Représentant emblématique de la pure montréalitude, Laurent Saulnier ne peut que constater la chute libre de l’assistance musicale dans sa ville. «Il y a 20 ou 25 ans, un grand vendeur de “tickets” d’ici pouvait jouer 10 ou 15 fois au Spectrum dans une année», raconte le vice-président à la programmation et production de L’Équipe Spectra.

expérienceC’était normal de faire une première médiatique le mercredi,avant d’enchaîner les shows jusqu’au dimanche. La seule manière pour les gens de banlieue de voir Michel Rivard, par exemple, c’était de traverser en ville. Maintenant, ces artistes font un soir à Montréal; ensuite, ils jouent à Laval, à Brossard, à Terrebonne, à Longueuil, à Beloeil, à Saint-Eustache…»

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On a beau avoir ri de son design urbain, de sa fontaine, de son spa décontracté entre deux autoroutes et de son cinéma VIP à 22 $ l’entrée, force est de constater qu’en une décennie, le Quartier DIX30 a su s’imposer comme un incontournable de l’économie culturelle de la Rive-Sud. Le succès cosmique de L’Étoile a permis l’avènement et le remaniement d’autres espaces de diffusion banlieusards, de Sainte-Thérèse à Laval en passant par Saint-Eustache et (prochainement) Repentigny et Saint-Jérôme.

Les artistes se produisent de plus en plus en banlieue avant la ville. Mais pourquoi?