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Sur la route menant à Abbottabad où se trouvait Ben Laden.

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Un agent de sécurité dans un poste de péage.

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À Islamabad, la nuit, pour réduire les risques d’enlèvement, c’est derrière deux portes comme celle-ci qu’on s’enferme jusqu’au lendemain matin.

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Un mendiant à Lahore.

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Des femmes et des enfants font la lessive dans un des canaux de Lahore.

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Tous les commerces un peu à risque ont leur propre garde de sécurité. Ici dans une station service.

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Un homme vend des oiseaux dans la rue. Les gens les achètent pour les libérer. Ça porterait chance.

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Dans les campagnes, le smog des villes est remplacé par la fumée des champs qu’on brûle.

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À la frontière de Waga, entre l’Inde et le Pakistan, on attise la ferveur nationaliste des deux côtés lors d’une cérémonie où on nargue l’adversaire.

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Toujours à Waga, un chat se contre-crisse des querelles humaines.

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L’efficacité vs. la sécurité.

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Les routes dans les montagnes.

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“Rencontrer” sur les routes, dans les montagnes.

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Un petit village entre la route et la vallée.

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Des membres des troupes d’élite de la province du Sindh.

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Le gars du Lac.

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50$.

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Des hommes discutent dans les rues d’un petit village du nord.

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Deux jeunes garçons peu habitués à voir des blancs.

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Un groupe d’enfants voulait nous montrer comment faire rouler un pneu avec un bâton.

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Il y ’a un lac où on peut pêcher des poissons rouges avec ses mains.

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Un homme âgé sert d’intendant dans un palais réservé au prince de la province du Sindh.

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Un homme de 30 ans avec ses 2 enfants.

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Y’a du pot qui pousse en cochon dans le stationnement de l’enclave diplomatique d’Islamabad.

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Je me suis ramassé au Pakistan. J’suis juste parti 2 mois. C’est bien peu pour comprendre pis exposer toute la complexité du Pakistan, spécialement quand tu te sens à des années-lumière de ce buzz-là.

Y’a plein de choses dont j’aurais pu parler qui sont tellement chargées et complexes, comme les droits des femmes dans ce pays, la persécution de tout type de minorités, leur rapport trouble envers l’environnement, les paysages incroyables ou encore la fois où on s’est fait suivre par les Services Secrets. Je ne serais définitivement pas le mieux placé pour en parler (d’ailleurs, le journaliste Jasmin Lavoie est en train d’écrire un sale livre là-dessus).

J’voulais pas faire un ouvrage de référence ni un Lonely Planet des pauvres. Y’a pas nécessairement de raisons de publier ça, si ce n’est par peur d’oublier.  Ça va aussi m’éviter ce bon vieux classique du «Pis, c’tait comment ton voyage ?»

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Le peuple pakistanais est tellement hospitalier qu’il ferait passer bon nombre de Québécois pour condescendants. Partout où tu vas, les gens t’offrent un thé pis de la bouffe. Ils font des pieds et des mains pour te démarder. Ils tiennent à te donner une partie de tout ce qu’ils possèdent, qui s’avère souvent une partie de pas grand-chose. Ils prennent leur culture à cœur et se font un devoir de te la transmettre. Peu importe la quantité de biens ou d’argent qu’ils possèdent, ils partagent. Riches comme pauvres, ils prennent soin de leur prochain. J’imagine que c’est une des choses que la religion fait encore de bon.

Un peuple qui est vraiment écoeuré de venir automatiquement avec des bombes pis des terroristes dans la presse à l’international

La classe moyenne est pas pire effacée par l’écart des richesses et l’inégalité des services et ressources. C’est un peu le milieu où t’as eu le malheur/bonheur de naître qui décide de comment tu vas vivre. J’dis pas que c’est impossible de se sortir de la misère, j’dis juste que c’est tough en criss pis qu’y va falloir que tu pédales une bonne shot pour avoir ne serait-ce qu’une opportunité dans ta vie, si t’es né dans un village où y’ont pas d’eau chaude, d’électricité ni d’éducation à l’année longue et que ta famille a pas d’historique dans la richesse. Les riches ont des privilèges, des servants, pis des possibilités de se sortir d’un peu n’importe quelle situation. Un peu comme n’importe où me direz-vous, mais puissance mille.

C’est aussi un peuple qui est vraiment écoeuré de venir automatiquement avec des bombes pis des terroristes dans la presse à l’international, même si ça fait partie de la game.

La loi du contrôle

Là, je sais que je vais aller à contresens dans les paragraphes qui s’en viennent, mais y reste que le danger est bien présent ici. Y’a aussi de la violence. De la frustration mal placée. La loi du blasphème :  qui vient de s’étendre aux réseaux sociaux depuis peu, parle d’elle-même.

