Mardi, cette annonce de «l’entreprise» Tonte de gazon Mickey nous a fait tomber en bas de nos chaises, au bureau d’URBANIA.

Pour 11,25$ de l’heure, en plus d’un pourboire de 5$ par terrain (aille… WOW!), il vous est donc possible, mesdames, d’entretenir des pelouses en petite tenue. Pourquoi en petite tenue? Parce que c’est bien connu: de la tourbe, ça s’enlève mieux en kit sexé.

L’auteur de l’annonce, un dénommé Mickey Jefferson, semble posséder une compagnie de tonte de gazon. Première vérification faite, son bureau de Mickey Mouse ne fait pas partie du registre des entreprises du Québec. Peu surprenant. Puis, son annonce sur Kijiji a été retirée après quelques heures seulement (Mise à jour : l’annonce est de nouveau en ligne). Sa page Facebook peu garnie qui date du 2 juin 2017 est quant à elle toujours active. Résultats : mis à part posséder un nom de vilain dans un film de Quentin Tarantino, on en sait peu sur lui. À part qu’il trouve visiblement ça excitant une fille en g-string sur un John Deer

Est-ce une blague? Un coup de marketing? Une véritable business aux objectifs douteux? Impossible de le savoir, mais en cette semaine du grand prix de la F1 où l’exploitation sexuelle de notre siii belle province est à son apogée, j’ai fait une Marie-Maude Denis de moi-même pour essayer de trouver la réponse.

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Oh Mickey, you’re so fine, you’re so fine you blow my mind…

D’abord, notre collaborateur Antoine Desjardins a téléphoné au numéro indiqué sur son annonce afin de lui montrer «son intérêt pour les services proposés». Pas de réponse. Quelques heures plus tard, un numéro inconnu tente de le joindre. Lorsqu’il répond de sa grosse voix d’homme viril… clic. Plus personne au bout du fil.

Ensuite, moi je téléphone à Mickey. Pas de réponse. Quelques heures plus tard, un numéro inconnu tente de me joindre. Lorsque je réponds avec ma voix de minette… clic. Plus personne au bout du fil.

…Jusqu’à que je reçoive un texto : «Salut c est gazon mickey!». Il s’agit bel et bien du numéro indiqué dans l’annonce. Let’s go mon Mickey Mouse, m’a t’en tondre une pelouse, moi.

Dans cette conversation, je m’appelle Kate, je suis étudiante et j’ai 20 ans. J’ai essayé de voir jusqu’où il était prêt à aller pour son entreprise OU sa blague. À noter que j’ai ajouté volontairement des fautes d’orthographe pour le déjouer. Moi pis J.E., même gang. 

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Nous sommes dé-goû-tés

C’est sûr qu’avec un slogan de compagnie comme «Laissez-nous vous faire la cour…» c’était difficile de croire que Mickey était autre chose qu’un mononcle libidineux (a-t-il vraiment 30 ans?). Mais de là à penser qu’il laisse croire à des jeunes filles qu’elles seront «choisies» (quelle chance!) si elles envoient des photos de leurs seins nus? Ça nous donne envie de vomir.

À Mickey et tous ceux qui ont possiblement appelé pour faire appel à ce service de désherbage, contentez-vous donc de vous masturber dans le confort de votre bungalow. Pas besoin de faire ça un samedi avant-midi ensoleillé assis sur votre balcon avec votre pichet de thé glacé.

Est-ce que c’est une mauvaise joke, on ne le sait toujours pas. Mais comme le corps des femmes est toujours aussi objectifié même si on est en 2017, que Tonte de pelouse Mickey existe ou pas, les comportements misogynes, sexistes et d’aussi mauvais goûts, eux, sont encore bien présents. Quand le leader of the free world déclare qu’il est correct de grabber des femmes par le pussy, ça peut donner l’impression à certains pogos moins dégelés qu’il est correct de publier ce genre de petites annonces. À la blague ou pas.

Même si clairement toi tu trouves ça drôle.

 

 

Avec la collaboration d’Antoine Desjardins.

 

Pour poursuivre la lecture : «Comment gérer un troll»

  • Gina Tremblay

    Bravo ! J’me demandais bien jusqu’où vous iriez. Topless c’est fort. Accrocher de l’argent à la culotte , J’en revient pas. Moi Mickey j’le voit comme un gros deguelass qui pu. Ou des fois comme un jeune speed sur la coke jamais sorti de son paclin. Entk il ne connaissait sûrement pas Urbania. Vous l’avez bien eu. Ça p’tite job d’été c’est foutu. Ça fait un Mickey de moin. Merci Urbania.

  • Josée Lambert

    J’ai déjà vu cette annonce là, sur Kijiji , l’année dernière. Alors, ça fait longtemps qu’il fait dans la tonte, ce Mickey.

  • Fab

    Le seul aspect de cette affaire avec lequel il existe un problème éthique, en ce qui me concerne, c’est ce rapprochement avec une certaine forme de proxénétisme, si on étire à la limite du raisonnable sa définition. Mais je pense tout de même qu’il n’y a raisonnablement pas de quoi s’affoler. Pour le reste, ce sont des transactions entre adultes consentants. Le fait que ce soit à caractère sexuel est-il dégueulasse? Non. Est-ce que j’y participerait personnellement? Non plus. Est-ce nécessaire d’humilier publiquement cette personne parce qu’elle désire exploiter l’attrait sexuel qu’ont des jeunes femmes auprès des «vieux cardiaques»? C’est débattable.

    • Frédéric de Badereau

      Ben demander une photo topless pour avoir plus de chance d’avoir un emploi, c’est quand même un poil limite. Et l’humiliation est quand même pas si publique vu qu’on n’a pas vu sa face (ni son chest…)

      • Fab

        Si vous n’êtes pas capable d’identifier cette personne avec son nom complet, tant mieux pour Mickey, j’imagine. Mais j’ose avancer que la majorité des gens savent le faire. Et pour répondre à votre premier argument, il a demandé une photo seins nus APRÈS que la candidate fictive ait explicitement et spécifiquement offert de travailler «topless» afin de gagner plus d’argent. Elle a on ne peut plus clairement communiqué qu’elle était prête à montrer ses seins en échange d’avantages ou d’argent. Encore une fois, transactions (douteuses, j’en conviens) entre adultes consentants. Personne n’a forcé personne à faire quoi que ce soit. J’irais même jusqu’à dire que les habiles rédacteurs de cet article ont intentionnellement installé ce piège afin d’obtenir ce genre de résultat. Ils étaient clairement à la pêche au sensationnalisme.

  • Bagheera

    bravol’équipe, même s’il n’a rien compris à la dégueulassitude de son concept.

  • Catherine

    Merci à votre équipe de mettre ce genre de tas de marde en lumière, c’est effectivement un beau travail!
    Qu’il s’agisse de prostitution « de luxe » en sous-produit du grand prix ou de désherbage en g-string pour vieux porcs libidineux, deux réalités sont mises à l’évidence: 1- la perversité existe et existera toujours et des imbéciles en profiteront tant que 2- les femmes et jeunes filles seront « willing » de s’offrir en pâture. Sad but true…l’argent facile à un prix. il est souvent très élevé.
    Qu’on se le dise…le respect de soi, ça n’a pas de prix…j’espère que beaucoup de gens verront cet article et en parleront!
    En tout cas, voilà un topo d’intérêt général foutrement bien ficelé. Merci Urbania. screw you Mickey mou.