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Musée, c’est vite dit. Appelons ça une «exposition-mobile dans un conteneur de 12 mètres par trois». Parce que c’est vraiment ça. Un cabanon-musée. Avec des toiles et des photographies sur les murs (au total, il y a une quarantaine d’oeuvres).

Ma visite au musée à travers 3 oeuvres.

En cinq minutes, t’as fait le tour. Deux si tu ne prends pas le temps de lire les courtes descriptions des oeuvres qui sont présentées. Étant donné le sujet, j’ai pris 10 minutes de mon temps pour bien la visiter, deux fois plutôt qu’une. Plus court qu’un high de sucre, mais quand même très éducatif. Voici donc un survol des trois oeuvres que j’ai trouvé les plus intéressantes.

L’oeuvre Medecine Man de Daniel Goldstein

Le sculpteur a créé cette oeuvre avec les seringues et les pots de pilules que son conjoint, atteint du SIDA, doit utiliser afin de traiter la maladie. Heureusement, le virus est beaucoup plus connu et contrôle que dans les années 70 et 80, si bien qu’on peut maintenant espérer une vie presque normale, même atteint du VIH. Le « presque » est visible dans cette image.

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L’oeuvre Execution Series de Tracy Hetzel

Ces cinq portraits de l’artiste Tracy Hetzel présentent cinq victimes du contrôle excessif de la drogue dans des pays comme la Malaisie, l’Indonésie ou l’Iran. Tous exécutés pour des infractions mineures en lien avec la drogue. Dont une mère de deux jeunes enfants. Un peu comme si tu te faisais fusiller par des policiers parce que tu t’es fait prendre avec un bat au parc Lafontaine. Y’é relax, finalement, le SPVM.

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L’oeuvre Progress? de Marco D’Antuono

Le peintre pose la question simple à savoir si la condition des noirs à évolué tant que ça depuis l’esclavage? Est-ce que la surpopulation afro-américaine dans les prisons ne représente-t-elle pas une certaine forme d’esclavage plus moderne? Une grande partie de la faune carcérale se compose de criminels reliés de près ou de loin au contrôle de la drogue. Si t’enlèves les prisonniers incarcérés pour des crimes mineurs reliés à la drogue, tu fais ben d’la place, mettons.

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L’exposition, aussi petite soit-elle, soulève des questions pertinentes. Et présente des histoires concrètes pour inciter le visiteur à se poser la question: c’est-tu trop sévère, finalement, le contrôle de la drogue? Dans des pays ultra-répressifs comme la Malaisie ou l’Iran; la réponse est évidemment oui. Dans les prisons américaines, c’est presque du cas par cas, ça devient compliqué.

Toucher le public avec l’art au lieu des chiffres. Les histoires avant les statistiques.

Situé au troisième étage d’un immeuble au centre-ville de Montréal, du 15 au 17 mai, on peut visiter le cube gratuitement et le tout ne prend pas plus que 10 minutes, assuré. On en aurait pris un peu plus, honnêtement. Parce que l’idée est bonne: sensibiliser le public aux politiques mondiales reliées aux drogues, par l’art visuel. Toucher le public avec l’art au lieu des chiffres. Les histoires avant les statistiques. Il y a de quoi en faire une exposition à grand déploiement. Ça aurait mérité mieux qu’un conteneur placé dans le coin d’une salle. Les histoires ne manquent pas, mais l’espace, oui.

 

Pour lire un autre texte d’Antoine Desjardins: «Complète la phrase avec la comédienne et reine d’Instagram Sarah-Jeanne Labrosse».