Si la justice considère que t’as insulté la religion, on se donne le droit de te punir, le plus souvent de te tuer ou te mettre en prison à vie. Ça s’appelle la loi du blasphème. Le gros problème c’est que le gouvernement fait de la pub pour encourager la dénonciation du blasphème. On a donc droit à des soulèvements populaires où les gens perdent leur quotient en fonction de la masse.

Comme le cas de Mashal Khan, un universitaire qui avait des positions progressistes sur Facebook (le genre de commentaires que vous et moi on ne mentionnerait même pas tellement que c’est de l’acquis). On l’a tiré, puis des centaines d’étudiants ont lapidé et frappé son cadavre dans un lieu aussi évocateur pis public que dans l’université elle-même. Le gouvernement, en quelque sorte, encourage ce genre de règlements de comptes populaires, où ce ne sont pas des extrémistes, mais bien des gens «normaux» qui se font justice.

Icitte, on salue les martyrs, sincèrement, pis le roulement fait qu’on passe au journal de la semaine prochaine.

À mon sens, quand y’a autant de facteurs qui rendent difficile la possibilité de te remettre en doute publiquement, ça devient une sale tâche pour le peuple d’aller de l’avant dans ses combats sociaux et moraux.

Sois alerte, sois sûr

Chaque jour, quelque part dans le pays, soit un kamikaze se pointe dans un marché, un char explose, quelqu’un se fait enlever, un crime d’honneur sordide a lieu ou encore un gars rentre dans un temple pour poignarder 20 personnes. Bref, le genre de choses qu’on commémorerait pendant 15 ans au Québec. Icitte, on salue les martyrs, sincèrement, pis le roulement fait qu’on passe au journal de la semaine prochaine.
L’armée pakistanaise, unique puissance nucléaire musulmane, est la sixième plus grosse au monde, pis ça, ils en sont fiers. Pour plusieurs Pakistanais, les politiciens sont corrompus mais l’armée, elle, toujours aussi blanche que la poudre que Lapointe s’enfilait à l’époque d’
Invitez les vautours.

Le peuple pakistanais est tellement hospitalier qu’il ferait passer bon nombre de Québécois pour condescendants.

Faut dire que ça coûte en moyenne 150$ US par mois pour te payer un garde armé jour et nuit dans ta cour. Y’ont des petites cabanes pour chiller, de la grosseur de celle des agents de stationnements à Montréal. Celui du voisin s’est allumé un feu avec ses vidanges l’autre soir, la fois qu’on avait eu une nuit fraîche. À ce prix-là, vous comprendrez que c’est pas surprenant de croiser les mieux nantis avec 4 gars garnis de semi-automatiques dans la boîte du pick-up, ben peinards au centre-ville. 

 

Ce que je trouve étrange, c’est que le danger ici, c’est pas nécessairement un pickpocket ou une fraude, c’est un enlèvement ou un bomb blast. J’m’enligne pour aller à la banque pis j’entends une fusillade à deux rues de là. «Ben coudonc, m’a revirer de bord moé là». J’imagine qu’à quelque part, t’as pas le choix de faire preuve d’insouciance si tu veux vivre avec une certaine paix d’esprit en allant au marché. Rappelons quand même que y’a plus de chances de crever dans un accident de voiture au Québec que d’être à la mauvaise place au mauvais moment au Pakistan. Par contre, vous avez pas mal plus de chances de crever sur les routes du Pakistan que sur celles du Québec. Le monde chauffe en fou icitte, même si tout semble majoritairement rentrer dans l’ordre. Pis y’a toujours une place sur le toit ou le bumper arrière pour 4-5 personnes de plus. 

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La semaine prochaine dans le troisième acte, on regarde à quoi ça ressemble de faire un show au Pakistan, pis à quoi ça ressemble de s’y procurer de l’alcool. Les deux sont funky.

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BONUS
– Fait étrange numéro 2 à propos du Pakistan –

Y’a du pot qui pousse en cochon dans le stationnement de l’enclave diplomatique d’Islamabad.

 

pakistan

Pour lire un autre texte de Philippe Brach: «Le PAKISTANIMAL TOUR de Philippe Brach – Acte 1».

  • Hic Nuntio

    Loved your article; quite entertaining and funny, at times. The only criticism that I would say is that you should use the word « foreigner » instead of « white ». But then again, this is Urbania. We’ll get over it!

    • Blake Miles

      Hello,
      I didn’t write this article, but I believe the term « white » is more accurate in this context than « foreigner » in the sense that « white » specifically refers to the human skin color.

      I would interpret it that way: Pakistani people rarely encounter foreigners whose skin color is white. A foreigner is too broad of a term, a foreigner could be a native from Asia, Africa, South America, etc. Even if you say « European » or « Westerner » it lacks the « whiteness » side to it.

      Now that I am thinking about this, the exact word in this context would be this one : caucasian. Only if the author wants to make reference to the skin color…

      Interesting article, written with a continuous flow… The pictures are intriguing.

      Looking forward for the third act !