pas que commenter l’actualité, des fois, il la fait. Son influence est telle que des policiers du SPVM ont cru bon mettre son cellulaire sous écoute pendant des mois afin de connaître le nom de ses sources. Ses chroniques dérangent et sa plume n’a aucun complexe. Capable de chroniquer autant sur les jeux de coulisses au SPVM que sur le dernier but de PK Subban, le journaliste-vedette de La Presse s’est fait autant d’ennemis que d’amis durant sa déjà prolifique carrière. Les politiciens le craignent, les victimes d’injustice le courtisent, les milléniaux savent pu trop s’ils l’aiment ou pas… mais ce qui est sur, c’est que Pat Lagacé ne laisse personne indifférent.

C’est pourquoi, chez URBANIA, on a pensé le contacter le temps d’un article « Complète la phrase… » Habitué de poser les questions, l’ancien franc-tireur s’est prêté au jeu de répondre aux nôtres.

Rencontre avec un homme en or toujours à la recherche d’une bonne histoire.

Dans une société, les médias sont… à la fois essentiels et porteurs de superflu, rigoureux et brouillons.

Les réseaux sociaux ont changé… ma perception du public: j’ai pu y constater qu’il y a pas mal plus de tatas que je pensais, parce qu’ils s’y montrent au grand jour.

Les politiciens québécois ont l’habitude de… (je ne vais pas les bitcher….) d’écouter les citoyens davantage que les politiciens fédéraux. 

La police sert… de bouc émissaire à pas mal de monde.

Les faits divers… m’ont construit comme journaliste: je ne vivrai jamais rien de plus difficile professionnellement que quand je cognais aux portes de familles frappées par des drames, surtout au Journal de Montréal. Ils sont aussi moins couverts qu’ils ne l’étaient il y a 25, 30, 35 ans; d’abord et avant tout parce que le crime est en baisse.

Je me lancerais en politique si et seulement si… je pensais que je pouvais apporter une contribution à mon quartier: conseiller municipal, après ma carrière de journaliste, c’est la seule option qui puisse me faire faire de la politique.

Les milléniaux… n’ont rien de particulier, si on les compare à toutes les générations montantes depuis 100 ans: créatifs, plus-ouverts-sur-le-monde et… insupportables de certitudes sur leur valeur.

Les chroniqueurs d’opinion… que je préfère sont ceux qui ouvrent leur calepin de temps en temps pour faire du reportage, plutôt que de tout le temps dire «Moi, je pense que…».

Une bonne histoire, c’est… une chose indéfinissable, mais que je reconnais dès que j’en aperçois les contours.

Pour un scoop…  je ne vendrais pas ma mère, non (je sais que tu voulais que je réponde que je vendrais ma mère pour un scoop).

Je ne voulais pas qu’il réponde vouloir vendre sa mère, je voulais qu’il nous donne des trucs comment en obtenir un! Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va connaître ses méthodes, maudit. Par contre, Patrick Lagacé nous montre une fois de plus qu’il est capable de soutenir des opinions tranchées et qu’il peut aussi faire preuve d’une grande sensibilité.

Une main de fer sur un clavier de velours, finalement. Vous pouvez évidemment le lire dans La Presse, l’entendre au 98.5FM et le voir à Télé-Québec et Radio-Canada. Rares sont les journalistes à avoir autant de tribunes sur autant de plateformes. Profitons-en.

 

Pour lire un autre texte d’Antoine Desjardins: «Complète la phrase…avec le Docteur Bensoussan, superstar de l’hôpital Charles-Lemoyne».