Papa est un mot rassurant, chaleureux, simple mais avec une lourde responsabilité. Il n’est rien sans la mère, mais on lui doit beaucoup.

C’est Papa pour les petits, Pôpa pour les plus vieux, P’pa pour les plus grands, Dad pour les bilingues, Daddy pour les Anglos, Monsieur quand il est en colère, Papi pour les tout-petits.

Un père, ça s’endort sur le divan trop tôt.

Un Papa c’est rarement impressionné, souvent impressionnant. Ça contrôle le BBQ, ça te montre à faire du vélo en courant en gougounes avec des bas dedans derrière toi. Ça se choque quand tu te fais mal parce qu’il ne voudrait jamais que ça arrive. Ça écoute CHOM 97,7 ou le poste de musique classique sauf le matin, ça écoute Paul Arcand pour se tenir au courant. Le dimanche, ça lit La Presse+. Un père, ça n’a jamais lu de Archie, mais ça sait lire la bourse. Et ça t’en parle. Et toi, même si ça ne t’intéresse pas, tu l’écoutes. Parce que c’est ton père.

Quand tu gradues, un père, ça pleure.

Un père, ça s’endort sur le divan trop tôt. Ça part pour ses rendez-vous toujours trop tard, mais ça arrive toujours à l’heure. Toujours pressé, jamais en retard. Son heure est toujours la bonne.

Un père, ça a la même coupe de cheveux depuis qu’il les a coupés après sa passe « Led Zeppelin/Pink Floyd ». Ça écoute encore les CD de Led Zeppelin et Pink Floyd, mais ça tripe ben raide sur Michael Bublé et sur « le p’tit nouveau… Comment qui s’appelle donc? Le p’tit rouquin. Il a des tatouages plein les bras, mais ses tounes sont bonnes? Tu le sais toi, t’es jeune. Check dans ton iPod. ED SHEERAN! C’est ça. »

Un père, c’est ricaneux quand c’est l’heure du souper et sérieux quand c’est l’heure de travailler

C’est toujours lui qui chauffe, sauf en revenant d’un mariage, là c’est la mère ou l’enfant parce que « j’pense j’suis correct, mais j’prendrai pas de chances. LÈVE LE SON! C’EST LA TOUNE DU P’TIT ROUQUIN! » C’est content quand toute la famille est dans l’auto en même temps.

Un père, ça a des caps d’acier, ça ne les enlève pas dans l’entrée, ça choque la mère, ça finit par les enlever, et ça met ses crocs en dedans.

Un père, ça rit fort et ça devient rouge. Un père, c’est ricaneux quand c’est l’heure du souper et sérieux quand c’est l’heure de travailler, sauf quand la job a bien été, là ça lousse les caps d’acier, ça offre une bière et ça rigole.

Un père, ça lui va bien la bedaine.

Un père, ça a des verres transitions et il considère ça comme l’invention du siècle.

Un père, ça ne veut pas d’animal de compagnie. Une fois qu’il accepte d’en avoir un, c’est lui qui tripe le plus dessus.

Un père, ça a toujours une machine pour faire de l’exercice dans la maison, ça l’utilise le premier jour, puis plus jamais. Un père, ça dit : « J’avais ta shape à 25 ans! », en se servant un deuxième pouding chômeur. Un père, ça lui va bien la bedaine. Quand tu lui dis ça, il sourit.

Un père, ça coache l’équipe de son enfant quand il n’y a personne qui veut le faire.

Un père, c’est fort, mais pour vrai. Pas fort « gym/shake », fort « j’lève l’arbre qui est tombé sur le chemin, mais je demande à mon fils de mettre le 18L d’eau dans la machine parce que c’est trop pesant ».

Un père, ça te bâtit une patinoire dans ta cour pour que tu puisses jouer au hockey tous les jours. Ça te nettoie la piscine pour que tu puisses te baigner tout l’été. Ça se déguise à l’Halloween pour la passer avec toi pendant que Môman donne les bonbons.

Un père, ça coache l’équipe de son enfant quand il n’y a personne qui veut le faire. Ça lift, encourage, attend, et conseille. Ça paye pour l’équipement, paye pour la saison, s’obstine avec la mère quand il faut manquer une journée d’école pour un tournoi, ça dit que ça a « hâte que t’aies ton char pour que tu y ailles tout seul! », mais quand tu finis par l’avoir ton char, ça vient pareil voir les games parce qu’un père, c’est fan.

Il a fait tout ça, et bien plus, pour ma mère, mes sœurs et moi.

Il est né en 64, comme mon Nintendo préféré. Il est né le 26, comme l’âge que j’aurai. Il est né en janvier, mois où il me bâtissait une patinoire dans la cour pour me permettre de toujours jouer au hockey.

Mon père, je l’appelle « P’pa », dans mon cell, c’est « Dad », et ma mère l’appelle Yvan. Il a fait tout ça, et bien plus, pour ma mère, mes sœurs et moi. Il était sublime quand j’étais enfant, et chaque jour, il se surpasse.

Papa est un mot rassurant, chaleureux, simple mais avec une lourde responsabilité. J’ai la chance d’avoir le meilleur exemple de père. Merci pour tout Papa. Si un jour, je deviens père, moi aussi je m’achèterai des caps d’acier et des verres transitions.

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Et il y a quelques semaines, Jay nous parlait aussi de son père, avec cette vidéo réalisée pour L’équipeur. Il était accompagné de Rosalie Bonenfant, Claude Bégin, Charles Hamelin et Julien Lacroix!

 

Pour lire un autre texte de Jay Du Temple : « Je dormirai quand je serai mort »

  • Christine St-Amour

    Très beau texte! :) Moi aussi j’aime mon père <3