(1/2) « J’ai une fille de sept ans que je ne peux pas voir parce que son père ne me laisse pas la voir. Moi, honnêtement, je fume du pot, pour mon cancer. Le médecin ne veut pas me le prescrire donc je n’ai pas le choix de me le procurer dans la rue, je passe donc pour une grosse junkie et je n’ai pas le droit de voir ma fille. Son père l’a shakée, elle marche croche aujourd’hui à cause de lui, mais c’est moi la criminelle, pognée dans la rue à ne pas pouvoir voir ma fille. Lui il a du cash, il est capable de se payer des avocats. C’est l’argent qui mène le monde. »

(2/2) « J’ai toujours dit à ma fille qu’elle ne manquerait jamais d’amour de ma part. J’ai même son nom tatoué sur ma jambe – check pas les poils, j’suis dans la rue. Je sais qu’un jour elle aura le choix de décider de me retrouver. Elle va grandir et un jour elle va dire « Je veux voir maman. » À douze ans elle aura le droit de voir sa mère. Elle va bientôt avoir huit ans, il me reste quatre ans à attendre, et ça en fait déjà deux. »

Voilà un grand-père bien entouré !

« Je porte Livestrong sept jours sur sept, tout le temps. C’est comme mon armure. Ils m’ont sauvé la vie, parce que quand mon cancer est arrivé, ont m’a donné dix mois à vivre, tout au plus. Les médecins sont entrés dans notre chambre, ils pleuraient, ils étaient désolés parce que « personne n’a jamais survécu à ce rare type de cancer. » C’était il y a dix ans. Livestrong m’ont envoyé des livres, de l’information, et toutes sortes d’affaires : des manières de combattre et des manières de dealer avec ça, et ça a marché ! Je n‘ai pas accepté l’idée que je ne pouvais pas gagner. J’ai suivi ce que Livestrong m’ont dit : « Il faut toujours qu’il y ait une première personne. » Il y a eu la première personne à piloter un avion, la première personne à faire rouler un vélo, la première personne à inventer la roue. Ils m’ont dit « Tu as juste à devenir la première personne à survivre à ce cancer. » Et dès que j’ai commencé à reprendre des forces, et que j’ai commencé à battre le cancer, j’ai voulu redonner à la cause. Donc après que Livestrong ait travaillé si fort pour m’aider à survivre, maintenant je veux aider les autres à survivre. Donc je le porte. C’est sur toutes mes photos, toutes mes vidéos YouTube. »

[Le portrait de Nanny Kath est une des histoires inédites que nous avions collectées pour le livre Portraits de Montréal. Ce segment-ci n’a finalement pas été publié, mais vous pouvez en apprendre plus sur cette incroyable grand-mère double amputée qui fait du skateboard à la page 328 :) ]

Pour découvrir un autre Portraits de Montréal: «Je veux qu’ils soient forts».