Quand Melissa Maya déménage, deux choses doivent être aussitôt branchées en dépit des montagnes de boîtes: la machine à café et la table tournante. L’animatrice et auteure – qui vient de scénariser un documentaire sur le disque vinyle et qui a un studio d’enregistrement à la maison – a eu envie de rencontrer d’autres freaks dans leur habitat naturel.

Illustration : Marianne Tremblay

Cette semaine: on entre chez la star montante de l’électro-pop KROY, aussi connue comme la moitié du puissant duo Milk & Bone.

KROY, merci de nous accueillir chez toi dans ton coin musique. Tu le qualifierais de lieu secret ou rassembleur?

C’est mon petit «safe place»!

Je te regarde, là… Et t’as comme pas d’âge! T’as grandi avec les CD ou les MP3?

Quand j’ai commencé à consommer (de la musique), le MP3 n’existait pas. Pour moi, un disque compact, c’est un objet précieux, tu comprends? Mais j’ai quand même rapidement oublié c’était quoi le concept d’un album, parce que j’adorais découvrir de la nouvelle musique et j’étais toujours sur LimeWire! Finalement, je fais tellement partie de la génération du «single»…

Tu viens de parler d’objet précieux. Y a-t-il un disque que tu n’écoutes plus, mais dont tu es INCAPABLE de te départir?

Ma bande sonore du film Lizzie McGuire!!! C’est fou comme je l’ai écoutée. Je faisais même des chorégraphies avec mes amies dessus. Je me souviens aussi que je devais lire les paroles dans la pochette parce que mon anglais n’était pas terrible… Je ne m’en débarrasserai jamais!

Ayoye, je ne m’attendais pas à ça… Pis mettons dans la catégorie des «disques normaux», les premiers qui t’ont marquée?

L’album bleu d’Evanescence, Let Go d’Avril Lavigne, Meteora de Linkin Park. J’avais clairement de l’agression! (Rires.)

Et à quoi ressemblait la collection de tes parents?

Je viens d’une famille très Rouge FM. Quand j’étais petite, mon chanteur préféré, c’était Gerry Boulet. Et évidemment Mario Pelchat!

Tes parents ont-ils été tes principaux pushers de musique?

Non. Il y a un gars au cégep qui me «burnait» des CD…  

OMG. Veux-tu dire qu’il te faisait des compilations?! Est-ce qu’il te «cruisait»?

Oui, pis ça marchait full! Tsé, quand on y pense, c’est tellement un geste intime, créer une compilation pour une personne. Tu penses à elle, à ses goûts, tu veux la surprendre tout en lui faisant comprendre que tu l’as «comprise»… Et il faut vraiment vouloir, parce que ça prend du temps à faire!

Je vois une couple de vinyles par terre là-bas, mais dans l’ensemble, je trouve que ton coin musique est plutôt épuré… Gardes-tu quelques objets symboliques, des billets de shows, par exemple?!

Oui! Je les garde dans un sac Ziploc! Avec mes passes de festivals (mais j’enlève la corde, sinon ça s’entremêle et ça fait un motton qui gosse). Si un jour j’ai des enfants qui pensent que chu rien, je vais leur montrer mon sac Ziploc! (LOL.)

KROY, je te demande de choisir un seul objet de ton coin musique. Lequel et pourquoi?

Mon Omnichord. C’est l’objet le plus charmant, parce que ça ne s’achète plus neuf. Je me suis procuré le mien un quand on a commencé à me demander de faire des perfos solo. Tu peux faire ce que tu veux avec un Omnichord: des chords, un beat… même le son d’une harpe. C’est magique. C’est dreamy

KROY a été la première à m’ouvrir les portes de son coin musique. Depuis ce temps, moi aussi je veux un mur à écouteurs et à fils avec un néon que je peux allumer quand je veux. La plus belle des veilleuses d’adulte, même si elle nous rappelle, jour et nuit, de bien nous comporter. Toi, qu’est-ce que tu ferais écrire sur ton néon ?

En regardant la pochette d’un vinyle de Bill Evans: «Bin voyons donc. Regarde. C’est David Giguère!» (Hahahahahahahahaha!)

 

 

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